Le centre de documentation pour le sport
Utilisez des guillemets pour trouver les documents qui contiennent l'expression exacte : "aérodynamique ET essais"
Le centre de documentation pour le sport

Points saillants


Rencontrez le Dr Jamie Kissick du groupe Concussion in Para Sport (CIPS).

En 2020, un groupe international de cliniciens, de chercheurs et d’athlètes s’est réuni virtuellement pour étudier la meilleure façon d’évaluer et de gérer les commotions cérébrales chez un athlète en situation de handicap. Les personnes de ce groupe avaient de l’expérience et de l’expertise dans les soins aux para-athlètes, ainsi que dans l’évaluation, la gestion et la prévention des commotions cérébrales. Ils se sont nommé le groupe Concussion in Para Sport (CIPS).

Parmi leurs résultats fructueux, ils ont produit le premier énoncé de position du groupe sur les commotions cérébrales dans le para-sport, publiée en avril 2021. Les recommandations et les orientations étaient basées sur l’expérience du groupe et sur les preuves disponibles. Grâce à cette prise de position et au plan de CIPS visant à promouvoir la recherche et l’application des connaissances, le groupe espère combler les lacunes en matière de connaissances sur les commotions cérébrales dans le para-sport, et optimiser les stratégies de soins et de prévention des commotions cérébrales pour les para-athlètes.

Basé sur l’énoncé de position de CIPS, cet article résume ce que nous savons (et ne savons pas) sur les commotions cérébrales dans le para-sport. Il fournit également des recommandations fondées sur des preuves pour l’évaluation, la gestion et la prévention des commotions cérébrales chez les para-athlètes.

Rejoignez le Dr Kissick alors qu’il explique ce que nous savons (et ne savons pas) sur les commotions cérébrales dans le para-sport.

Une approche universelle convient-elle à tous?

Il y a 25 ans encore, les médecins utilisaient diverses lignes directrices pour la prise en charge des commotions cérébrales, fondées sur l’expérience des auteurs des lignes directrices et fondées sur peu ou pas de preuves scientifiques. En 2000, l’Académie canadienne de médecine du sport et de l’exercice a publié les premières directives de gestion « modernes ». Ces lignes directrices préconisaient un repos initial après une commotion, puis un retour progressif au sport une fois que l’athlète n’avait plus de symptômes. Ensuite, en 2001, la première conférence internationale sur les commotions cérébrales dans le sport a réuni des cliniciens et des scientifiques du sport spécialisés dans les commotions cérébrales. Le premier document de consensus international a été publié la même année.

goalball
Photo : Comité paralympique canadien

Depuis lors, le groupe sur les commotions cérébrales dans le sport s’est réuni 4 fois de plus, la dernière fois à Berlin en 2016. Au cours de cette période, des déclarations de consensus actualisées ont été publiées, ainsi que des outils d’évaluation tels que les versions les plus récentes de l’Outil d’évaluation des commotions sportives (SCAT5) et de l’Outil de reconnaissance des commotions cérébrales (CRT5). Ces déclarations et outils ont fourni des orientations sur la reconnaissance, l’évaluation, la gestion et la prévention des commotions cérébrales liées au sport (CCS). Mais si ces lignes directrices et ces outils ont été élaborés pour toute personne pratiquant un sport, une approche universelle fonctionne-t-elle pour les commotions cérébrales?

Imaginons que quelqu’un soupçonne qu’un joueur de goalball a subi une commotion cérébrale. Pour évaluer la gravité potentielle du traumatisme crânien de cet athlète, les lignes directrices et les outils d’évaluation des commotions cérébrales conseillent aux professionnels de la santé de rechercher un regard vide ou absent. Cela peut être difficile à déterminer pour un athlète de goalball souffrant de déficiences visuelles. Cet athlète ne pourrait pas non plus déclarer que la vision double est un symptôme figurant sur la liste de contrôle du SCAT5. De même, selon le niveau de la déficience visuelle, l’athlète peut être incapable de remplir une liste de contrôle écrite des symptômes.

Prenons maintenant le cas d’un joueur de basketball en fauteuil roulant qui est évalué pour une commotion cérébrale. L’un des tests physiques du SCAT5 consiste à évaluer l’équilibre dans trois conditions différentes, toutes en position debout. Comment évaluer l’équilibre de manière appropriée lorsqu’un athlète se déplace en fauteuil roulant? L’évaluation de l’équilibre du SCAT5 serait-elle valable si un athlète utilise des prothèses de ses extrémités inférieures? On pourrait donner d’autres exemples, mais il est clair qu’une approche unique pour la gestion et l’évaluation des commotions cérébrales ne s’applique tout simplement pas à de nombreux athlètes en situation de handicap.

Pour expliquer rapidement la terminologie employée, un para-athlète est ce que le Comité international paralympique (CIP) appelle un athlète en situation de handicap. Nous ferons référence aux para-athlètes dans le reste de cet article. Les para-sports sont des sports pratiqués par des para-athlètes. Il est important de se rappeler que les para-athlètes constituent un groupe hétérogène, les athlètes ayant un certain nombre de déficiences et de handicaps différents leur permettant de concourir dans divers sports.

joueur de basket-ball en fauteuil roulantLes para-athlètes sont fréquemment exposés au risque de commotion cérébrale, en particulier dans les sports à grande vitesse et à impact comme le ski para-alpin, le para-hockey sur glace et le basketball en fauteuil roulant. Ils sont également exposés au risque de commotion cérébrale dans des sports où le risque pour un athlète valide serait considéré comme faible, par exemple dans les courses sur piste et en fauteuil roulant, où les accidents ne sont pas rares. Les sports uniques pour les para-athlètes tels que le goalball ou le football à 5 (communément appelé « football aveugle ») présentent également un risque accru de collision et donc de commotion cérébrale, puisque les athlètes ne peuvent pas voir les autres joueurs, le ballon ou les poteaux de but.

En fait, une étude récente menée auprès des para-athlètes élites suédois a montré que les commotions cérébrales se produisaient à peu près au même rythme chez les athlètes avec ou sans handicap, et que les athlètes malvoyants présentaient à la fois une proportion significativement plus élevée de commotions cérébrales signalées et un taux d’incidence plus élevé que les athlètes des autres groupes de déficience (Lexell et coll., 2021).  Étant donné les écarts soulignés entre la manifestation, l’évaluation et la gestion des commotions cérébrales chez les para-athlètes par rapport aux athlètes valides, il est clair qu’une approche universelle ne convient pas à tous.

Combler l’écart

À Londres, en Angleterre, on rappelle aux passagers du métro qu’ils doivent faire attention au trou lorsqu’ils montent ou descendent des trains. Cet avertissement s’applique également au fossé qui sépare nos connaissances sur tout ce qui concerne les commotions cérébrales chez les para-athlètes. Malgré une augmentation de la recherche sur les commotions cérébrales en général, il n’y a malheureusement pas eu de croissance similaire de la recherche sur les commotions cérébrales dans le para-sport.

Le Dr Kissick discute des lacunes et des possibilités pour la recherche sur les commotions cérébrales dans le para-sport.

Une recherche documentaire de 2018 a permis d’identifier plus de 6 000 articles utilisant « athlète et commotion » (et des mots connexes) comme termes de recherche, mais seulement 60 articles lorsque les termes de recherche reflétaient un athlète en situation de handicap et une commotion (Kissick et Webborn, 2018). Les conférences internationales sur les commotions cérébrales dans le sport mentionnées précédemment n’ont pas du tout abordé la question des commotions cérébrales chez les para-athlètes. Et lors de la conférence la plus récente, sur 202 résumés oraux et écrits présentés, seuls 2 résumés étaient spécifiques aux athlètes en situation de handicap.

Le CIP a mené des études de surveillance des blessures à chaque Jeux paralympiques depuis 2010, mais des questions spécifiques sur les commotions cérébrales n’ont pas été ajoutées avant Rio 2016. Un examen de ces données a révélé 10 blessures signalées à la tête, au cou et au visage des para-athlètes, mais aucune n’a été identifiée comme une commotion cérébrale (Derman et coll., 2018). Cela dit, les membres du comité médical de du CIP ont été témoins de 2 incidents au cours d’un match de football aveugle (en direct et sur la révision vidéo ultérieure), où il y avait un coup évident à la tête, suivi de problèmes apparents d’équilibre. Les deux incidents n’ont pas été signalés comme des commotions cérébrales et les joueurs n’ont pas été retirés du jeu. Bien qu’il soit impossible de diagnostiquer une commotion cérébrale depuis les tribunes, il existe des directives fiables pour évaluer une commotion cérébrale à l’aide de l’analyse vidéo (Gardner, 2021), ce qui suggère que ces joueurs auraient dû être retirés du jeu et faire l’objet d’une évaluation plus approfondie.

Malheureusement, cette situation n’est pas inhabituelle dans le para-sport, où les ressources limitées peuvent restreindre l’accès aux soins médicaux et le luxe de la vidéo en direct. Une skieuse para-alpine canadienne, aujourd’hui à la retraite, a rapporté qu’elle avait fait des chutes qu’elle soupçonnait d’avoir causé des commotions cérébrales, mais les entraîneurs lui ont dit : « Tu as frappé ton visage, pas ta tête, donc ça ne peut pas être une commotion cérébrale » (Wisniewska et Kissick, 2020).

skieurAlors que 4 commotions cérébrales ont été signalées lors des Jeux paralympiques d’hiver de PyeongChang 2018, dont 2 en ski para-alpin et 2 au para-hockey sur glace (Derman et coll., 2020), la question demeure : toutes les commotions cérébrales ont-elles été réellement reconnues et signalées? Compte tenu des études sur la sous-déclaration des commotions cérébrales dans le sport traditionnel, il est probable que les données de surveillance du CIP ne reflètent pas le nombre réel de commotions cérébrales lors de ces Jeux paralympiques (Pennock et coll., 2020).

Les données des Jeux paralympiques de 2016 suggèrent un risque plus élevé de blessures à la tête et au visage dans le football aveugle, une conclusion soutenue par d’autres recherches sur le football aveugle (Magno et coll., 2013; Webborn et coll., 2016). En outre, une étude portant sur des joueurs américains de basketball en fauteuil roulant, âgés de 18 à 60 ans et participant à des tournois pendant la saison 2009 à 2010, a révélé que 6,1 % des joueurs ont signalé une commotion cérébrale (Wessels et coll., 2012). Il est toutefois inquiétant de constater que 44 % d’entre eux n’ont pas signalé leurs symptômes au personnel, que deux tiers de ces joueurs ne voulaient pas être retirés du jeu et que la moitié ne savaient pas qu’ils avaient une commotion à ce moment-là (Wessels et coll., 2012).

En plus de l’incidence accrue de commotions cérébrales chez les athlètes malvoyants, l’étude précédemment mentionnée sur les para-athlètes suédois a révélé que les femmes para-athlètes rapportaient une incidence significativement plus élevée de commotions cérébrales que les athlètes masculins (Lexell et coll., 2021). Et les collisions avec un objet ou une autre personne étaient les causes les plus fréquentes des blessures. Des études supplémentaires pour déterminer la fréquence des commotions cérébrales dans les para-sports, y compris comment et quand elles se produisent, seront essentielles pour aider à orienter les efforts vers la prévention des commotions cérébrales et la réduction des risques.

Pour combler les lacunes dans les connaissances relatives aux commotions cérébrales dans le para-sport, le groupe CIPS a publié son premier énoncé de position du groupe sur les commotions cérébrales dans le para-sport en avril 2021 (Weiler et coll., 2021). Les données actuelles et l’expérience du groupe d’experts ont constitué la base des recommandations et des conseils inclus dans l’énoncé de position. Nous allons maintenant examiner de plus près les recommandations du groupe CIPS concernant l’évaluation et la gestion des commotions cérébrales, le retour au jeu, ainsi que les stratégies de prévention pour les para-athlètes.

L’évaluation des commotions cérébrales chez les para-athlètes

Rejoignez le Dr Kissick pour en savoir plus sur l’évaluation des commotions cérébrales dans le para-sport.

La trousse d’évaluation des commotions cérébrales dans le sport 5 (SCAT5) est l’outil le mieux établi et le plus largement utilisé pour l’évaluation sur le terrain des commotions cérébrales liées au sport (Echemendia et coll., 2017). Une grande partie du SCAT5 (et les orientations générales de la déclaration de consensus de la cinquième conférence internationale sur les commotions cérébrales dans le sport, « le consensus de Berlin ») s’applique toujours à l’évaluation des commotions cérébrales chez les para-athlètes. Cependant, comme indiqué précédemment, plusieurs aspects de SCAT5 peuvent simplement ne pas s’appliquer ou nécessiter des évaluations modifiées.

