Le centre de documentation pour le sport
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Le centre de documentation pour le sport

Il est important de veiller à ce que les terrains de golf soient des lieux accueillants, où les participants se sentent inclus, pour favoriser la participation des femmes au golf. Outre les options d’adhésion flexibles et les trousses d’information contenant des conseils pour les nouveaux membres, les recherches montrent qu’une signalisation directionnelle clairement indiquée et la possibilité d’apprendre la disposition du parcours contribuent à faire des terrains de golf des lieux accueillants pour les femmes.


Points saillants


Signaux = la vérité
Bruit = ce qui nous distrait de la vérité
(Silver, 2015)

Le gouvernement du Canada s’est engagé à atteindre l’égalité des sexes dans le sport à tous les niveaux d’ici 2035. Mais où en sommes-nous dans la réalisation de cet objectif ? Et comment savons-nous où nous en sommes?

Les réponses à ces questions résident dans la capacité à obtenir des données fiables et précises. Ces points de données sont connus sous le nom de « signaux » et ils indiquent où nous nous trouvons sur la voie de la réalisation de l’objectif. Cependant, ces signaux sont souvent étouffés par du « bruit », c’est-à-dire d’autres renseignements qui n’ont que peu de valeur ou qui détournent l’attention de l’objectif initial.

Dans le système sportif, les chercheurs recherchent intentionnellement des signaux concernant les femmes et les filles afin d’évaluer leur avancement dans ce secteur traditionnellement dominé par les hommes. Cependant, ce n’est pas un travail facile, car les signaux doivent être découverts au milieu du bruit. Les signaux et le bruit sont deux variables à la fois indépendantes et coexistantes au sein des systèmes (Wolfe, 2020).

Pour comprendre la présence ou l’absence d’équité entre les sexes au sein du système sportif canadien, il faut chercher des signaux de données fiables dans les domaines qui touchent le système. Où chercher des données fiables? Et comment minimiser le bruit dans le système? Dans cet article, nous examinerons les données dont nous disposons dans certains domaines, où le bruit existe encore, et comment nous pouvons tracer la voie vers la clarté du système.

Signaux, bruit et recherche de clarté

Cette métaphore utile sur les signaux par rapport au bruit a été introduite pour la première fois par Nate Silver, un statisticien américain. C’est le thème de son livre de 2015, The Signal and the Noise : Why so many predications fail – but some don’t (Silver, 2015). M. Silver soutient que la science et la connaissance de soi sont nécessaires pour distinguer les signaux (information véridique) du bruit (information distrayante). C’est en les distinguant que l’on obtiendra de la clarté dans un système riche en données (Silver, 2015; Wolfe, 2020).

Pour illustrer cette métaphore, l’axe des y représente ici un bruit faible à élevé et l’axe des x un signal faible à élevé. Dans le graphique, les deux axes opposés créent quatre quadrants de scénarios d’information possibles.

1. L'obscurité se trouve dans le quadrant supérieur gauche. L'obscurité est synonyme de bruit élevé et de signal faible. 
2. Le mystère est dans le quadrant inférieur gauche. Le mystère est synonyme de faible bruit et de faible signal. 
3. La distraction est dans le quadrant supérieur droit. La distraction est synonyme de bruit élevé et de signal élevé. 
4. La clarté se trouve dans le quadrant inférieur droit. La clarté est synonyme de faible bruit et de signal élevé. 
Adapté de Wolfe, 2020, https://nolongerset.com/signal-vs-noise/
Figure 1 : Quadrants formés par les axes du bruit par rapport aux signaux (image adaptée de Wolfe, 2020).

Dans le quadrant « mystère », le système est caractérisé par un faible bruit et un faible signal. C’est la situation dans laquelle se trouvait le système sportif canadien lorsque l’objectif d’équité entre les sexes d’ici 2035 a été annoncé pour la première fois. Lorsqu’un système est confronté à l’« obscurité » des données, il subit des niveaux élevés de bruit et des signaux faibles. Et, dans un espace de « distraction », il y a beaucoup de bruit et beaucoup de signaux. Les scénarios de distraction sont délicats, car beaucoup de bruit peut créer de la confusion et détourner les individus des signaux importants et précieux qu’ils recherchent.

De façon optimale, le système sportif canadien vise à fonctionner dans le quadrant de la « clarté », où les signaux sont élevés et le bruit est minimal. Ce résultat idéal garantit la disponibilité de signaux vrais ou de données sans bruit. C’est l’objectif du travail de la E-Alliance, un centre de partage des connaissances composé d’universitaires et d’organisations partenaires de tout le Canada. Ils se consacrent à l’équité entre les genres dans le sport et à la clarification de l’équité entre les genres dans le système sportif canadien.

Les femmes et les filles au Canada

Woman in a park, holding a badminton racquet and smiling at the cameraLes signaux élevés pour les informations démographiques proviennent de Statistique Canada et présentent la diversité de la population du Canada. Selon les données du recensement, plus de la moitié de la population canadienne (50,9 %) s’identifie comme étant des femmes (Statistique Canada, 2016). Cette répartition presque égale des sexes est évidente dans les catégories d’âge des enfants : 49 % des enfants de moins de 14 ans sont des filles, et 49 % des adolescents (âgés de 15 à 19 ans) sont également des filles (Statistique Canada, 2021). Un Canadien sur 4 s’identifie comme Noir, peuple autochtone ou personne de couleur, et 1,7 million s’identifie comme Autochtone (Statistique Canada, 2016). De plus, selon les différentes sources de données, entre 3 % et 13 % des Canadiens s’identifient comme LGBTQ+ (lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres ou queers) (Fondation Jasmin Roy, 2017). Sur la base de ces signaux, la population canadienne comprend des individus diversifiés aux identités intersectionnelles.