Le consensus de Berlin décrit les « 11 R » de l’évaluation et de la gestion des commotions cérébrales. Les deux premiers R (reconnaissance et retrait) restent essentiels dans tous les cas, qu’il s’agisse de para-athlètes ou de personnes valides. L’étape la plus importante dans l’évaluation et la gestion des commotions cérébrales est de reconnaître qu’une commotion cérébrale a pu se produire et de retirer l’athlète du jeu ou de l’entraînement. Nos exemples précédents de football aveugle, de ski para-alpin et de basketball en fauteuil roulant montrent que ces deux premières étapes cruciales sont souvent manquées. Sans une reconnaissance correcte et un retrait rapide, l’athlète ne sera pas évalué et traité de manière appropriée. Cela montre l’importance de l’éducation sur la reconnaissance des commotions cérébrales.

Les problèmes potentiels liés à l’utilisation d’outils d’évaluation des commotions cérébrales tels que le SCAT5 s’étendent à d’autres facteurs, tels que le dépistage cognitif chez les athlètes souffrant de troubles cognitifs ou de difficultés d’apprentissage, l’évaluation de la douleur et des mouvements du cou chez les athlètes souffrant d’un dysfonctionnement de la colonne cervicale, les tests neurologiques tels que le « doigt sur le nez » chez les athlètes souffrant de troubles de la coordination, et les tests de mémoire et de concentration chez les athlètes souffrant de troubles cognitifs ou auditifs. La déclaration de position de CIPS utilise l’analogie d’un « feu de circulation » pour approfondir l’utilisation du SCAT5 :

person jouent bocciaDes modifications potentielles sont discutées dans la prise de position de CIPS, comme le système de pointage d’erreurs en fauteuil roulant (WESS) pour évaluer l’équilibre des athlètes en fauteuil roulant (Wessels, 2013).

Un fait crucial à souligner est que les para-athlètes sont beaucoup plus susceptibles d’avoir des symptômes et des problèmes médicaux préexistants par rapport aux athlètes valides (Weiler et coll., 2018). En conséquence, certains symptômes et signes évalués lors d’une évaluation de commotion cérébrale peuvent exister dans l’état habituel (ou de référence) d’un para-athlète. Par exemple, les athlètes atteints de troubles cognitifs peuvent avoir des difficultés de mémoire et de concentration, et les athlètes atteints de déficiences visuelles sont plus susceptibles d’avoir des vertiges, des maux de tête et un mauvais équilibre préexistants (Fahger, 2019). Par conséquent, il est absolument essentiel que les fournisseurs de soins de santé aient une connaissance approfondie de l’état de base des para-athlètes, ce qui est mieux obtenu en effectuant une évaluation de base approfondie.

Le Dr Kissick explique pourquoi les évaluations de base sont essentielles pour les para-athlètes.

Gestion des commotions cérébrales et retour au jeu dans le para-sport

Le groupe CIPS a reconnu que les recommandations de gestion des commotions cérébrales faites pour les athlètes en général dans le consensus de Berlin s’appliqueraient également aux para-athlètes, avec quelques différences. Par exemple, un athlète présentant une déficience intellectuelle peut avoir du mal à comprendre l’importance du retrait du jeu (c’est-à-dire le risque accru d’aggravation de la commotion ou d’une autre blessure si l’athlète reste dans le jeu ou l’activité). D’autre part, la période de repos physique et cognitif recommandée est beaucoup plus difficile pour l’athlète qui utilise un fauteuil roulant, étant donné qu’il doit propulser le fauteuil et effectuer des transferts dans le cadre de ses activités de la vie quotidienne. Nous ne savons pas encore si certains para-athlètes doivent bénéficier d’une période de repos physique et cognitif plus longue avant de reprendre le sport, mais cela peut être envisagé pour les athlètes dont le système nerveux central est modifié.

Portrait en plongée d'une jeune femme en fauteuil roulant jouant au badminton lors d'un entraînement sportif sur un terrain couvert.Si les symptômes ne s’aggravent pas, une augmentation progressive de l’activité quotidienne est recommandée pour les para-athlètes, mais cette augmentation peut être adaptée. Par exemple, de nombreux athlètes valides commencent leur processus de retour progressif au jeu sur un vélo stationnaire, mais cela ne serait pas possible pour un athlète en fauteuil roulant ou une personne présentant une différence marquée de longueur de jambe. Une solution de rechange, comme un vélo à main, peut être nécessaire. La surveillance de l’équilibre et de la démarche doit également être adaptée aux personnes en fauteuil roulant ou aux athlètes ayant des problèmes de démarche ou d’équilibre. Une considération supplémentaire pour les athlètes souffrant de lésions de la moelle épinière au niveau de la sixième vertèbre thoracique ou au-dessus est de surveiller le niveau d’effort en mesurant la fréquence cardiaque. Ces athlètes peuvent présenter un dysfonctionnement de leur système nerveux autonome qui limite leur capacité à modifier la fréquence cardiaque à l’effort.

Comme pour tous les athlètes ayant subi une commotion cérébrale, avant de reprendre le sport, la première priorité pour la récupération devrait être le retour à l’école ou au travail, lorsque cela est approprié et sans aggraver les symptômes. Pour les athlètes présentant des symptômes à la suite d’une commotion cérébrale, les thérapeutes peuvent essayer la réhabilitation de la colonne cervicale et la rééducation vestibulaire, qui sont souvent utiles. Mais ces thérapies doivent être effectuées avec prudence et être adaptées aux para-athlètes souffrant de lésions de la moelle épinière ou de dysfonctionnement du cou. Une dernière considération est que le suivi du processus de retour au sport peut être plus complexe pour les para-athlètes, en raison des symptômes et des signes préexistants présents dans leurs mesures de base (c’est-à-dire dans « l’état sans commotion »). Encore une fois, cela renforce l’importance d’effectuer une évaluation pré-saison approfondie.

Prévention des commotions cérébrales dans le para-sport : les 3 règles

Il y a des décennies, la célèbre épidémiologiste des blessures Susan Baker a décrit les 3 règles de la prévention des blessures : éducation, mise en œuvre et ingénierie ou environnement (Baker, 1973). Ces règles sont approuvées par Parachute, un organisme de bienfaisance national canadien qui se consacre à la prévention des blessures, et toutes les règles s’appliquent également à la prévention des commotions cérébrales. La clé pour mettre en œuvre des stratégies de prévention efficaces commence par une meilleure compréhension de l’incidence et du mécanisme des blessures. En outre, il est urgent de mener davantage de recherches dans le domaine du para-sport.

Le Dr Kissick explique l’importance de faire passer le message que “les para-athlètes sont des athlètes d’élite”.

La lacune évidente en matière d’éducation sur les commotions cérébrales (la première règle) n’est pas seulement un problème pour les athlètes, mais aussi pour les entraîneurs, les officiels, les organisations sportives et les prestataires de soins de santé. Il est impératif qu’ils comprennent tous que la commotion cérébrale est une blessure importante. Les para-athlètes qui ont déjà souffert d’une maladie grave ou d’un traumatisme physique (comme un cancer ou une lésion de la moelle épinière) peuvent ne pas considérer la commotion cérébrale comme une préoccupation. De nombreux para-athlètes sont des preneurs de risques et des stratégies d’éducation efficaces doivent aborder ces questions. Les stratégies doivent également être mises en œuvre à plusieurs niveaux et souligner l’importance de reconnaître une commotion cérébrale, d’arrêter le jeu et de procéder à une évaluation médicale de l’athlète.

La mise en œuvre, la deuxième règle, fait référence aux règles du sport. Il peut s’agir d’introduire de nouvelles règles ou de modifier les règles existantes pour accroître la sécurité des athlètes. Par exemple, les Jeux paralympiques d’hiver de 2014 à Sotchi ont connu une incidence très élevée de blessures graves dans les épreuves para-alpines. L’analyse de ces blessures a donné lieu à une collaboration étroite entre les responsables techniques du sport, les responsables des pays hôtes et le comité médical du CIP. Cette collaboration a mené à des changements qui ont considérablement réduit le taux de blessures aux Jeux paralympiques d’hiver de 2018. Ces changements comprenaient davantage de pistes d’entraînement et des courses plus tôt dans la journée, lorsque les conditions de neige étaient meilleures (Blauwet et coll., 2019). Autre exemple, le soccer à 7 et le soccer aveugle ont introduit des règles de substitution temporaire en cas de commotion. Lorsqu’il y a un doute de commotion, une fenêtre de 10 minutes permet à un remplaçant de jouer pendant que le joueur blessé est soigneusement évalué par le personnel médical. Si le joueur est considéré comme n’ayant pas subi de commotion, il peut retourner au jeu, sans que l’équipe perde un remplacement (Ahmed et coll., 2020).

Joueurs de goalball
Comité paralympique canadien

La troisième règle peut faire référence à des modifications de l’environnement ou de l’ingénierie. L’environnement peut inclure des modifications de la pente en ski para-alpin (comme plus de « vagues » et moins de « sauts » qui sont particulièrement dangereux pour les skieurs assis). L’ingénierie implique des mesures préventives axées sur les infrastructures et les équipements. Les équipements de protection, tels que les casques, n’ont pas été bien évalués dans le para-sport. Cependant, l’Association internationale des sports pour aveugles (AISA) s’est engagée dans une recherche visant à déterminer l’efficacité et la faisabilité de casques à coque souple avec des lunettes intégrées ou des bandeaux pour les joueurs de football aveugles (Kissick et Webborn, 2018).

Pas « l’ultime frontière » mais la « prochaine frontière »

Lors d’une réunion de l’American College of Sport Medicine en 2016, on a demandé à l’un des coauteurs de cet article (J. Kissick) de parler des commotions cérébrales chez les athlètes en situation de handicap. On lui a donné le titre suivant : Les commotions cérébrales chez les athlètes en situation de handicap : l’ultime frontière. Heureusement, on en sait plus maintenant et il y a plus à dire sur ce sujet qu’il y a 5 ans. Mais pour assurer la sécurité des athlètes, il y a encore beaucoup de travail à faire et beaucoup de choses à savoir. La commotion cérébrale chez les para-athlètes ne sera pas l’« ultime frontière », mais elle est et devrait être « la prochaine frontière ». Pour rester dans l’analogie de Star Trek, le capitaine James T. Kirk a peut-être dit la meilleure chose : « … l’inconnu n’existe pas, il n’y a que des choses temporairement cachées et non comprises. »

Une approche universelle ne convient pas à tous les cas de commotions cérébrales. Cependant, le groupe CIPS et sa prise de position constituent un pas en avant pour souligner et traiter ce problème.

Que pouvez-vous faire? Le Dr Kissick vous recommande de vous impliquer dans le para-sport!

Points saillants


deux garçons portant des masques sur un terrain de football En mai 2021, le Centre de documentation sur le sport (SIRC) a annoncé le lancement de ses subventions pour l’activation communautaire. Ce programme soutient les organismes sportifs dans le développement et la diffusion de ressources sur les commotions cérébrales et le sport sécuritaire dans les communautés canadiennes.

Ce lancement s’inscrit dans le contexte de l’engagement du gouvernement du Canada à réactiver les organismes sportifs locaux, après les effets dévastateurs de la pandémie de la COVID-19 sur le plan financier, social et sanitaire. Dans son budget fédéral de 2021, le gouvernement a alloué 80 millions de dollars sur 2 ans pour soutenir les organisations sportives locales.

Une question qui a été au premier plan pour les organismes de sport pendant la pandémie a été de garantir un environnement sportif sûr lorsque les participants retournent jouer. Le mouvement pour le sport sécuritaire se développant rapidement aux niveaux national et provincial, les subventions d’activation communautaire visent à développer davantage le mouvement dans les communautés sportives locales.

Les candidats retenus ont reçu une subvention pouvant aller jusqu’à 5 000 $ et ont eu accès aux ressources du SIRC fondées sur des preuves. Avec le soutien du SIRC, les bénéficiaires des subventions se font les champions des ressources qui favorisent la sensibilisation aux commotions cérébrales et la sécurité dans le sport à un moment où les Canadiens et les Canadiennes reprennent le jeu.