Mais que savons-nous du nombre de femmes et de filles qui font du sport? Et que savons-nous de la participation des femmes et des filles ayant des identités intersectionnelles? Nous nous penchons ci-dessous sur les signaux de la participation et du leadership des femmes et des filles dans le sport, le rôle des médias sportifs dans la transmission des signaux ou du bruit, et la voie à suivre pour l’équité entre les sexes dans le sport canadien.

Les femmes et les filles dans le sport

Les chercheurs se sont efforcés de fournir de bonnes données ou de bons signaux sur la participation des femmes et des filles au sport. Ce travail cumulatif a permis de dégager des signaux forts sur les taux de participation, les changements et les raisons pour lesquelles les femmes et les filles peuvent être absentes de sport. Nous savons maintenant que le taux de participation des filles au sport chute de 22 % lorsqu’elles entrent dans l’adolescence, ce qui mène à un taux d’abandon d’une fille sur trois qui quitte le sport à l’adolescence (Femmes et sport au Canada, 2020). Ces changements sont encore plus stupéfiants pour les filles ayant une identité intersectionnelle, car les filles autochtones ont le taux de participation le plus bas, soit 24 % seulement (Femmes et sport au Canada, 2020).

Les travaux en cours ont permis de mieux comprendre les raisons complexes pour lesquelles les filles choisissent de quitter le sport. Il s’agit notamment de la socialisation et des attentes liées au genre, du manque de prise en compte des identités sociales, des obstacles structurels et des obstacles psychosociaux (Trussek et coll,. 2020). Un signal fort de la diminution de la participation des filles est apparu récemment dans des travaux révélant comment la COVID-19 a affecté le sport féminin : Une fille sur quatre n’est pas déterminée à reprendre le sport qu’elle pratiquait avant la pandémie (Femmes et sport au Canada, 2021). Imaginez, si vous considérez toutes les filles canadiennes pratiquant un sport à l’échelle nationale, cela équivaut à ce que chaque fille de l’Alberta décide d’arrêter de faire du sport. Une valeur choquante à une époque où le sport est peut-être plus important que jamais.

C’est grâce au travail des chercheurs qui se consacrent à la mise en évidence des signaux relatifs à la participation des filles que nous disposons aujourd’hui de ces informations. Nous pouvons nous en servir pour aller de l’avant et créer des environnements sportifs plus inclusifs et des expériences sportives plus durables pour les filles. Cette recherche continue est essentielle pour combler les lacunes dans les signaux que nous avons sur les filles qui abandonnent le sport.

Quelles sont les prochaines questions de recherche (sans ordre particulier)?
Comment créer un environnement sportif plus inclusif?
1. Relier la recherche aux actions sociales et politiques
2. Réimaginer le sport comme un lieu de transformation
3. Approches intersectionnelles, y compris le genre+, la race, l'ethnicité, les handicaps et les capacités, la classe sociale, l'identité sexuelle.
Figure 2 : Comment créer un environnement sportif plus inclusif? (Trussell et coll., 2020)

Il est important de noter que ce travail donne la priorité à la création d’expériences sportives équitables pour toutes les filles canadiennes. Il s’agit d’un objectif important, car nous savons que celles qui ont des identités intersectionnelles font face à plus d’obstacles à l’inclusion (Centre canadien pour l’éthique dans le sport, 2022).

Les femmes et les filles dans le sport de haut niveau

Pour les athlètes féminines professionnelles, les possibilités de participation ont augmenté au fil du temps. Prenons l’exemple des Jeux olympiques, le plus grand événement sportif du monde, qui ont débuté sans que les femmes aient la possibilité d’y participer. Au fil du temps, la participation des femmes aux Jeux olympiques a connu des hauts et des bas, mais elle a surtout augmenté pour atteindre une quasi-parité entre les sexes aux Jeux d’été de Tokyo 2020.

Pour les Jeux olympiques et paralympiques de 2020, le Canada a envoyé des équipes composées majoritairement de femmes. Plus de la moitié (60 %) de l’équipe olympique canadienne , et 55 % de l’équipe paralympique étaient des athlètes féminines (Comité olympique canadien, 2021a; Comité paralympique canadien, 2021a). Les athlètes féminines ont remporté la majorité des médailles du Canada, soit 75 % des médailles olympiques et 67 % des médailles paralympiques (Comité olympique canadien, 2021b; Comité paralympique canadien, 2021b). Grâce à ces signaux, nous pouvons constater qu’il existe des opportunités à fort enjeu pour les femmes de participer à notre système sportif et que ces athlètes apportent un rendement élevé.

Pour les Jeux olympiques d’hiver de 2022, le Canada a envoyé son équipe la plus égalitaire entre les sexes, avec 106 athlètes féminines et 109 athlètes masculins. Un signal fort de la participation accrue des femmes dans le sport de haut niveau.

Les femmes et les filles dans le leadership sportif

En poursuivant, nous faisons le point sur la façon dont les femmes sont impliquées dans le leadership sportif. Une étude de 2019, portant sur plus de 20 000 personnes dans 11 pays, a révélé que les Canadiens étaient les plus à l’aise avec les femmes aux postes de direction (Vultaggio, 2019). Les résultats du Canada étaient plus élevés que ceux de toute autre nation interrogée, puisque 53 % des hommes et 65 % des femmes ont déclaré être à l’aise avec les femmes dans des postes de direction (Vultaggio, 2019).

Comment cela se traduit-il dans le système sportif canadien? Si nous revenons aux Jeux olympiques et paralympiques de 2020, nous constatons que 47 % des entraîneurs paralympiques et 17 % des entraîneurs olympiques étaient des femmes (Comité paralympique canadien, 2021c; E-Alliance, 2021). Ces résultats sont similaires à la représentation observée dans les sports universitaires et collégiaux, où la majorité des entraîneurs sont des hommes (Femmes et sport au Canada, 2020). La seule exception concerne les postes d’entraîneurs adjoints pour les équipes sportives féminines, où le nombre de femmes entraîneurs est légèrement supérieur à celui des hommes (Femmes et sport au Canada, 2020). Des travaux récents ont également montré que l’écrasante majorité des entraîneurs de notre système universitaire sont de race blanche (Joseph et coll., 2021).

Diagramme à barres illustrant le pourcentage d'entraîneurs hommes et femmes dans les sports universitaires et l'ACSC.
Dans le sport masculin, les femmes représentent 3 % des entraîneurs principaux et 5 % des entraîneurs adjoints.
Dans le sport féminin, les femmes représentent 26 % des entraîneurs principaux et 51 % des entraîneurs adjoints.
Dans le sport mixte, les femmes représentent 18 % des entraîneurs principaux et 34 % des entraîneurs adjoints.
Figure 3 : Écart entre les genres dans le domaine de l’entraînement dans les universités et collèges canadiens (Femmes et sport au Canada, 2020).

Ce pourcentage écrasant d’entraîneurs masculins n’est pas un signe de capacité. Des recherches retraçant les performances des entraîneurs de basketball suggèrent qu’il n’y a pas d’écart entre les genres pour gagner des matchs. En d’autres termes, si les hommes ne sont pas plus compétents, ils occupent tout de même la majorité des postes d’entraîneur (Darvin, Pegoraro et Berri, 2018).

En dehors de l’entraînement, nous pouvons également examiner la composition des conseils d’administration afin d’identifier les personnes qui dirigent et supervisent les organismes de sport canadiens. En examinant la composition et le leadership des conseils d’administration des organismes de sport, on constate que le nombre de femmes au sein de ces conseils est en augmentation, avec une représentation estimée actuellement à 41 % (Femmes et sport au Canada, 2022). Cette valeur est encourageante. Après tout, il faut que 30 % des membres d’un conseil d’administration soient issus de groupes diversifiés pour que des changements vers l’égalité se produisent (Tepper, Brown et Hunt, 1993). Fait important, les conseils d’administration où l’égalité des sexes est respectée sont associés à des revenus plus élevés et à davantage de ressources financières (Wicker et Kerwin, 2020).

D'après les statistiques sur la représentation au sein des conseils d'administration, par rapport à 2021, le nombre de femmes membres de conseils d'administration a augmenté d'un point dans tous les sports (41 % maintenant). Cette augmentation d'un point s'est produite dans les organismes nationaux de sport (ONS, maintenant 38 %) et les organismes de services multisports (OSM, 49 %), tandis que les instituts canadiens de sport (ICS, maintenant 41 %) ont connu une diminution.
Par rapport à 2021, le nombre de présidents de conseil d'administration qui s'identifient comme des femmes a augmenté de 10 points dans l'ensemble du sport (38 %). Alors que des augmentations ont été signalées dans les conseils d'administration des ONS (hausse de 11 points à 39 % avec une femme présidente) et des OSM (hausse de 14 points à 32 % avec une femme présidente), une baisse de 14 points a été enregistrée dans les ICS (43 % avec une femme présidente).
Nous célébrons le fait que trois personnes non binaires occupent des sièges dans des conseils d'administration de sociétés sportives, ce qui correspond à peu près aux mesures de la population canadienne. C'est la première fois que cela nous est signalé.
Figure 4 : Représentation des femmes en tant que membres du conseil d’administration et dirigeantes (Femmes et sport au Canada, 2022).

Le rôle des médias sportifs dans l’établissement de signaux ou de bruit

À partir de ces signaux, nous nous interrogeons sur la façon dont les médias représentent les femmes dans le sport, en nous demandant si les médias sportifs canadiens reflètent la participation des femmes et des filles au sport. Il ne fait aucun doute que les médias sportifs canadiens ne représentent pas fidèlement les athlètes féminines et qu’ils constituent un système bruyant. On peut soutenir que les médias sportifs canadiens peuvent être étiquetés comme un système de distraction, décrit par ses niveaux élevés de bruit et de signaux.

Nous menons actuellement une recherche longitudinale sur la couverture médiatique du sport dans la presse écrite et en ligne au Canada. Bien que les données n’aient pas encore été publiées, les résultats préliminaires montrent que 92,6 % du contenu est uniquement lié à la couverture du sport masculin. Cependant, des recherches concomitantes démontrent que les Canadiens veulent regarder du contenu sportif féminin. Mais ils ne trouvent pas d’endroit où le regarder, bien que 61 % des filles (âgées de 13 à 18 ans), 54 % des femmes et 45 % des hommes souhaitent que davantage de contenu sportif féminin soit disponible à la télévision et sur les plateformes en ligne (Femmes et sport au Canada, 2020).