Nous nous sommes entretenus avec 6 bénéficiaires de subventions au sujet de l’importance de la sécurité dans le sport et de la sensibilisation aux commotions cérébrales pour leurs organisations, et des initiatives que leurs subventions leur ont permis de mettre en place. Apprenez-en davantage sur la façon dont Pickleball Hamilton, Soccability Canada, Freestyle BC, l’Edmonton North Zone Soccer Association, le Castaway Wanderers Rugby Football Club et le Conseil du sport d’Ottawa mettent en œuvre le sport sécuritaire dans leurs communautés. Ils expliquent également comment vous pouvez vous impliquer dans le sport sécuritaire et la sensibilisation aux commotions cérébrales au sein de votre communauté.

Présentation 1 : Pickleball Hamilton

Le pickleball est un sport relativement nouveau et en pleine expansion, Pickleball Canada n’ayant été constitué qu’au cours des dix dernières années.

deux femmes jouant au pickleball En 2020, un membre de Pickleball Hamilton a fait une chute en jouant au pickleball. Alors qu’il subissait des tests pour diagnostiquer une commotion cérébrale présumée, une IRM a révélé une tumeur cancéreuse non détectée qui aurait pu mettre sa vie en danger. Mais ce n’est pas seulement la tumeur qui a été une surprise. En tant que sport sans contact, les commotions cérébrales ne sont généralement pas une priorité pour les joueurs de pickleball.

« Cet incident a sensibilisé notre club aux commotions cérébrales dans ce sport, mais il a également révélé un manque de connaissances parmi les membres et la communauté du pickleball en général, qui doit être comblé », a déclaré Matt Cunningham, directeur de la Pickleball Hamilton Association.

C’est pourquoi l’obtention de cette subvention et le moment choisi étaient si importants pour Pickleball Hamilton.

« Grâce à cette subvention, nous nous embarquons dans une campagne de prévention et de sensibilisation aux commotions cérébrales qui va à la fois orienter et protéger nos membres », a-t-il ajouté.

La subvention soutient la création de six courtes vidéos, chacune démontrant des erreurs réelles sur le terrain qui pourraient entraîner des commotions cérébrales et expliquant comment les prévenir. Pickleball Hamilton a déjà réalisé deux de ces vidéos, montrant comment récupérer un lob en toute sécurité lors d’un match en simple et comment en récupérer un lors d’un match en double.

« Ces vidéos font l’objet de discussions au sein de nos membres. C’est un premier succès qui n’aurait pas été réalisé sans la subvention d’activation communautaire », a mentionné M. Cunningham.

Les vidéos viendront également compléter les affiches de sensibilisation aux commotions cérébrales qui seront placées bien en vue sur les courts de la région de Hamilton.

Grâce aux ressources du SIRC sur les commotions cérébrales, Pickleball Hamilton travaille sur sa politique et ses protocoles en la matière. En tant que sport de raquette plus récent ayant encore du travail à faire en matière de sensibilisation et d’éducation aux commotions cérébrales, il ouvre la voie au niveau communautaire.

Présentation 2 : Soccability Canada

jeune footballeur dribblant le ballon dans un gymnaseComme pour Pickleball Hamilton, l’obtention de la subvention pour l’activation communautaire a été un premier pas important pour Soccability Canada. S’étendant sur tout le pays, Soccability offre des programmes de soccer accessibles aux enfants et aux jeunes en situation de handicap. Officiellement constituée en organisme à but non lucratif en novembre 2020, Soccability est ravie d’utiliser la subvention pour lancer ses politiques et initiatives en matière de commotions cérébrales.

« Recevoir la subvention était particulièrement significatif en raison de la reconnaissance qu’elle apporte à l’organisation, au para-sport et à la recherche sur les commotions cérébrales dans le para-sport », a déclaré Matt Greenwood, directeur de programme de Soccability Canada.

Il a évoqué le retard pris dans les recherches et les politiques en matière de commotions cérébrales pour le para-sport. Jusqu’à récemment, les documents de consensus de l’International Concussion in Sport (CIS) ne contenaient pas les recherches nécessaires pour répondre aux besoins des enfants et des jeunes en situation de handicap. Pour cette raison, et pour s’assurer qu’un traitement approprié des commotions cérébrales est fourni aux para-athlètes, une équipe multidisciplinaire d’experts a créé le groupe sur les commotions cérébrales dans le para-sport (CIPS).

Apprenez-en plus sur les commotions cérébrales dans le para-sport para et sur la première prise de position du groupe CIPS dans un article du SIRCuit dirigé par le Dr James Kissick, membre du CIPS.

La subvention fournit à Soccability un point de départ pour consulter et avoir accès aux experts en recherche de CIPS. M. Greenwood s’est montré particulièrement enthousiaste à l’idée de mettre en pratique les nouvelles recherches sur les commotions cérébrales dans le para-sport, en élaborant de nouveaux protocoles, des vidéos éducatives et des infographies. Ces ressources cibleront plusieurs parties prenantes différentes dans la communauté de Soccability.

« Les athlètes de Soccability sont souvent accompagnés de compagnons, ce qui signifie que les initiatives en matière de commotions cérébrales ciblant non seulement les athlètes et les entraîneurs, mais aussi les parents, les tuteurs, les membres de la famille et les compagnons sont également importantes », a déclaré M. Greenwood.

Soccability est actuellement dans la phase de conception et de développement de plusieurs de ses initiatives en matière de commotions cérébrales et de sport sécuritaire. M. Greenwood est enthousiaste à l’idée que ses programmes soient à nouveau opérationnels et est persuadé que la subvention contribuera à la sensibilisation aux commotions cérébrales au sein de son organisation. Avec l’accès aux ressources et aux nouvelles recherches du SIRC, la subvention est un atout majeur pour le développement de Soccability et de l’éducation sur les commotions cérébrales, non seulement au sein de l’organisation, mais plus largement dans le para-sport.

Présentation 3 : Freestyle BC

Freestyle BCSkiateur acrobatique à mi-saut offre des programmes de ski acrobatique en Colombie-Britannique, allant d’un programme de base conçu pour les skieurs dès l’âge de 6 ans à des programmes de haute performance qui soutiennent les meilleurs skieurs acrobatiques du Canada, en passant par leur programme phare GirlStylerz. Compte tenu de la nature du sport, le ski acrobatique comporte des risques qui peuvent entraîner des blessures à la tête et des commotions cérébrales.

Selon le directeur exécutif Josh Dueck, l’objectif de Freestyle BC est de « créer un environnement sans barrière pour que tous les athlètes se sentent en sécurité, bienvenus et inclus. » Les fonds provenant de la subvention permettent à Freestyle BC de poursuivre son chemin vers cet objectif et d’améliorer sa gamme existante de services et de ressources.

Plus précisément, la subvention a donné à l’organisation la capacité de travailler avec des experts en commotions cérébrales, en biomécanique et en santé mentale. En retour, Freestyle BC a peaufiné ses ressources pour les athlètes, les entraîneurs, les parents et les tuteurs. La subvention a également permis l’accès à des experts en conception de sites Web et en communication qui ont aidé Freestyle BC à partager ces renseignements de la manière la plus efficace possible avec tous les membres.

« Nous travaillons sur cinq ressources essentielles sur lesquelles notre communauté pourra s’appuyer pour réaliser notre vision. Aucun pilier de notre engagement envers le sport sécuritaire n’est isolé, et chaque pilier doit être guidé et soutenu par des experts », a expliqué M. Dueck.

Une fois que le matériel pour chacun des piliers sera en place, il dit que le plan est de « profiter pleinement d’un public captif lors de l’assemblée générale annuelle en septembre ». Ils résumeront ce qui est disponible et ce qu’on attend d’eux alors qu’ils font évoluer la culture de Freestyle BC vers celle du sport sécuritaire.

Dans l’ensemble, la subvention a fourni à Freestyle BC une plateforme de lancement pour activer ses initiatives en matière de commotions cérébrales et de sport sécuritaire. Le financement a également permis de s’assurer que les clubs membres sont dans la meilleure position pour offrir des programmes sûrs, significatifs et inclusifs au cours de l’hiver prochain.

Plein feux 4: L’Edmonton North Zone Soccer Association

des joueuses de football se congratulant les unes les autres Faisant partie de l’Edmonton Minor Soccer Association (EMSA), l’Edmonton North Zone Soccer Association (EMSA North) s’efforce d’atteindre les normes nationales de sécurité du sport définies par Canada Soccer. Comme la plupart des organisations sportives, la pandémie a interrompu les programmes de l’EMSA North, obligeant l’organisation à repenser son mode de fonctionnement.

« En vue de la reprise des activités, nous nous sommes vraiment concentrés sur le retour au jeu en toute sécurité, et cela passe notamment par l’éducation, en particulier au niveau des entraîneurs », a expliqué Kylee Webster, directrice exécutive de l’EMSA North.

Pour favoriser un retour au jeu en toute sécurité, l’association travaille avec son organe directeur pour obtenir une licence de club.

« La licence de club signifie que nous répondons aux normes nationales de qualité pour le soccer et que nous sommes en mesure d’offrir un programme soigneusement conçu avec des bénévoles hautement qualifiés », a expliqué Mme Webster.

La subvention soutient l’octroi de la licence, qui sera axée sur la formation des entraîneurs. En particulier, la subvention financera des cours sur la sensibilisation aux commotions cérébrales, le respect dans le sport et la prise de décisions éthiques. Elle permettra également de financer la formation de plus de 150 entraîneurs au sein de l’association.

entraîneur s'adressant à de jeunes joueurs de football« Nous nous concentrons sur la formation des entraîneurs en ce moment parce que nous pensons que c’est le moyen le plus rapide d’aider notre association à reprendre le sport en toute sécurité, a ajouté Mme Webster. Les entraîneurs sont sur le terrain avec les joueurs. Ils communiquent directement avec les parents. Ce transfert de connaissances est primordial pour favoriser un programme sécuritaire. »

L’association achète des clés de cours et les distribuera pour couvrir les dépenses des entraîneurs principaux non formés afin qu’ils puissent poursuivre leur formation. Entre-temps, l’EMSA North utilise ses plateformes de médias sociaux et ses bulletins d’information pour publier des messages de sensibilisation, répondre aux questions et fournir des informations aux entraîneurs.

« D’excellentes ressources nous ont déjà été fournies par le SIRC concernant l’information et la promotion de la sécurité dans le sport. Nous avons et nous continuerons à utiliser autant de ces ressources que possible pour promouvoir l’éducation des entraîneurs et des joueurs », a-t-elle ajouté.

Présentation 5 : Castaway Wanderers Rugby Football Club

les joueuses de rugbyL’éducation et la sensibilisation aux commotions cérébrales sont généralement une priorité absolue dans des sports comme le rugby, où le contact n’est pas seulement inévitable, mais constitue un élément principal du jeu. C’est pour cette raison que des clubs comme les Castaway Wanderers (CW) de Victoria, en Colombie-Britannique, développent et promeuvent des initiatives sur les commotions cérébrales et la sécurité dans le sport.

Mais après une longue période d’absence du jeu en raison de la COVID-19, les athlètes doivent être réintroduits dans des techniques efficaces de prévention des blessures lors des contacts. C’est un nouveau défi pour des sports comme le rugby.

« La capacité à aider les athlètes à revenir au jeu en toute sécurité est primordiale pour ce que nous essayons de faire, a expliqué David Hill, coordonnateur du programme de mini-rugby des CW. Je pense que lorsque vous avez des joueurs qui n’ont pas eu [de contact] pendant 15 mois, voire plus, cela va être un défi. »

Alors que les initiatives contre les commotions cérébrales ont toujours fait partie du rugby des CW, la subvention du SIRC financera une nouvelle ère, post-pandémique, de campagnes de retour au contact. Une de ces campagnes est ce que Hill appelle les « 3 T ».

Le premier « T » est pour « raconter » (tell). Les symptômes des commotions cérébrales peuvent être plus facilement dissimulés que d’autres blessures. Ainsi, les athlètes peuvent garder le silence sur une blessure à la tête si, par exemple, ils craignent d’être exclus du jeu. C’est pourquoi la première étape consiste à sensibiliser à l’importance de parler et à encourager les athlètes à en parler à quelqu’un.

« Si vous ne dites pas au moins à votre entraîneur que vous soupçonnez un traumatisme crânien, vous ne mettez pas seulement votre vie en danger, mais peut-être aussi celle d’autres personnes », a expliqué M. Hill.

Le deuxième « T » est pour « enseigner » (teach). Pour cette composante, les CW se concentrent sur la manière dont ils vont enseigner le retour au contact. Cela inclut l’achat d’équipements, tels que des sacs de plaquage, pour enseigner la technique de contact tout en limitant les contacts entre humains, selon M. Hill. Le rugby des CW prévoit également organiser une session de développement professionnel sur la sécurité du sport et le retour au contact avec les entraîneurs avant le début de la saison d’automne.

Le troisième « T » est pour « suivre » (track). Il est important de connaître l’historique des commotions cérébrales des joueurs pour prendre des décisions. Cependant, actuellement, il n’y a pas de système en place au rugby des CW pour suivre ces renseignements. Une partie des fonds de la subvention sera consacrée à un système de suivi.

« Il est important, du point de vue du club, que nous mettions en place un système qui nous permette de savoir qui a subi des commotions cérébrales au cours d’une période donnée et d’être mieux informés », a déclaré M. Hill.

Présentation 6 : Conseil du sport d’Ottawa

Logo du Conseil du sport d'OttawaLe Conseil du sport d’Ottawa (CSO) soutient plus de 750 organismes sportifs communautaires à Ottawa. Par l’éducation, la défense des intérêts et la philanthropie, il s’efforce de favoriser des expériences sportives de qualité au niveau communautaire. Mais, comme l’affirme la directrice générale Marcia Morris, l’éducation est peut-être sa plus grande tâche.

« En fin de compte, le financement du sport communautaire est souvent oublié dans toutes les initiatives lancées par Sport Canada, a expliqué Mme Morris. Nous sommes donc vraiment intéressés par la subvention pour aider à promouvoir les ressources du SIRC, mais aussi pour amplifier le travail que nous faisons et avons déjà fait, et rassembler le tout pour rendre le sport communautaire plus sécuritaire. »

Avant la pandémie, le CSO disposait d’importants programmes et ressources de sensibilisation aux commotions cérébrales prêts à être déployés. Cependant, l’activité sportive en personne ayant été réduite au minimum au cours de l’année écoulée, l’accent a été mis sur la recherche de nouveaux moyens de diffuser l’information à ceux qui en ont besoin.

Vidéo de sensibilisation aux commotions cérébrales du Conseil du sport d’Ottawa – août 2020 (en anglais)

L’un des résultats du « pivot pandémique » du CSO a été le succès de sa vidéo sur l’initiative d’éducation sur les commotions cérébrales. Un autre résultat est sa boîte à outils en ligne pour un sport sécuritaire. Actuellement en développement, cette boîte à outils se veut une ressource conviviale pour tout sport ou organisme. Elle fournira de petits morceaux d’informations répartis dans différents « tiroirs » (par exemple, les politiques, les exigences minimales de formation et les ressources). L’objectif de cette boîte à outils est de faire en sorte que chaque sport obtienne les renseignements dont il a besoin.

« Certains sports ne recevaient aucune information sur la sécurité dans le sport de la part de leur ONS [organisme national de sport], tandis que d’autres sont bien au-delà dans leurs politiques. Ainsi, chacun se trouve à un stade différent de son parcours, a expliqué Mme Morris. L’objectif [de la boîte à outils] est de vous permettre d’y accéder et d’examiner un seul tiroir. Mais, tous les tiroirs seront disponibles pour les personnes qui n’ont pas le luxe d’être dans un sport bien financé et bien défini. »

La subvention du SIRC permet de lancer la boîte à outils pour un sport sécuritaire. Elle constituera un atout majeur pour les organisations sportives communautaires, en particulier celles qui cherchent à démarrer ou à combler les lacunes de leurs initiatives en matière de commotions cérébrales et de sport sécuritaire.

Conclusion

Nos conversations avec quelques bénéficiaires des subventions d’activation communautaire du SIRC ont mis au jour des histoires de résilience, de succès et d’innovation au sein du sport communautaire. Après la perturbation abrupte et prolongée causée par la pandémie, les subventions ont donné à de nombreux bénéficiaires le coup de pouce dont ils avaient besoin pour mettre en place et faire fonctionner leurs programmes de sport sécuritaire et de sensibilisation aux commotions cérébrales. Pour d’autres, les subventions ont fourni une capacité et un soutien supplémentaires tout en faisant pivoter les initiatives existantes pour les aligner sur les restrictions liées à la pandémie.

Lorsque nous avons interrogé les bénéficiaires des subventions, plusieurs d’entre eux ont également partagé des suggestions sur la façon dont d’autres organismes de sport communautaires pourraient améliorer leurs initiatives de sport sécuritaire et de sensibilisation aux commotions cérébrales, ou simplement les faire démarrer. Voici quelques conseils :

S’alignant sur l’engagement du gouvernement fédéral à réactiver les organisations sportives locales alors qu’elles se remettent de la pandémie de la COVID-19, les subventions d’activation communautaire du SIRC ont fourni un soutien aux organisations sportives communautaires qui se dirigent vers des normes nationales pour la sécurité des commotions cérébrales et la sécurité du sport.

Selon David Hill du rugby des CW, favoriser les environnements de sport sécuritaire est un pari sûr pour une meilleure performance sportive:

“La sécurité dans le sport est un facteur d’amélioration de la performance, a-t-il mentionné. Plus [un athlète] se sent en sécurité, plus il peut repousser les limites de la performance.”

Ressources recommandées

Apprenez-en davantage sur les bénéficiaires des subventions pour l’activation communautaire.

Découvrez les ressources du SIRC sur les commotions cérébrales dans le sport.

Examinez le centre pour le sport sécuritaire du SIRC.


Points saillants


Les commotions cérébrales chez les jeunes au Canada constituent un grave problème de santé publique. Les commotions cérébrales chez les jeunes Canadiens et Canadiennes âgés de 12 à 17 ans ont augmenté annuellement de 10,3 % de 2004 à 2015 (Rao et coll., 2018). Les élèves du secondaire connaissent les taux les plus élevés de commotions cérébrales parmi tous les enfants et les jeunes. De plus, leurs commotions cérébrales sont souvent sous-déclarées. Les raisons de cette sous-déclaration sont soupçonnées d’être le manque de connaissances des élèves du secondaire sur les commotions cérébrales, l’influence de leur environnement social, la croyance que le signalement de leur commotion ne serait pas utile, l’inquiétude sur la façon dont ils pensent que leurs pairs vont réagir, et un manque d’auto-efficacité (Sports-Related Concussions in Youth : Improving the Science, Changing the Culture, 2015).

Dans le passé, les jeunes ayant des antécédents de commotion cérébrale ont identifié que leur participation sociale pendant leur rétablissement après une commotion cérébrale était affectée par le manque de compréhension de leurs pairs au sujet des commotions cérébrales (Valovich McLeod et coll., 2017). Comme les jeunes sont fortement influencés par leurs réseaux sociaux, l’éducation par les pairs peut jouer un grand rôle dans les connaissances des élèves (ce qu’ils savent sur les commotions cérébrales), leurs attitudes (ce qu’ils pensent des commotions cérébrales) et les comportements prévus (comment ils agiraient s’ils subissaient une commotion cérébrale ou si un ami en subissait une).

Dans cet article, nous allons parler de You-CAN, notre programme d’éducation par les pairs qui vise à aider les élèves du secondaire à comprendre les commotions cérébrales. Nous allons également définir ce qu’est le soutien social et comment il peut aider les jeunes qui ont subi une commotion cérébrale. De plus, nous expliquerons comment les jeunes sportifs peuvent aider les autres à se remettre d’une commotion et comment les entraîneurs, les administrateurs, les parents et les autres personnes impliquées dans le sport chez les jeunes peuvent aider les jeunes athlètes qui ont subi une commotion cérébrale.

Qu’est-ce que le You-CAN?

des enfants debout devant des casiers Le Youth Concussion Awareness Network (You-CAN) est un programme de recherches et d’éducation en cours, financé par les Instituts de recherche en santé du Canada. Les membres de son équipe et ses collaborateurs sont situés à travers le Canada, et il a été créé en collaboration avec Parachute Canada, co-responsable du projet. En tant que premier programme de ce type, You-CAN utilise une approche dirigée par les pairs qui vise à sensibiliser les élèves canadiens du secondaire aux commotions cérébrales, à promouvoir un changement positif dans les connaissances et les attitudes relatives aux commotions cérébrales et à favoriser les liens entre les écoles et les élèves participants.

L’objectif principal de You-CAN est de modifier les comportements des étudiants canadiens en ce qui concerne :

  1. le signalement à un adulte d’une commotion cérébrale soupçonnée;
  2. le soutien de leurs camarades qui subissent une commotion cérébrale.

Le concept de You-CAN est simple : fournir une plateforme et des ressources aux jeunes pour qu’ils puissent apprendre avec leurs pairs et, à leur tour, soutenir leurs pairs. Pour ce faire, les écoles secondaires participantes à travers le pays ont créé des conseils sur les commotions cérébrales. Comme les autres clubs et conseils de l’école, le conseil sur les commotions cérébrales se réunit régulièrement. Les membres du conseil sur les commotions cérébrales planifient et mettent en œuvre des moyens de partager des informations sur les commotions cérébrales et de fournir aux autres élèves des ressources appropriées sur les commotions cérébrales.

En outre, les conseils sur les commotions cérébrales créent et organisent des campagnes annuelles de sensibilisation aux commotions cérébrales d’une durée d’une semaine au sein de leur école. Les conseils sur les commotions cérébrales sont encouragés à faire preuve de créativité dans leurs campagnes, ce qui permet aux étudiants participants de créer la campagne qui, selon eux, correspond le mieux aux souhaits et aux besoins de leur communauté scolaire (voir la figure 1). Pour s’assurer que les campagnes partagent des renseignements actualisés et précis, les élèves peuvent accéder à un portail Web. Ce portail contient des ressources pédagogiques sur les commotions cérébrales, fondées sur des données probantes provenant de partout en Amérique du Nord. Nous avons approuvé ces ressources en utilisant des critères spécifiques pour nous assurer qu’elles sont à la fois précises et écrites spécifiquement pour les jeunes.

Pour célébrer le travail incroyable des écoles secondaires et des étudiants participants, chaque printemps, les conseils sur les commotions cérébrales partageront leur travail avec d’autres conseils d’écoles secondaires à travers le Canada. Cela se fera lors de la présentation annuelle de la campagne de sensibilisation aux commotions cérébrales Rowan Stringer. Bien que la vitrine virtuelle n’ait pas encore commencé à cause de la COVID-19, elle soulignera les efforts des écoles participantes, fera naître des idées et établira de nouveaux liens à l’échelle nationale. Nous sommes impatients de voir la première vitrine!

https://www.youcanportal.com/uploads/Campaign/Your%20Campaign%20(v3).png  - Stratégie :  - - Créez une page de médias sociaux pour le Conseil sur les commotions cérébrales avec des messages éducatifs amusants sur les commotions cérébrales en utilisant certaines de nos ressources.  - - Affichez des faits amusants et des citations sur des moniteurs ou des écrans de télévision dans votre école. - - Imprimez des affiches et des infographies à partir de notre page de ressources ou concevez les vôtres pour les afficher dans votre école.  - - Soyez créatif et réalisez une vidéo ou créez une grande bannière à afficher dans les couloirs.  - - Créez une activité interactive pour les autres élèves! Vous pouvez demander aux élèves de partager leur expérience d'une commotion cérébrale ou celle d'un ami qui en a subi une.  - - Créez un jeu de questions sur les commotions cérébrales et organisez-le avant l'école ou pendant le dîner.
Figure 1. Idées pour la campagne du Conseil sur les commotions cérébrales partagées avec les étudiants pour les aider à commencer.

Apprenez-en plus sur You-CAN et sur l’étude de recherche en cours pour évaluer You-CAN. Vous pouvez également découvrir comment les ressources appropriées ont été identifiées pour les élèves du secondaire participants et les campagnes de sensibilisation de leurs conseils sur les commotions cérébrales.

Qu’est-ce que le soutien social et comment est-il lié à la commotion cérébrale?

Un aspect unique de You-CAN est l’accent mis sur l’utilisation de l’éducation sur les commotions cérébrales par les pairs pour changer les comportements. Il s’agit spécifiquement de fournir un soutien social à un pair souffrant d’une commotion cérébrale. Pour nos besoins, le soutien social est un échange de ressources entre 2 personnes dans le but d’améliorer le bien-être du bénéficiaire (Shumaker et Brownell, 1984). Il existe 3 types de soutien social : émotionnel, tangible et informatif, comme le décrit la figure 2 (Schaefer et coll., 1981).