Et lorsque le sport féminin est diffusé au Canada, les records d’audience sont systématiquement battus. Cela démontre la demande des consommateurs. Lors du plus récent match de championnat féminin simple de l’US Open, 1,1 million de Canadiens ont syntonisé TSN pour regarder le match entre Emma Raducanu et Leylah Fernandez (Dunk, 2021). Il s’agit d’un nombre de téléspectateurs plus élevé que pour le match de la LCF et le match des Blue Jays de Toronto qui ont été diffusés au même moment (Dunk, 2021). Sur ESPN aux États-Unis, le match a attiré 3,7 millions de téléspectateurs, une valeur supérieure aux 2,7 millions qui ont suivi le match des hommes (Reuters, 2021). De plus, au Royaume-Uni (pays d’origine d’Emma Raducanu), le match a été regardé par 9,2 millions de personnes sur Prime Video d’Amazon, ce qui prouve que le sport féminin est regardé sur toutes les plateformes (Reuters, 2021).

Two school-aged girls on smartphones while walking and wearing backpacks.Et qu’est-il advenu de l’audience personnelle de ces athlètes sur les plateformes de médias sociaux à la suite de la finale? Les deux athlètes ont accumulé un nombre considérable d’abonnés sur leurs profils de médias sociaux, Raducanu gagnant 363 300 et 1,2 million de nouveaux abonnés sur Twitter et Instagram, respectivement. Leylah Fernandez a enregistré des gains tout aussi impressionnants de 72 000 sur Twitter et de 250 000 sur Instagram, malgré sa deuxième place derrière Raducanu (Shitole, 2021; Akabas, 2021). Ces signaux forts suggèrent que le public canadien est à la fois intéressé à regarder les athlètes féminines et à continuer à les suivre et à s’engager avec elles après les matchs. 

Au Canada, l’exemple le plus récent de soutien monumental aux athlètes féminines est sans doute celui du match de soccer pour la médaille d’or des femmes lors des Jeux olympiques de 2020. Ce match a attiré 4,4 millions de téléspectateurs, soit une audience de près de 12 % des Canadiens (CBC Sports, 2021). Pour mettre cela en perspective, beaucoup plus de Canadiens ont regardé l’équipe de soccer féminine remporter l’or que la finale de la Coupe Stanley de 2021, qui n’a attiré que 3,6 millions de téléspectateurs (Tirabassi, 2021). Ces preuves constituent un signal fort pour le sport féminin et le désir des Canadiens de voir des athlètes féminines participer à des compétitions.

Pourquoi cet écart entre la couverture médiatique du sport et l’intérêt des consommateurs pour les athlètes féminines est-il si important? Si les médias ne nous disent pas « ce qu’il faut penser », ils nous disent « à quoi il faut penser ». Et aujourd’hui, nos diffuseurs sportifs nous disent de penser beaucoup au sport masculin.

Malgré ce climat actuel, il y a un élément perturbateur potentiel dans le système. En 2020, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes, CBC Sports a annoncé qu’elle s’engageait à couvrir le sport en fonction du sexe sur toutes ses plateformes (Butler, 2020). À l’époque, Chris Wilson, directeur général des sports et des Jeux olympiques de la CBC, a déclaré que la CBC s’engageait « à offrir au public des chances égales de voir, de lire au sujet, de rencontrer et d’entendre des héros sportifs féminins ». À l’époque, l’athlète olympique Jennifer Heil a fait remarquer que ce changement pourrait contribuer à garder plus de femmes et de filles dans le sport (Butler, 2020). Maintenant, nous devons suivre cet engagement et, espérons-le, ajouter plus de signaux que de bruit à l’environnement médiatique sportif canadien.

La voie à suivre

Group of businesswomen in a meetingDans cet article, nous résumons l’état actuel des signaux et du bruit dans le système sportif canadien autour de l’objectif fédéral d’équité entre les sexes d’ici 2035. Que savons-nous? Que nous avons encore un long chemin à parcourir. Bien que nous soyons proches dans certains domaines (comme la composition des conseils d’administration), lorsque nous creusons davantage dans les chiffres pour obtenir un véritable signal, nous constatons qu’il y a autant de conseils d’administration qui obtiennent des notes élevées que d’autres qui obtiennent des notes faibles en matière d’équité entre les sexes.

Il en va de même pour les cadres supérieurs de ces organisations. Si de nombreuses organisations obtiennent de bons résultats en termes d’équité entre les sexes, un nombre presque égal d’entre elles obtiennent de mauvais résultats, les femmes occupant moins de 24 % des postes de direction.

La prévalence continue de signaux faibles et de bruits forts dans le système est la raison pour laquelle Sport Canada a créé E-Alliance. Sa mission est de « fournir un leadership éclairé et crédible, et de générer une base de données probantes pour soutenir l’équité entre les sexes dans le sport par le biais d’activités de recherche novatrices, transparentes et durables, de la conservation de données, de la création de réseaux et de partenariats, afin de susciter un changement de comportement pancanadien ». Le programme de recherche initial de l’E-Alliance tourne autour de quatre piliers :

  1. Données longitudinales sur la participation et le leadership
  2. Évaluation des programmes et des interventions
  3. Nature de l’expérience des femmes et des filles dans le sport
  4. Transformation du système pour atteindre l’objectif d’équité entre les sexes

Pour faire progresser l’équité entre les sexes dans le sport, il est essentiel que davantage d’études et de travaux longitudinaux examinent les expériences vécues par toutes les femmes et les filles dans le sport. Plus précisément, il faut donner la priorité à la recherche axée sur les femmes et les filles ayant des identités croisées, afin que tous les Canadiens puissent profiter des bienfaits du sport. Nous devons continuer à suivre l’effet de la pandémie mondiale sur la pratique du sport et nous assurer que le sport se reconstruit de manière équitable pour les deux sexes. Cela permettra de s’assurer que les gains réalisés avant la pandémie ne seront pas perdus et que les femmes et les jeunes filles ne seront pas davantage pénalisées.

À propos d’E-Alliance

E-Alliance est un centre de partage des connaissances consacré à l’équité entre les genres et le sport. Elle est composée d’universitaires et d’organisations partenaires de tout le Canada. L’E-Alliance est dirigée par 3 co-directrices : Gretchen Kerr, Ph.D. (Université de Toronto), Guylaine Demers, Ph.D. (Université Laval) et Ann Pegoraro, Ph.D. (Université de Guelph).

E-Alliance s’efforce :

Crédit photo: Conestoga College Condors Athletics


Points saillants


Toute personne impliquée dans le sport sait que la confiance est essentielle. Que l’on soit entraîneur, athlète ou participant, l’importance (et la fragilité) de la confiance ne peut être négligée.

La nature vitale et ténue de la confiance signifie que des mesures doivent être prises pour préserver la confiance des entraîneuses racisées, qui sont parfois les « seules » de leur organisation. Elles sont confrontées à l’isolement et à l’altérité qui peuvent nuire à leur confiance et à leur bien-être.

Il est démontré que les mentorats améliorent la confiance des athlètes racisés (Brandon, 2012) et des entraîneuses (Allen et Reid, 2019). Pourtant, aucune recherche actuelle ne détaille les avantages pour les entraîneuses noires au Canada. Le présent article s’appuie sur des recherches antérieures (Joseph et McKenzie, 2022; Joseph, McKenzie et Brown, 2021; Joseph, Razack et McKenzie, 2021) portant sur les obstacles rencontrés par les entraîneurs racisés au Canada et sur leur résilience.

Nous partageons ici nos conclusions sur l’importance de l’acquisition de connaissances et du développement de la confiance des entraîneurs sportifs qui s’identifient comme des femmes noires. Nous proposons également des pratiques exemplaires pour optimiser l’arrivée et la fidélisation des entraîneuses (racisées) dans le sport.

Race, genre et confiance dans l’entraînement

Les entraîneurs sportifs ont pour objectif de donner confiance à leurs athlètes. Les entraîneurs ont besoin de la confiance en soi pour optimiser le soutien qu’ils peuvent apporter. À cette fin, la confiance figure parmi les concepts psychologiques les plus influents et les plus étudiés (Machida et coll., 2017).

Il a été démontré que la confiance est associée à de nombreux attributs et résultats positifs, notamment l’orientation vers un objectif (Vosloo et coll., 2009), une anxiété cognitive et physiologique moindre (Cresswell et Hodge, 2004) et, en fin de compte, une performance optimisée (Moritz et coll., 2000). L’amélioration de la confiance en soi a été identifiée comme une composante essentielle de la performance sportive pour les athlètes, cependant, les entraîneurs doivent également avoir confiance en eux.

Entraîneur en chef Tara Mrakic, Flag Football féminin du ollège Vanier. Crédit photo : Vanier College Athletics.

Étant donné que la confiance en soi et les performances des entraîneurs sont des éléments importants de la confiance en soi et des performances des athlètes, les programmes qui soutiennent les entraîneurs peuvent être essentiels au succès de toute une organisation sportive. La confiance en soi de l’entraîneur peut se développer grâce au soutien social et au confort environnemental. Cela peut être plus difficile à réaliser pour les entraîneuses noires, compte tenu du racisme et du sexisme dans le sport (Fielding-Lloyd et Mean, 2011; Joseph, Razack et McKenzie, 2021).

Aux États-Unis, on a constaté que le racisme lié au genre influence l’accès, les possibilités, le maintien en poste, la promotion et les expériences générales des femmes racisées, en particulier dans les rôles de leadership sportif (Cunningham et coll., 2021; Nesseler et coll., 2021). Cet ensemble de recherches souligne l’importance d’offrir davantage d’occasions aux femmes racisées de devenir entraîneuses, afin qu’elles puissent apprendre des autres qui partagent leur expérience. Et aussi pour qu’elles puissent influencer davantage de femmes à se lancer dans le coaching et à y rester.

Il y a peu de recherches sur les intersections de la race, du genre et de la confiance dans le milieu des entraîneurs canadiens. Les quelques recherches effectuées montrent que le leadership des entraîneurs est principalement blanc et masculin dans le sport universitaire de l’Ontario (SUO) (Joseph, Razack et McKenzie, 2021). Par exemple, seulement 22 % des entraîneurs des SUO qui ont répondu à un sondage se sont identifiés comme étant racialisés (Joseph, Razack et McKenzie, 2021, p. 8). Une autre étude sur le sport universitaire au Canada a montré que seulement 17 % des entraîneurs en chef et 22 % des entraîneurs adjoints s’identifiaient comme des femmes (Donnelly, Norman et Kidd, 2013).

La principale conclusion est qu’il reste du travail à faire pour rendre l’entraînement sportif canadien plus équitable et plus diversifié, de la base au haut niveau. Les programmes de mentorat peuvent servir de tampon contre les normes culturelles et les inégalités sociales qui affectent la confiance des intervenants sportifs sous-représentés, comme les femmes et les personnes de couleur.