Types de soutien 1) Emotionnel : Créer un sentiment d'inclusion sociale, de réconfort et d'attention. 2) Tangible : Aide physique directe telle que le soutien physique ou les services 3) Informatif : Les informations et les conseils peuvent aider une personne à comprendre ou à résoudre un problème
Figure 2. Types de soutien

Les meilleures pratiques en matière de récupération et de réadaptation relativement aux commotions cérébrales impliquent la possibilité de restreindre les activités dans de nombreux domaines de la vie, notamment l’école, le sport, la vie sociale et la vie familiale (McCrory et coll., 2017). Bien que nécessaires pour un retour en toute sécurité à l’école et au sport, ces approches peuvent également mener à l’isolement social (Karlin, 2011). Pour les enfants et les jeunes, l’isolement social peut avoir un effet négatif sur la santé, le bonheur et la qualité de vie (Karlin, 2011). C’est pourquoi le soutien social est si important.

Un enfant réconfortant un ami sur un banc d'école Une étude récente menée par notre équipe de recherche au sein du OAK Concussion Lab de l’Université de Toronto a utilisé des entrevues semi-structurées pour explorer le sujet du soutien social après une commotion cérébrale chez des jeunes d’âge secondaire. L’objectif de l’étude était de mieux comprendre ce que le soutien social signifie pour les jeunes du secondaire, le type de soutien social dont ils ont besoin après une commotion cérébrale, et le rôle que les pairs jouent dans le soutien d’une personne après une commotion cérébrale (Kita et coll., 2020). Les jeunes qui ont participé ont identifié 3 fournisseurs clés de soutien social après une commotion cérébrale:

  1. Les amis proches qui ont aidé à minimiser les sentiments d’isolement social par des textos et des visites.
  2. D’autres jeunes ayant une expérience de la commotion cérébrale, qui ont validé les défis et communiqué leur empathie.
  3. Des parents qui ont utilisé leur « pouvoir d’adulte » pour aider à relever les défis pratiques, comme obtenir des aménagements à l’école.

Dans l’ensemble, les jeunes participants souhaitaient que leurs pairs en sachent plus sur leurs expériences vécues. Ils ont proposé des solutions qui impliquent d’éduquer les pairs sur ce que c’est que d’avoir une commotion cérébrale et sur les soutiens dont ils ont besoin pour mieux se rétablir.

Le programme You-CAN tente d’être l’une de ces solutions éducatives. Il peut servir de plateforme pour aider les jeunes à mieux comprendre ce que c’est que d’avoir une commotion cérébrale. En enseignant des approches de soutien social (voir la figure 3 pour des exemples) et en encourageant les membres des conseils sur les commotions cérébrales à inclure des concepts de soutien social dans leurs campagnes de sensibilisation annuelles, You-CAN permet aux jeunes de s’entraider après une commotion cérébrale, ce qui mène à la récupération et à des résultats de santé positifs parmi les jeunes pairs qui subissent une commotion cérébrale.

Figure 3. Exemples de façons de soutenir un ami après une commotion cérébrale
Figure 3. Exemples de façons de soutenir un ami après une commotion cérébrale

Apprenez-en davantage sur les expériences de jeunes filles d’âge scolaire recevant un soutien social pendant la récupération d’une commotion cérébrale.

You-CAN et le sport

À ce jour, You-CAN a été utilisé dans des écoles secondaires canadiennes et des recherches sont en cours pour examiner les retombées de cette nouvelle approche sur la sensibilisation aux commotions cérébrales, la modification des comportements spécifiques au signalement d’une commotion à un adulte et l’apport d’un soutien social aux pairs qui subissent une commotion. Il y a beaucoup d’enthousiasme pour les nouvelles approches de la sensibilisation aux commotions cérébrales en milieu scolaire, en particulier les approches qui considèrent les jeunes comme des leaders capables et importants. Nous pensons que ces approches sont également prometteuses pour les jeunes de la communauté sportive.

Une joueuse de football donne un coup de pied au ballon sur le terrain. Les équipes et les organisations sportives peuvent constituer un environnement important et idéal pour faciliter l’éducation aux commotions cérébrales dirigée par les pairs, en particulier parce que les jeunes qui participent à des sports organisés ont des taux de commotions cérébrales beaucoup plus élevés (Ippolito et coll., 2021). Nos recherches ont également montré que ces jeunes ont la capacité d’améliorer leurs attitudes à l’égard des commotions cérébrales et leurs comportements intentionnels en la matière, comme signaler une commotion à un adulte et apporter un soutien social à un pair ayant subi une commotion (Ippolito et coll., 2021).

Imaginez ce scénario : Pensez qu’une équipe d’un club, d’une ligue ou d’une organisation sportive devienne le Conseil sur les commotions cérébrales et qu’elle élabore et diffuse des campagnes annuelles de sensibilisation aux commotions cérébrales auprès des autres équipes de son organisation sportive ou de sa ligue. C’est peut-être l’équipe de hockey Bantam ou l’équipe de soccer U-16 qui devient la championne des commotions cérébrales de sa ligue ou de son association, et toutes les équipes, jeunes et moins jeunes, se tournent vers elle pour obtenir de l’information et un soutien en matière de commotions cérébrales. Les joueurs et les équipes de diverses organisations sportives pourraient se réunir chaque année pour célébrer leurs réalisations, partager des idées et des connaissances sur les commotions cérébrales afin de rendre leur équipe, leur ligue et leur sport plus sûrs et plus agréables. Non seulement cette approche pourrait jouer un rôle significatif dans l’augmentation de la sensibilisation aux commotions cérébrales, du signalement et du soutien social, mais elle pourrait peut-être faire plus. Avec des pairs fournissant une éducation et un soutien en matière de commotions cérébrales par le biais de cette approche, l’information serait mieux reçue que si elle était délivrée par des entraîneurs, des parents, des professionnels de la santé ou des chercheurs.

Pour créer un programme You-CAN basé sur le sport, il sera essentiel d’entendre la communauté sportive des jeunes (comme les athlètes, les entraîneurs, les parents et les tuteurs, les arbitres, les administrateurs et autres). Il sera également vital de créer un réseau et une plateforme qui répondent au mieux aux besoins de cette communauté.

Un résultat clé de notre recherche courante de You-CAN en milieu scolaire est que les jeunes ayant une meilleure connaissance des commotions cérébrales sont plus susceptibles de signaler une commotion à un adulte et de fournir un soutien social à un pair (Ippolito et coll., 2021). Autrement, les jeunes qui pratiquent un sport (comme les sports organisés, les sports d’équipe et les sports à haut risque) sont plus à risque de subir une commotion cérébrale, mais ils expriment également qu’ils sont moins susceptibles de signaler une commotion cérébrale ou de soutenir un ami ayant subi une commotion cérébrale. Une intervention éducative est nécessaire pour améliorer et modifier ces comportements dans la population sportive. Les changements de comportement permettraient d’améliorer les résultats des commotions cérébrales, le bonheur et la qualité de vie des jeunes athlètes qui ont subi une commotion cérébrale.

Comment puis-je améliorer mes connaissances sur les commotions cérébrales et mieux soutenir les jeunes athlètes?

les joueurs de hockey et l'entraîneur avec leur main au milieu en train d'applaudirPour soutenir au mieux les jeunes athlètes, il est essentiel que toutes les personnes impliquées dans les sports de jeunesse connaissent les commotions cérébrales, y compris les signes et les symptômes qui y sont associés. De plus, il est essentiel que chacun sache quoi faire lorsqu’il soupçonne qu’une personne a subi une commotion cérébrale. Enfin, vous devez connaître les politiques et procédures de votre sport concernant le retrait du jeu et le retour au jeu après une commotion cérébrale.

Les ressources communautaires récemment créées dans le cadre des Lignes directrices évaluatives sur le diagnostic et la gestion des commotions cérébrales en pédiatrie fournissent les renseignements et les directives suivants sur la façon dont vous pouvez aider au mieux les jeunes athlètes à pratiquer le sport qu’ils aiment de manière sûre et agréable :

1. Soyez conscients des commotions cérébrales

2. Connaissez le rôle de votre organisation sportive en matière de commotions cérébrales

3. Restez en contact et communiquez

Conclusion

Les jeunes sont fortement influencés par leurs réseaux sociaux et perdent souvent toute participation sociale pendant la période de récupération d’une commotion cérébrale. Les jeunes déclarent que le fait d’avoir des amis qui les comprennent et qui leur apportent un soutien social pendant la récupération est très utile. Pour fournir au mieux ce soutien social, leurs pairs, comme leurs coéquipiers et leurs amis, doivent avoir une bonne connaissance des commotions cérébrales. You-CAN, un programme éducatif sur les commotions cérébrales mené par des pairs, peut aider à fournir ces connaissances. Ainsi, les coéquipiers peuvent se soutenir mutuellement lorsqu’ils se remettent d’une commotion cérébrale. Les coéquipiers se soutiennent mutuellement de nombreuses façons, et avec les bons renseignements et le bon soutien, la récupération d’une commotion cérébrale ne devrait pas être différente. Un programme You-CAN basé sur le sport, où les jeunes athlètes aident à éduquer et à soutenir d’autres jeunes athlètes ayant subi une commotion cérébrale, pourrait influencer positivement les résultats des commotions cérébrales et permettre aux jeunes athlètes de retourner à ce qu’ils ont besoin, veulent et aiment faire.

Prochaines étapes

Pour ceux et celles qui souhaitent examiner les programmes d’éducation sur les commotions cérébrales dirigés par des pairs dans les sports de jeunes, veuillez nous contacter au you.can@utoronto.ca ou nick.reed@utoronto.ca.

Ressources recommandées

Ces ressources peuvent vous aider à approfondir vos connaissances sur les commotions cérébrales afin de mieux soutenir vos jeunes athlètes :

Pour des ressources supplémentaires, consultez le centre de ressources sur les commotions cérébrales du SIRC.


Points saillants


« Vous avez subi une commotion cérébrale. » Ce sont des mots qu’aucun athlète ne veut entendre. Qu’est-ce que cela signifie exactement? Peut-être un arrêt complet des activités liées au sport. Ou l’impossibilité de pratiquer, de s’entraîner ou de participer à des compétitions. Peut-être une incertitude quant au temps de récupération ou au retour au jeu, et des questions sur les risques et les implications futurs.

hommes jouant au volley-ball Ces dernières années, le débat sur les commotions cérébrales et leurs effets à court et à long terme a pris de plus en plus d’importance dans le domaine de la prévention des blessures sportives (Davis et coll., 2020; McCrory et coll., 2017). Contrairement aux associations faites dans le passé, le dialogue sur les traumatismes cérébraux n’est plus limité aux sports d’impact à haut risque. Les commotions cérébrales et les traumatismes cérébraux liés au sport sont maintenant au premier plan du monde sportif moderne, avec des cas très médiatisés dans les ligues professionnelles, des litiges en recours collectif de joueurs et des préoccupations émergentes concernant les risques potentiels de maladies neurodégénératives (par exemple, l’encéphalopathie traumatique chronique).

Pour de nombreuses organisations sportives, cette attention accrue portée aux commotions cérébrales s’est traduite par de nouveaux efforts visant à élaborer et mettre en œuvre des stratégies de prévention, qui peuvent contribuer à protéger les participants contre les commotions cérébrales dans leur sport. Les carrières sportives d’athlètes peuvent être mises en pause ou cesser définitivement à cause des blessures par commotion et des conséquences qui y sont liées (Bergeron et coll., 2015; Sedney et coll., 2011). Il est donc important d’améliorer les connaissances de tous les intervenants sportifs sur les signes, les symptômes et les stratégies de gestion des commotions cérébrales. Cela s’applique aux participants, aux familles, aux entraîneurs, aux formateurs et aux autres personnels du sport (Tator, 2012).

Mais au-delà de l’éducation des parties prenantes, quelles autres mesures les organisations sportives peuvent-elles prendre pour réduire le risque de commotion cérébrale à tous les niveaux du sport et des loisirs? Comme pour les autres types de blessures sportives, il est important de comprendre d’abord le fardeau des blessures auxquelles les athlètes sont confrontés et de se concentrer sur des stratégies de prévention des blessures fondées sur des données probantes. De telles stratégies combinent les meilleures pratiques de recherche avec la pratique et l’expertise du monde réel (Pike et coll., 2015).

femme empêchant le volley-ball de passer par-dessus le filet.Comment les organisations sportives doivent-elles continuer à aborder cette question et concentrer leurs efforts sur le développement d’interventions pour la prévention des blessures par commotion cérébrale dans leurs sports respectifs? Des stratégies inefficaces continuent souvent d’être pratiquées à grands frais sur les ressources existantes (Pike et coll., 2015), sans réussir à protéger les athlètes des risques de commotions cérébrales. Les ressources disponibles étant limitées, il est essentiel que les organisations sportives investissent dans des stratégies qui sont les plus aptes à réduire efficacement les risques de blessures. Adopter une approche de la prévention des blessures fondée sur des données probantes est essentiel pour planifier et mettre en œuvre des interventions visant à réduire les commotions cérébrales dans le sport.

Dans cet article, nous décrivons les processus qui ont orienté l’approche de Volleyball Canada à la recherche sur la prévention des commotions cérébrales, comment nous avons utilisé les données pour orienter notre stratégie de prévention des commotions cérébrales, et ce que nous avons appris en cours de route.

Les trois règles de la prévention des blessures sportives

Parachute, un organisme de bienfaisance national canadien qui se consacre à la prévention des blessures, met en lumière les trois règles de la prévention des blessures dans la ressource canadienne en matière de prévention des blessures. Les trois règles (éducation, mise en œuvre et ingénierie) ont d’abord été développées pour la sécurité industrielle. Il s’agit de cadres qui peuvent aider à guider l’élaboration de programmes et d’initiatives communautaires de prévention des blessures.

D’autres chercheurs en prévention des blessures et en santé publique ont développé ces concepts clés en ajoutant 2 règles supplémentaires à prendre en compte (épidémiologie et évaluation) lors de l’adoption de stratégies fondées sur des preuves pour les interventions de prévention des blessures (Pike et coll., 2015; Tator, 2012).

Un modèle de « séquence de prévention » pour la recherche sur les blessures

En 1992, Van Mechelen et coll. ont décrit un modèle de « séquence de prévention » pour la recherche sur les blessures, que d’autres ont construit et développé pour guider les initiatives modernes de santé publique pour la prévention des blessures (Pike et coll., 2015). Fondée sur ce modèle de séquence de prévention, la ressource canadienne en matière de prévention des blessures décrit 5 éléments fonctionnels pour contribuer avec succès à la prévention des blessures :

L’étape 5 est souvent négligée. Pourtant, elle est extrêmement importante pour déterminer si une intervention a réussi à réduire le risque de blessure. Cela implique souvent de revenir à l’étape 1 pour identifier à nouveau l’étendue de la blessure (Tator, 2012, Van Mechelen, 1992). Ce processus d’évaluation est, idéalement, une composante continue du processus initial de l’étape 1 plutôt qu’une étape distincte.

Il est également important de noter que ces 5 étapes n’ont pas à être réalisées dans l’ordre. Comme les organismes de sport ont souvent des ressources limitées, ils peuvent avoir besoin de s’adapter aux circonstances du monde réel pour utiliser efficacement leur temps et leurs efforts. Pour ce faire, les organismes de sport devraient se concentrer sur l’élaboration de stratégies et d’interventions à la fois ciblées et spécifiques au sport pour réduire le risque de commotion cérébrale (Pike et coll., 2015; Tator, 2012).

Recherche sur la prévention des commotions cérébrales avec Volleyball Canada

Bien que les commotions cérébrales se produisent au volleyball, peu de recherches fondées sur des données probantes ont été menées pour éclairer les stratégies de prévention dans ce sport. En utilisant le modèle de la séquence de prévention, Volleyball Canada a entrepris de comprendre les taux de blessures (étape 1) et d’identifier les facteurs de risque spécifiques et les mécanismes de blessures (étape 2) pour les commotions cérébrales chez ses jeunes athlètes de club (âgés de 14 à 19 ans).

Les athlètes des clubs participent à des compétitions provinciales et nationales, la saison commençant à l’automne et se terminant en mai avec les championnats nationaux de Volleyball Canada. Avec l’aide de chercheurs du Sport Injury Prevention Research Centre (SIPRC) de l’Université de Calgary, une enquête sur les jeunes athlètes de volleyball canadiens, de 2016 à 2018, a permis de déterminer les taux de commotion cérébrale, les facteurs de risque et les mécanismes de blessure (Meeuwisse et coll., 2017). De plus, les Championnats nationaux de Volleyball Canada 2018 ont rassemblé 9500 athlètes et 2000 entraîneurs de toutes les classes d’âge en un seul endroit, nous offrant une occasion unique de recueillir des données épidémiologiques approfondies sur les blessures par commotion cérébrale et les facteurs de risque.

Les résultats de l’étude du SIPRC ont montré que la plupart des commotions cérébrales chez les jeunes volleyeurs étaient causées par des contacts balle-tête (57 %) et que la majorité (62 %) d’entre elles se produisaient pendant les entraînements ou les échauffements. Cela signifie qu’une grande partie des commotions cérébrales provenaient d’environnements non compétitifs et contrôlés, qui pourraient être spécifiquement ciblés pour une intervention (Meeuwisse et coll., 2017). À l’aide de cette information, Volleyball Canada a élaboré des mesures (étape 3) pour minimiser le risque de contact balle-tête pendant ces environnements contrôlables (plus précisément, les routines d’échauffement d’avant-match).

Vues aériennes de 2 terrains de volleyball, avant et après le changement de règles de Volleyball Canada en 2018. À gauche, les joueurs avaient l'habitude de courir sur le côté réception des terrains pour récupérer leurs ballons. À droite, le côté réception du terrain est désormais hors limites et les joueurs doivent récupérer leurs ballons depuis la ligne de touche.

Par exemple, pendant la routine d’échauffement standard de frappe, un joueur attaquait un ballon au-dessus du filet et courait immédiatement sous le filet pour récupérer le ballon. Cela créait une situation à haut risque puisqu’il était plus que probable que cet athlète soit frappé à la tête par le prochain ballon frappé par un coéquipier. Afin de réduire l’incidence des commotions cérébrales pendant l’échauffement, Volleyball Canada a introduit une nouvelle règle en 2018, qui interdit aux athlètes de courir sous le filet et de se rendre du côté opposé du terrain pour récupérer leur ballon pendant la routine d’échauffement standard de frappe (étape 4).Protocole d'échauffement de Volleyball Canada - Les athlètes doivent rester de leur côté du filet immédiatement après une attaque et ne peuvent se déplacer vers le côté opposé du filet qu'à partir de l'extérieur du terrain. Les athlètes ne sont pas autorisés à entrer dans le terrain de réception. - Tout ballon du côté de la réception, entré du côté de l'attaque, doit être entré de l'extérieur du terrain. - Les ballons récupérés doivent être renvoyés le long des lignes de côté du terrain et non à travers le terrain de réception. - Si l'équipe utilise les deux côtés du terrain (c'est-à-dire une activité de type jeu complet), un seul ballon peut être en jeu à tout moment. - Les équipes adverses ne sont pas autorisées à utiliser des ballons de volleyball dans la zone libre pendant le temps de jeu alloué à l'équipe. Il est recommandé à l'équipe adverse d'aider à récupérer les ballons de volleyball pour l'équipe sur le terrain.

La plupart des organismes sportifs provinciaux ont adopté cette nouvelle règle du protocole d’échauffement pour la saison 2019 de leurs clubs compétitifs. Volleyball Canada l’a appliqué lors de ses championnats nationaux.

Pour s’attaquer à l’étape 5, Volleyball Canada a mené activement de nouvelles études pour évaluer l’efficacité de ce changement de règle d’échauffement des frappeurs sur la réduction des taux de commotions cérébrales. La pandémie de la COVID-19 et l’absence de compétitions depuis 2019 ont retardé la collecte et les analyses de données. Cependant, les premiers résultats suggèrent que les chances de signaler une commotion cérébrale pendant la routine d’échauffement de frappe avant le match restent inchangées depuis la mise en œuvre du changement de règle de 2018.

En réévaluant le risque de commotion cérébrale subie pendant les échauffements, il est intéressant de noter que les jeunes athlètes de volleyball ont signalé plus de commotions cérébrales survenant pendant la partie non structurée de l’échauffement de l’équipe avant le match. Cela implique généralement que les joueurs utilisent un ballon pour échanger en tête-à-tête avec un partenaire, ou plus communément appelé « pepper » en volleyball. Cela souligne l’importance de la collecte de données et de la réévaluation de l’efficacité des interventions de prévention des blessures, car de nouvelles informations peuvent continuer à combler les lacunes dans les connaissances sur les risques de commotions cérébrales et informer les stratégies futures.

Leçons apprises et prochaines étapes

joueur de volleyball masculin frappant la balleBien que le processus soit en cours, Volleyball Canada reste déterminé à utiliser des données et des approches fondées sur des preuves pour élaborer des stratégies visant à réduire les risques de commotions cérébrales. Cependant, ce processus est souvent difficile et exige beaucoup de ressources pour les organismes de sport. Par exemple, des priorités concurrentes, une possible résistance au changement ou aux nouvelles méthodes, ou simplement un manque de temps, de capacité ou d’expertise, sont autant de défis auxquels sont confrontés les organismes de sport lorsqu’ils investissent dans une approche de la prévention des blessures fondée sur les données probantes (Pike et coll., 2015).

Quelles sont certaines des leçons importantes que Volleyball Canada a tirées de ses stratégies de prévention des commotions cérébrales jusqu’à présent?

  1. Être créatif et innover

La collecte de données épidémiologiques de qualité est à la fois longue et difficile, surtout à l’échelle nationale. Comme il s’agit de l’étape 1 du processus en 5 étapes, investir dans les ressources pour aider à comprendre toute l’étendue du problème peut être une première étape intimidante.

Une collecte de données uniforme permet d’évaluer les tendances historiques ou d’analyser rétrospectivement les effets que d’autres changements d’équipement, de règles ou de politiques peuvent avoir sur les taux de commotions cérébrales (que ces changements soient intentionnels ou non).

Par conséquent, il est idéal de recueillir ce type de données épidémiologiques dans le cadre du processus d’adhésion ou d’inscription à un événement. À partir de l’automne 2021, le nouveau système d’inscription virtuel de Volleyball Canada donnera à l’organisation un autre moyen de potentiellement aider à faciliter les processus futurs de collecte d’information.

  1. Établir des partenariats

Une joueuse de volley-ball frappant la balleAvec des ressources limitées pour les initiatives de recherche, le partenariat avec des groupes de recherche ou des groupes communautaires externes peut augmenter la capacité d’un organisme de sport à mener des travaux de prévention des blessures par commotion cérébrale. Le développement d’initiatives avec ces partenaires, tels que les universités et les hôpitaux, peut aider les organismes de sport à avoir accès à un personnel qualifié capable d’assumer une partie du fardeau de la recherche.

Ces groupes externes peuvent même avoir des mandats similaires aux objectifs de prévention des blessures de l’organisme de sport. Par exemple, le SIPRC de l’Université de Calgary se concentre sur la collaboration avec des partenaires communautaires pour réduire les risques de blessures dans le sport et les loisirs, en mettant particulièrement l’accent sur la prévention des blessures chez les jeunes.

  1. S’engager dans une évaluation continue

L’acquisition de connaissances spécifiques au sport sur la façon dont les commotions cérébrales se produisent et sur les endroits où les risques sont les plus élevés guidera et orientera l’élaboration d’interventions et de stratégies spécifiques. Le fait d’apprendre que les commotions cérébrales se produisent principalement à la suite d’un contact balle-tête dans des environnements contrôlés a aidé Volleyball Canada à adopter des changements de règles pour réduire le risque d’exposition à ce mécanisme.

Cependant, tout aussi important est le processus de réévaluation en cours, qui continue de fournir des données sur l’efficacité de ce changement de règles. Les interventions peuvent être efficaces ou non, ou peuvent prendre un certain temps avant de donner des résultats tangibles. Sans ce processus de réévaluation, les organisations sportives ne peuvent pas savoir si une intervention a été efficace ou a réussi à réduire les risques de commotion cérébrale.

Il est important d’envisager d’incorporer ce processus de réévaluation dès le début de l’étape 1. Ainsi, l’approche continue fondée sur les preuves peut être soutenue par les efforts initiaux et l’infrastructure de mise en place de mesures de collecte de données et d’information.