Recherche avec le programme de mentorat des entraîneuses noires

Le mentorat est conçu pour améliorer le recrutement, le maintien en poste et la promotion des entraîneurs dans le sport en améliorant leurs compétences, leur confort et leur confiance. En 2020, le Programme de mentorat des entraîneuses noires (PMEN) a été lancé afin de combler le manque de mentorat pour les entraîneuses noires au Canada. Nous avons cherché à mieux comprendre les expériences des entraîneuses noires par le biais d’une recherche sur le PMEN.

Dans le cadre de cette recherche, nous avons observé trois séances de mentorat et mené des entrevues semi-structurées en tête-à-tête avec 15 des 27 mentors et mentorés inauguraux. L’un de nos objectifs était de déterminer le rôle du mentorat dans le renforcement de la confiance des entraîneuses noires.

En tant que seule entraîneuse ou seul entraîneur racisé dans leur organisme, la plupart des participants au PMEN ont décrit leur sentiment de solitude et leur incapacité à établir des liens profonds avec les autres entraîneurs de leur organisme. Cependant, il existe des dizaines d’entraîneuses noires qui partagent leurs expériences au sein de nombreux organismes sportifs dans toutes les provinces. Et il existe un potentiel important pour les entraîneurs d’apprendre les uns des autres. Elles avaient simplement besoin d’une occasion de se rencontrer.

Les entraîneurs ont rejoint le PMEN dans le but de créer un réseau avec d’autres personnes de leur origine raciale et de leur sexe. Un résultat inattendu pour de nombreux participants a été l’étendue des connaissances qu’ils ont acquises en interagissant avec d’autres entraîneurs. Même les mentors expérimentés ont appris des mentorés. Les connaissances sur l’autogestion de la santé, la gestion du racisme et du sexisme, et la compréhension du fonctionnement des systèmes sportifs étaient indispensables pour améliorer leur entraînement.

Un autre domaine d’apprentissage essentiel était le renforcement de la confiance en soi. En raison de la discrimination à laquelle ils avaient été confrontés auparavant, certains entraîneurs doutaient de leurs compétences, de leurs capacités, de leurs décisions et même de leur valeur personnelle. En voyant d’autres personnes qui ont réussi dans des situations similaires, les entraîneurs du PMEN ont pu passer de la défiance à la confiance.

Les trois thèmes principaux de nos conclusions (amitié, apprentissage et prise de parole) soulignent l’importance de développer les connaissances et la confiance dans les communautés de femmes noires.

Thème 1 : L’amitié

De nombreuses participantes au PMEN ont peu d’entraîneurs sportifs dans leur communauté qui leur ressemblent. Les mentors et les mentorées ont déclaré que le fait d’apprendre à travers les expériences d’autres femmes noires a été le plus grand stimulant pour leur confiance. Ces apprentissages vont des meilleures pratiques d’entraînement aux techniques de communication, en passant par la coiffure et le partage de recettes maison.

« Le meilleur moment a été de tisser des liens avec des femmes qui me ressemblent, d’apprendre les meilleures pratiques et de célébrer les réalisations de chacune. »

– la mentore, Tiffany

La mentorée Nika a exprimé un sentiment similaire : « C’était très intéressant de connaître les expériences des autres. Je me suis rendu compte que beaucoup de choses que j’ai ressenties sont ressenties par tout le monde dans ce groupe. Lors des appels, je voyais des filles avec des bonnets. Je voyais des filles avec des tresses. Nous parlions de comment faire un fufu. Il y avait de bonnes connexions entre nous. Ensuite, nous avions une mentore qui nous parlait de ce que c’est que d’avoir deux enfants et d’être une entraîneuse à succès. »

Les participantes ont eu le sentiment d’apprendre à connaître d’autres femmes grâce au pouvoir de la narration. Par exemple, la mentore Jolene et la mentorée Ella se sont toutes deux épanouies parce que le programme était l’une des premières occasions qu’elles avaient eues d’entrer en contact avec d’autres entraîneuses noires pour soutenir leur apprentissage. Elles ont souligné le soutien interpersonnel obtenu grâce au mentorat individuel et de groupe. Par exemple, Jolene a mentionné :

« J’ai adoré rencontrer mes mentorées parce que nous avons pu discuter amplement et nous plonger dans la compréhension de qui elles sont, non seulement en tant qu’entraîneuses mais aussi en tant que personne. Je leur ai donné une vue objective des situations qu’elles traversent et en leur donnant un regard différent. J’ai adoré passer par là avec mes mentorées et elles m’ont beaucoup appris en retour. »

– la mentore, Jolene

Ella a noté : « La meilleure partie du programme pour moi a été la conversation et le mentorat que j’ai eus avec ma mentore. Les sessions mensuelles m’ont donné l’occasion de renouer avec les autres mentorées et de voir comment elles allaient. » Le fait de connaître les mentorées « en tant que personne » et d’avoir régulièrement « l’occasion de renouer le contact » était essentiel au succès du programme.

En réfléchissant, en établissant des liens et en offrant des conseils, les mentors et les mentorées peuvent se transmettre des connaissances. Les sessions réservées aux mentors faisaient partie de la formation au programme de mentorat. Mais Ariel a mentionné que les mentorées auraient aimé « une meilleure opportunité de se connecter avec d’autres mentorées pour socialiser par nous-mêmes lors d’un appel sur Zoom et nous poser des questions et apprendre à nous connaître à notre manière. »

L’importance des espaces de rencontre ne peut être sous-estimée. La lutte contre la solitude est un moyen essentiel de renforcer la confiance en soi. Apprendre à connaître les autres permet d’apprendre à se connaître soi-même.