Conclusion

« Bien que nous ayons parcouru un long chemin dans la compréhension des commotions cérébrales au volleyball, il reste encore beaucoup à faire. Nous travaillons encore avec diligence à la mise en place d’un système de surveillance efficace et efficient. Une fois ce système en place, l’élaboration et l’évaluation de stratégies d’intervention seront la partie la plus facile »


Kerry Macdonald, directeur des sciences du sport, de la médecine sportive et de l’innovation à Volleyball Canada

Comprendre l’étendue du problème et identifier les facteurs qui créent un risque de blessure par commotion cérébrale est essentiel pour mettre en œuvre des stratégies de prévention efficaces. Pour les organismes de sport, ces stratégies doivent être ciblées et propres au sport, car chaque sport peut avoir des mécanismes de blessure uniques qui contribuent au risque de commotion cérébrale. Parallèlement aux stratégies éducatives et technologiques existantes, une approche fondée sur des données probantes est le moyen le plus efficace de développer de nouvelles mesures préventives qui protègent les athlètes et réduisent la charge des répercussions des commotions cérébrales.


Points saillants


L’amélioration des soins et de la prévention des commotions cérébrales chez les filles, les femmes et les athlètes féminines est devenue un domaine d’intérêt et d’importance croissants pour de nombreux entraîneurs, formateurs d’équipes et spécialistes de la réadaptation. C’est d’autant plus vrai que de plus en plus de recherches mettent en évidence les conséquences négatives que les commotions cérébrales répétées peuvent avoir sur la santé du cerveau. Par exemple, une personne qui subit plusieurs commotions cérébrales peut avoir un risque accru de développer des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer (Hay et coll., 2016).

Une joueuse de crosse portant un casque. Il est important d’adapter les stratégies de gestion et de prévention des commotions cérébrales aux besoins spécifiques des filles, des femmes et des athlètes féminines afin de créer des environnements sportifs plus sûrs et de veiller à ce que ces groupes puissent continuer à profiter des nombreux avantages que le sport a à offrir. Cet article met en lumière les recherches actuelles qui examinent comment le sexe biologique et le genre peuvent influencer le risque, la gestion et la prévention des commotions cérébrales. De plus, nous identifions des stratégies que les entraîneurs, les formateurs d’équipe et les spécialistes de la réadaptation peuvent utiliser pour mieux reconnaître, gérer et prévenir les commotions cérébrales chez les filles, les femmes et les athlètes féminines.  

Tout au long de cet article, nous utilisons des mots tirés du type de recherche décrit. Nous n’utilisons le terme féminin que lorsque la recherche se réfère spécifiquement au sexe biologique (c’est-à-dire aux attributs biologiques d’un individu tels que les chromosomes, les gènes et les hormones assignés à la naissance). Sinon, nous utilisons les termes filles et femmes lorsqu’il est question de genre (c’est-à-dire les rôles, comportements et expressions socialement construits qui forment l’identité d’une personne).Sexe et genre Le sexe désigne les différences biologiques telles que les chromosomes, les gènes et les hormones. Le genre désigne les différences sociales et culturelles telles que le comportement, l'identité, les normes et les rôles.

Qu’est-ce qu’une commotion cérébrale liée au sport et comment affecte-t-elle le cerveau?

Une commotion cérébrale liée au sport est une lésion cérébrale traumatique résultant d’un coup porté à la tête, au cou ou au corps qui provoque une secousse soudaine de la tête. Par exemple, une commotion cérébrale liée au sport peut survenir lorsqu’un athlète tombe au sol, reçoit une mise en échec ou est frappé à la tête par un équipement.

Femme médecin interrogeant un patient dans un bureau.Cet impact direct et souvent soudain provoque une accélération du cerveau à l’intérieur du crâne, ce qui endommage d’importantes structures cérébrales. Ces dommages sont à l’origine des symptômes courants des commotions cérébrales, comme les difficultés de concentration et de mémoire. Lorsqu’un athlète suit les protocoles de retour au jeu appropriés, les lésions cérébrales peuvent être de courte durée, se résolvant souvent d’elles-mêmes dans 85 % à 90 % des cas (Thornhill et coll., 2000; Whitnall et coll., 2006). Mais pour une petite proportion d’athlètes, ces dommages peuvent avoir des effets durables sur les activités quotidiennes telles que la fréquentation de l’école ou le travail.

Les axones sont des faisceaux de fibres qui sont responsables de la transmission des informations entre différentes zones du cerveau (Alexander et coll., 2010). Lorsqu’une personne subit une commotion cérébrale, les axones de son cerveau sont endommagés. Les dommages causés aux axones du cerveau sont appelés lésions axonales diffuses (LAD). Les LAD peuvent entraîner des changements dans la structure et la fonction du cerveau (Gardner et coll., 2014; Multani et coll., 2016; Pasternak et coll., 2014) et avoir un effet négatif sur les processus cognitifs tels que l’attention et la mémoire (Hsu et coll., 2015; Czernick et coll., 2015).Commotion cérébrale entraînant des lésions axonales à l'origine d'une altération des fonctions cérébrales et des symptômes associés aux commotions cérébrales.

Les athlètes féminines ont un risque de commotion plus élevé que les athlètes masculins

Les recherches mentionnent que les athlètes féminines peuvent être exposées à un risque accru de commotion cérébrale par rapport aux athlètes masculins. Par exemple, les chercheurs d’une étude ont constaté que le risque de commotion chez les joueuses de soccer est environ 1,8 fois plus élevé que chez les joueurs de soccer (Bretzin et coll., 2021).

Vue arrière d'une jeune fille tenant un ballon de football sur la ligne de touche pendant un match de football, portant un maillot jaune.Les athlètes féminines peuvent être plus à risque de subir une commotion cérébrale que les athlètes masculins, en partie parce qu’elles sont plus vulnérables aux LAD (Rubin et coll., 2018; Sollmann et coll., 2018). En d’autres termes, lorsqu’un axone féminin est exposé à la même force qu’un axone masculin, l’axone féminin est plus susceptible d’être plus endommagé (Dolle et coll., 2018). La raison de ce risque accru de LAD est que les individus féminins ont généralement des axones plus petits et moins de microtubules, par rapport aux individus masculins. Les microtubules sont des microstructures qui soutiennent les axones.

Mais ce n’est pas seulement la structure du cerveau qui contribue au risque accru de commotion cérébrale chez les athlètes féminines. Une diminution de la force du cou et un tour de cou plus petit peuvent également contribuer au risque accru de commotion cérébrale observé chez les athlètes féminines. En effet, une moindre force du cou a été associée à une plus grande accélération de la tête lors d’un impact (Honda et coll., 2018). Avec des muscles du cou plus forts, les athlètes féminines peuvent subir moins de mouvements de la tête lors d’un impact, réduisant ainsi le risque de commotion cérébrale (Honda et coll., 2018).

Étant donné que de multiples facteurs peuvent prédisposer les athlètes féminines aux commotions cérébrales, leurs entraîneurs, formateurs et spécialistes de la réadaptation peuvent envisager les stratégies suivantes de prévention des blessures et de réduction des risques :

La vidéo éducative du SIRC sur le rôle de l’équipement de protection dans la prévention des commotions cérébrales.
  1. Faire un entraînement de force pour les muscles du cou. L’ajout d’un entraînement de force isométrique du cou à la routine d’entraînement d’une athlète féminine peut contribuer à réduire son risque de blessure.
  2. S’assurer que les athlètes portent un casque bien ajusté. Lorsqu’un casque est correctement ajusté, il peut réduire la gravité d’une commotion cérébrale (Greenhill et coll., 2016). Encourager les athlètes féminines à vérifier régulièrement l’ajustement de leur casque, en particulier celles qui changent fréquemment de coiffure (par exemple, passer d’une tresse à un chignon).

Les athlètes masculins et féminins vivent les commotions cérébrales de manière différente

Les LAD causent des dommages à la structure du cerveau, ce qui peut affecter la façon dont les messages sont envoyés d’une zone du cerveau à une autre. Au moins à long terme, les commotions cérébrales semblent avoir un effet sur la connectivité cérébrale des participants masculins et féminins, et par conséquent sur leurs fonctions, de manière différente (Shafi et coll., 2020).

Les recherches ont montré que les participantes ayant subi une commotion cérébrale subissent davantage de changements dans les canaux de communication du cerveau qui soutiennent spécifiquement le comportement dirigé vers un but. En revanche, les hommes ayant subi une commotion cérébrale ont tendance à modifier les canaux de communication du cerveau qui guident le comportement en fonction d’indices provenant de l’environnement interne ou externe.

https://youtu.be/lge-ga3f6hY?t=198
Présentation du Dr Reema Shafi au Symposium canadien annuel de recherche sur les commotions cérébrales 2021 du SIRC.

Qu’est-ce que cela signifie? Bien que les athlètes masculins et féminins puissent éprouver des difficultés après avoir subi une commotion cérébrale, les types de difficultés auxquelles ils sont confrontés peuvent différer selon les parties du cerveau qui sont touchées. Par exemple, les athlètes féminines peuvent avoir des difficultés à effectuer un nouvel exercice parce qu’elles ont du mal à planifier les étapes et/ou à développer les stratégies nécessaires pour le faire.

À l’inverse, les athlètes masculins peuvent avoir des difficultés à effectuer un nouvel exercice parce qu’ils sont incapables de filtrer les éléments de distraction dans leur environnement interne (comme les pensées négatives concernant leur performance) ou externe (comme les encouragements ou le chahut des spectateurs).

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour comprendre comment le sexe biologique influence les commotions cérébrales liées au sport, nous proposons les recommandations suivantes :

  1. Entraîneurs : Tenez compte de la façon dont les différences biologiques (spécifiques au sexe) peuvent avoir une incidence sur l’apprentissage d’un athlète et adaptez vos stratégies d’enseignement en conséquence. Par exemple, lorsque vous travaillez avec une athlète féminine qui a subi une commotion cérébrale, pensez à prévoir du temps supplémentaire pour décomposer une nouvelle compétence ou un exercice lorsqu’elle peut reprendre le sport en toute sécurité.
  2. Spécialistes de la réadaptation : Tenez compte des facteurs internes (par exemple, les changements fonctionnels du cerveau) qui peuvent contribuer aux difficultés d’un athlète après une blessure et travaillez pour adapter leur plan de gestion en conséquence. N’oubliez pas qu’en matière de gestion des commotions cérébrales, une approche individualisée et centrée sur le patient est nécessaire!

Les athlètes féminines ont tendance à prendre plus de temps que les athlètes masculins pour se remettre d’une commotion cérébrale

Les entraîneurs, les formateurs d’équipe et les spécialistes de la réadaptation jouent un rôle essentiel en encourageant un athlète à suivre les protocoles de récupération appropriés. Compte tenu des différences structurelles et fonctionnelles du cerveau des athlètes féminines, il peut être encore plus important d’adopter une approche informée et individualisée de la récupération après une commotion cérébrale.

Une fille assise aux abords du terrain qui regarde les autres jouer au soccerLes recherches mentionnent que les athlètes féminines prennent souvent plus de temps pour se rétablir complètement après une commotion cérébrale par rapport aux athlètes masculins (Covassin et coll., 2018). Ces temps de récupération plus longs peuvent être associés à un fardeau symptomatique plus important (signifiant un plus grand nombre et une plus grande gravité des symptômes) souvent signalé par les athlètes féminines après leur blessure.

Cependant, les temps de récupération plus longs peuvent également être liés à des différences dans le traitement des commotions cérébrales chez les athlètes masculins et féminins. Malheureusement, les recherches mentionnent que par rapport aux athlètes masculins, les athlètes féminines ont environ 1,5 fois moins de chances d’être immédiatement retirées du jeu après une blessure (Bretzin et coll., 2021). Cette variabilité dans les soins immédiats sur la ligne de touche peut également refléter des différences dans les normes de genre dans le sport. Elle souligne également l’importance de tenir compte à la fois du sexe et du genre dans la gestion des commotions cérébrales.

Puisque le processus de retour au jeu sera différent pour toutes les filles, les femmes et les athlètes féminines, il peut être utile d’avoir des données de tests de commotion comme comparaison de base pour aider à évaluer quand l’athlète est prêt à retourner au jeu. Bien qu’ils ne soient pas obligatoires, les tests de base peuvent être utiles car ils permettent aux spécialistes de la réadaptation de déterminer quand un athlète est revenu à son état « en santé » ou « normal » (McCrory et coll., 2017). Sans ces données, il peut être difficile pour le spécialiste en réadaptation de déterminer quand un athlète est revenu à son état avant la blessure ou « en santé », ce qui peut retarder son retour au jeu.

Comment pouvez-vous aider une fille ou une femme dans son retour au jeu?