Mesures de suivi pour les formateurs d’entraîneurs et les administrateurs sportifs :

  • Promouvoir des moyens pour les entraîneurs en chef, les entraîneurs adjoints et les entraîneurs en herbe de se parler et de se rencontrer.
  • Mettre en relation des entraîneurs internationaux avec un mentor qui partage certaines de leurs expériences
  • Créer des sessions réservées aux mentors et des sessions réservées aux mentors afin d’encourager les personnes à entrer en contact les unes avec les autres.

Thème 2 : Apprentissage

Les participants au PMEN ont discuté de la façon dont leur confiance en eux s’est accrue grâce à l’apprentissage. Beaucoup s’attendaient à ce que le programme leur permette d’approfondir leurs connaissances des tactiques et techniques d’entraînement. Au lieu de cela, elles ont été surprises d’apprendre un large éventail de compétences non techniques autodirigées, éléments importants du développement professionnel (DP).

« Parce que ma mentorée pratiquait mon sport, je me suis dit : Ouf, ça va être technique, mais ça ne l’était pas du tout. Cela s’est transformé en un exercice de développement personnel, en dehors de l’activité technique proprement dite consistant à entraîner un événement et à rédiger des séances d’entraînement. Il y a tellement de choses au-delà du développement personnel, de la perspective personnelle, de la confiance en soi. »

– la mentore, Lisa

La compétence que Jolene a enseignée et renforcée avec ses mentorées est le dialogue positif avec soi-même. « Je leur ai appris à s’assurer qu’elles réfléchissent à leur discours sur elles-mêmes car, en tant que femmes noires, nous avons souvent des pensées autodépréciatives. Et cela m’a poussée à me valider. À quelle fréquence est-ce que je vérifie, comment je pense à moi ou comment je me parle à moi-même? » 

Il peut être difficile de surmonter les obstacles liés à l’obtention du statut d’entraîneur certifié. Le processus peut également être coûteux et déroutant. Sarah croit que les entraîneuses noires peuvent être découragées par le processus complexe du Programme national de certification des entraîneurs (PNCE). Cependant, elle suggère le mentorat comme moyen de gagner en confort et en confiance. « J’avais besoin de comprendre un peu mieux le processus du PNCE et la façon dont on obtient les niveaux, et je sais que d’autres femmes étaient plus à l’aise avec cela parce qu’elles avaient probablement fait le travail d’encadrement. J’ai travaillé avec une mentore pour me sentir plus à l’aise avec le processus. »

Lorsque les règles et les pratiques sont déroutantes pour certaines personnes extérieures, une discrimination systémique peut s’ensuivre. Hauck (2020) a constaté que le PNCE est intrinsèquement raciste, car les politiques inéquitables, notamment les formations coûteuses, l’éducation sur place et les sites Web compliqués, désavantagent certains excellents entraîneurs autochtones qui ne savent pas comment le système fonctionne. Le mentorat est un moyen d’aider à surmonter les obstacles à l’entrée dans le métier d’entraîneur que représente le manque de certification. Les mentors et les mentorées ont noté que les sessions formelles de DP et les conversations informelles de DP étaient une partie importante du programme qui a augmenté l’apprentissage et la compréhension des entraîneurs.

« Le PMEN m’a énormément changée grâce aux merveilleuses conversations que j’ai eues avec les mentorées et les mentors, car cela m’a permis de mieux me comprendre et de mieux appréhender le monde et la perception du monde envers les femmes noires dans le sport. Grâce à leur mentorat, elles m’ont assuré de grandes paroles de sagesse sur la façon de s’attaquer aux perceptions négatives et de tirer parti de mon identité de femme noire dans le sport pour franchir les portes de l’opportunité. »

– la mentorée, Ella

Les participants aux programmes de mentorat bénéficient clairement d’un large éventail de connaissances sur elles-mêmes, sur les processus et sur la manière de naviguer dans le racisme et le sexisme dans le sport. Tous ces éléments sont des aspects importants de l’encadrement et de la confiance en soi.

Mesures de suivi pour les formateurs d’entraîneurs et les administrateurs sportifs :

  • Inviter les entraîneurs à suivre une formation sur les aspects formels et informels du travail, en reconnaissant ouvertement que la race et le genre sont des facteurs à prendre en compte dans le domaine de l’entraînement.
  • Inclure dans la formation des concepts psychologiques tels que le dialogue avec soi-même en tant que compétence d’entraînement essentielle.

Thème 3 : Prendre la parole et parler en public

Les participantes se sont soutenues mutuellement en proposant des stratégies pour améliorer leurs expériences et leur représentation en tant qu’expertes averties. La mentorée Nika a discuté de la façon dont les femmes noires peuvent être cloisonnées dans la société :

« Nous avons parlé de créer plus d’espaces pour que les groupes minoritaires puissent s’exprimer, et pas seulement sur des sujets comme Black Lives Matter. Il y a tellement de connaissances que nous avons, que j’ai l’impression que nous sommes en quelque sorte enfermées. Vous ne me contactez que pour ce travail de lutte contre le racisme. Ce n’est pas pour les autres choses sur lesquelles j’ai des connaissances. En un sens, le mentorat a renforcé mon estime de soi. J’ai appris à rester fidèle à moi-même, à me tenir à ma place et à me défendre davantage. »