La première étape pour aider un athlète à retourner au jeu est de reconnaître quand une commotion cérébrale a pu se produire. Il faut ensuite retirer l’athlète du jeu pour qu’il puisse être évalué et commencer le processus de retour au jeu approprié. Tout au long de ce processus :

Fille avec la tête dans les mains

Enfin, il est important de reconnaître que le processus de récupération d’une commotion cérébrale peut être accablant pour une athlète. En fait, la recherche montre que les filles rapportent souvent plus d’émotions négatives (comme la frustration) autour de la récupération d’une commotion cérébrale que les garçons (Claire et coll., 2020). Il est donc essentiel que les entraîneurs, les formateurs d’équipe et les spécialistes de la réadaptation leur apportent un soutien dès le début et tout au long de leur rétablissement (Clair et coll., 2020). Pour aider à soutenir le processus de récupération, les entraîneurs, les formateurs d’équipe et les spécialistes de la réadaptation peuvent :

  1. Informer l’athlète sur ses chances de se rétablir complètement. Il a été démontré que le fait de connaître ses chances de se rétablir complètement a un effet positif sur les résultats de la récupération (Bazarian et coll., 2020).
  2. Répondre aux besoins de l’athlète. Par exemple, lorsque l’athlète a reçu l’autorisation médicale de réintroduire des activités spécifiques au sport dans son entraînement, envisagez de modifier les exercices pour qu’ils soient sans contact et pour favoriser une participation sécuritaire.
  3. Prenez des nouvelles de l’athlète pour voir comment il va, faites-lui savoir qu’il vous manque et rassurez-le en lui disant que sa place dans l’équipe l’attendra dès qu’il pourra reprendre le jeu en toute sécurité. Les contrôles peuvent aider la personne ayant subi une commotion cérébrale à se sentir incluse et à souligner que vous êtes là pour la soutenir (Kita et coll., 2020).

Conclusion et prochaines étapes

La recherche sur les commotions cérébrales impliquant des filles, des femmes et des athlètes féminines s’est considérablement développée au cours de la dernière décennie. Malgré les progrès réalisés, il y a encore du travail à faire. Il s’agit notamment de mieux comprendre les facteurs qui contribuent à augmenter le risque de blessure et les effets à long terme d’une commotion sur la santé et le bien-être des filles, des femmes et des athlètes féminines.

Il est important de se rappeler que chaque athlète aura besoin d’une approche individualisée de la gestion et de la prévention des commotions cérébrales. Alors que les chercheurs et les autres parties prenantes du sport travaillent à rendre le sport plus sûr, les entraîneurs, les formateurs et les spécialistes de la réadaptation peuvent utiliser les recommandations fournies dans cet article pour réduire les risques connus de commotion cérébrale qui semblent être plus fréquents chez les filles, les femmes et les athlètes féminines.

Les effets relatifs de l’âge sont des avantages développementaux dont bénéficient les personnes nées au cours des premiers mois de l’année par rapport à un groupe d’âge né avant une date limite déterminée (Barnsley et coll., 1985). Dans les domaines du sport et de l’éducation, les effets relatifs de l’âge ont tendance à perdurer, et ces avantages cumulatifs peuvent avoir un effet sur le développement global de l’enfant (Murray, 2003). Ce projet de recherche portait sur les avantages cumulatifs que représentent les effets relatifs de l’âge chez les adolescentes canadiens de sexe masculin qui jouent au hockey sur glace à différents niveaux de compétition (c.-à-d. dans des ligues locales et dans des ligues qui compétitionnent sur la route) et visait à : a) évaluer les comportements de leadership et les autres aspects du développement (p. ex. aptitudes personnelles et sociales, fixation de buts) chez les joueurs de hockey canadiens dans le contexte es effets relatifs de l’âge; b) comparer les caractéristiques des joueurs de hockey plus jeunes et plus âgés.

Même s’il y avait beaucoup plus de joueurs compétitionnant sur la route qui étaient nés dans les premiers mois de l’année de référence plutôt que dans les derniers mois, aucune différence notable n’a été constatée dans les comportements de leadership ou les autres incidences sur le développement parmi les joueurs de ces deux types de ligues, quel que soit le quartile de naissance. De plus, il n’y avait aucun lien significatif entre le quartile de naissance et le niveau de compétition et ces incidences. Ces résultats devraient être une source de réconfort pour les administrateurs du sport, compte tenu surtout des rapports montrant de quelle façon les effets relatifs de l’âge se répercutent sur le développement des jeunes dans d’autres contextes, comme l’éducation (p. ex. Cobley et coll., 2009; Dhuey et Lipscomb, 2008). Dans la mesure où la pratique du hockey offre aux adolescents de sexe masculin des chances égales de développer des aptitudes qui sont appréciées en milieu de travail (Kuhn et Weinberger, 2005), cette constatation est réjouissante.

Méthodes de recherche

Des adolescents qui jouaient au hockey dans des ligues locales et des ligues compétitionnant sur la route ont été recrutés lors de tournois dans diverses régions de l’Ontario. Nous leur avons demandé de répondre à un sondage en ligne pour recueillir des données démographiques générales, entre autres la date de naissance, et de répondre aux questionnaires Leadership Scale for Sport (LSS; Chelladurai et Saleh, 1980) et Youth Experience Survey for Sport (YES-S; MacDonald et coll., 2012). Le LSS mesure cinq dimensions du leadership, tandis que le YES-S examine cinq dimensions du développement des jeunes : aptitudes personnelles et sociales, esprit d’initiative, fixation de buts, capacités cognitives et expériences négatives. Les deux échelles s’étaient avérées un modèle adéquat et fiable dans des recherches précédentes portant sur les athlètes adolescents.

Pour déterminer si les effets relatifs de l’âge se faisaient sentir parmi les échantillons de joueurs, nous avons groupé les athlètes selon le quartile de naissance en utilisant la date limite du 31 décembre (préconisée par Hockey Canada). Les athlètes nés en janvier, février et mars faisaient partie du premier quartile (Q1), tandis que le deuxième quartile (Q2) comprenait les athlètes nés en avril, mai et juin, et ainsi de suite. Nous avons effectué un test de validité de l’ajustement par la méthode du chi carré pour déterminer si la répartition des dates de naissance des athlètes masculins jouant au hockey dans des lignes locales ou des lignes compétitionnant sur la route différait sensiblement de ce à quoi nous nous serions attendus pour des joueurs de niveau midget (15 à 17 ans) de l’Ontario Hockey Federation (Hancock et coll., 2013) et la population générale canadienne. L’ampleur de l’effet a été calculée au moyen du coefficient Phi de Cramer et, lorsque c’était nécessaire, les valeurs résiduelles normalisées des valeurs de chi carré importantes ont été calculées post hoc pour déterminer quels quartiles différaient beaucoup de la répartition attendue des dates de naissance.

Enfin, nous avons effectué des analyses de la variance à plusieurs variables afin de déterminer si les résultats obtenus pour les sous-échelles du LSS et du YES-S différaient selon le quartile de naissance. Nous cherchions à comprendre comment l’âge relatif pouvait influer sur les comportements de leadership et le développement des adolescents de sexe masculin jouant au hockey. Lorsque c’était nécessaire, et pour rendre compte des corrélations entre les variables dépendantes du LSS et du YES-S, nous avons fait des analyses de l’importance relative pour établir où les différences notables se retrouvaient.

Résultats de la recherche

Comme ce fut le cas dans les recherches antérieures (p. ex., Hancock et coll., 2013; Montelpare et coll., 2000), nous n’avons trouvé aucune preuve démontrant l’effet relatif de l’âge parmi les adolescents qui jouaient au hockey dans une ligue locale que nous avons sondés (= 453). Même si les résultats de nos analyses de la variance à plusieurs variables ont révélé des différences multivariées importantes entre les quartiles de naissance en rapport avec les dimensions du LSS, les tests post hoc indiquaient que les poids relatifs n’étaient pas statistiquement significatifs. Pour chacune des dimensions du LSS, les quartiles de naissance n’étaient donc pas sensiblement différents. Nous n’avons pas trouvé non plus de différences multivariées importantes entre les quartiles de naissance pour les cinq dimensions du YES-S.

Par contre, nous avons observé une différence importante entre la répartition des naissances des athlètes jouant dans des ligues compétitionnant sur la route (= 259) et ce que nous nous serions attendus à trouver dans la population générale. En effet, un nombre beaucoup plus important de joueurs étaient nés pendant le Q1 et un nombre beaucoup moins important étaient nés pendant le Q4. Ces résultats concordent aussi avec ceux des recherches précédentes (p. ex., Barnsley et Thompson, 1988; Hancock et coll., 2013). Malgré les données démontrant un effet relatif de l’âge chez les athlètes jouant dans des ligues compétitionnant sur la route, aucune différence multivariée notable n’a été observée entre les quartiles de naissance pour les dimensions du LSS ou du YES-S. Enfin, il n’y avait pas de liens entre le quartile de naissance et le niveau de compétition pour les dimensions du LSS et du YES-S.

La prudence est de mise quant à la généralisation des résultats ou à l’absence de résultats. D’abord, la grande majorité des joueurs de notre échantillon sont nés et jouaient au hockey en Ontario, d’où la difficulté de généraliser nos résultats pour les appliquer à d’autres régions géographiques ou à d’autres sports. Ensuite, comme c’est le cas pour tous les sondages volontaires, il est difficile de s’assurer que les participants ont répondu aux questions sur leurs expériences sportives de façon réfléchie et honnête. Enfin, nos résultats risquent d’être quelque peu faussés parce que les athlètes qui ont vécu des expériences négatives pourraient avoir déjà abandonné le sport. Ce n’est pas impossible puisque d’autres chercheurs ont constaté que des athlètes relativement jeunes abandonnaient le sport en raison d’expériences négatives avant ou pendant l’adolescence (p. ex., Helsen et coll., 1998; Lemez et coll., 2014).

Répercussions sur les politiques

À notre connaissance, il s’agit de la première série d’études qui examinent les liens entre l’âge relatif et les comportements de leadership et d’autres incidences sur le développement dans le contexte sportif. Dhuey et Lipscomb (2008) avaient constaté que des élèves adolescents relativement jeunes acquéraient moins d’expériences de leadership avant d’obtenir leur diplôme, mais nos résultats démontrent que l’âge relatif et le niveau de compétition n’influent pas sur les comportements de leadership et d’autres aspects du développement chez les adolescents de sexe masculin qui jouent au hockey sur glace dans des lignes locales ou des ligues compétitionnant sur la route. Ces résultats opposés sont peut-être dus au fait que les entraîneurs et les autres administrateurs du sport développement ces qualités chez tous leurs athlètes, peu importe leur âge relatif. Savoir que les joueurs de ces deux types de ligues ne sont pas (dés)avantagés sur le plan des comportements de leadership ou d’autres aspects du développement en raison de leur âge relatif peut orienter les futures recherches et guider la pratique professionnelle. Dans la mesure où la pratique du hockey offre des chances égales de développer des compétences appréciées en milieu de travail (Kuhn et Weinberger, 2005), il y a lieu de se réjouir de nos résultats. Désormais, les parents, les enseignants et les autres intervenants concernés de l’Ontario devraient songer à encourager la pratique du hockey chez les enfants comme moyen de favoriser le développement positif des jeunes et les comportements de leadership, étant donné que l’âge relatif ne joue pas de rôle négatif dans l’atteinte de ces résultats.

Prochaines étapes

Même si cette étude en arrive à des conclusions qui ne sont ni positives ni négatives, nous croyons que l’âge relatif devrait être examiné dans d’autres études portant sur le développement positif des jeunes dans le contexte sportif pour avoir une analyse plus complète des autres facteurs pouvant influer sur les expériences sportives des jeunes. Nous recommandons notamment que la même étude soit reprise avec des échantillons de joueurs provenant d’autres sports, d’autres niveaux de compétition et des athlètes de sexe féminin, où les modalités de l’âge relatif sont plus équivoques (p. ex. Wattie et coll., 2007; Weir et coll., 2010).

Principaux intervenants et avantages

Une liste des organismes de sport, des administrations gouvernementales (unités, directions générales ou secteurs) et des groupes qui pourraient tirer profit des résultats et décrire ces avantages. Sport Canada diffusera le rapport aux principaux intervenants directement et mentionnera les chercheurs dans la communication.

La Conférence 2017 de l’Initiative de recherche de Sport Canada (Résumé du Transfert des connaissances)

Investigateurs : Jess C. Dixon, Université de Windsor; Sean M. Horton, Université de Windsor; Patricia L. Weir, Université de Windsor; Joe Baker, Université York; Stephen P. Cobley, Université de Sydney

Vidéo de la présentation de la conférence de l’IRSC. (Vidéo en anglais seulement)