– la mentorée, Nika

Nika pense que si davantage d’entraîneuses noires sont invitées à partager leurs connaissances, elles seront mieux perçues par la communauté sportive au sens large. Pour les entraîneuses noires, être entendues et vues en public signifie qu’elles peuvent être des modèles pour les autres. Lorsque les femmes noires sont les seules dans leur organisation et qu’elles doutent d’elles-mêmes, elles peuvent considérer leur inclusion comme un geste symbolique. Lorsqu’elles sont confiantes, elles considèrent leur inclusion comme méritée et comme une opportunité pour la prochaine génération de coachs d’imaginer leur propre potentiel et leur future inclusion. Cela correspond à ce que la mentore Jolene a déclaré :

« J’ai transformé l’idée du symbolisme en une chance pour moi de m’ouvrir en tant que représentation, un reflet de celles qui ont peut-être besoin de moi dans cet espace pour savoir qu’elles aussi peuvent occuper cet espace et y être confiantes. Jouer au niveau national et entraîner au niveau provincial donne à ces enfants qui me regardent une chance de penser que j’ai aussi ma place ici. Le voir, le croire, le réaliser. »

– la mentore, Jolene

Nora mentionne l’avantage que lui a procuré le programme en lui permettant de parler franchement des expériences des entraîneurs de femmes noires, car elle a enfin compris que sa situation n’était pas unique. Elle dispose désormais d’un réseau de personnes qu’elle peut utiliser pour valider son approche :

J’étais stressée et je me disais : Comment dois-je faire? Je me demandais si les gens comprenaient. Lorsqu’il s’agissait d’un homme, je me demandais s’il allait mal le prendre à cause de ma race ou parce que j’étais une femme. Je me posais toujours des questions. Mais maintenant, j’ai la confiance nécessaire pour imprégner cette idée sur quelqu’un d’autre, ou demander à un entraîneur ou à une autre femme qui pourrait avoir vécu la même chose et obtenir son point de vue. Je me sens plus à l’aise pour attaquer ces situations et cela me donne plus d’assurance. Maintenant, je m’élève contre certaines choses. Je parle davantage de mes passions et des choses auxquelles je crois.

Grâce au programme, les entraîneuses ont renforcé leur confiance en elles pour s’exprimer et parler de leurs expériences communes. Elles en sont venues à comprendre les avantages d’être vues et entendues.

Mesures de suivi pour les formateurs d’entraîneurs et les administrateurs sportifs :

  • Encourager un partage honnête des expériences de racisme et de sexisme, et des stratégies de changement.
  • Donner l’occasion aux entraîneuses noires de s’exprimer publiquement sur une série de sujets.

Conseils pratiques pour mettre la recherche en pratique

  1. Des espaces plus sûrs : Créer des espaces plus sûrs qui favorisent l’appartenance et la communauté, en particulier chez les femmes racisées, compte tenu de l’isolement et de l’altérité auxquels elles sont sujettes et qu’elles subissent. Les possibilités d’échange de connaissances peuvent prévenir la perte de grands talents et stimuler les performances de pointe et la rétention.
  2. Parrainage : Offrir des opportunités de développement professionnel et de certification des entraîneurs, en aidant les entraîneurs à surmonter les défis financiers et systémiques pour devenir un entraîneur certifié. Des séances d’information et des discussions sur la façon de naviguer dans les processus de certification sont essentielles, surtout si l’objectif est de promouvoir l’équité et l’inclusion.
  3. Plateforme de dialogue : Fournir une plateforme aux entraîneuses racisées pour qu’elles puissent s’exprimer sur divers sujets à l’intérieur et à l’extérieur du sport. Les entraîneuses noires sont capables d’être des expertes en la matière sur des sujets autres que l’antiracisme ou le sexisme. Le fait de disposer d’un espace permettant de s’engager sur de nombreux sujets renforce la confiance des entraîneuses, tant sur le plan personnel que professionnel, et montre que les organisations accordent de l’importance à leur voix.

Les programmes de mentorat offrent aux entraîneuses noires un guichet unique : un espace sûr, un parrainage et une plateforme pour dialoguer et délibérer. Tous ces facteurs contribuent grandement à renforcer la confiance des entraîneuses. Et le fait de les rendre disponibles par le biais du mentorat est une victoire pour tous les intervenants concernés.

Conclusion

« Ce que ça a fait pour moi? Je ne peux pas le mettre en mots. C’est incroyable; un programme incroyable. »

– la mentorée Nora, basketball

La mentore de la femme noire « va au-delà de l’objectif institutionnel de promouvoir uniquement la croissance cognitive et se concentre sur le bien-être socio-émotionnel en comprenant la marginalisation et l’invisibilité auxquelles les femmes noires sont confrontées » (Greene, 2020, p. 2). Grâce au mentorat, le développement de relations entre les femmes noires peut nourrir la confiance en soi afin de mieux les positionner pour naviguer dans la société. Si le sport doit être plus équitable, féministe et antiraciste, alors l’augmentation des possibilités de développer la confiance et les relations doit être un point central.

Sur la base de leur expérience vécue, les participantes ont compris les effets profonds du racisme et du sexisme dans le sport. Grâce à leurs conversations, les participantes ont acquis des connaissances sur la manière de faire face aux traumatismes et à la douleur en prenant soin d’elles-mêmes et en ayant confiance en elles, sur la manière de conceptualiser leurs objectifs et leurs ambitions et sur la manière de résister aux systèmes de domination. Ayant obtenu ces connaissances combinées, elles peuvent aider à combler le fossé entre la théorie antiraciste et féministe d’une part, et les pratiques vécues, les habitudes de parole et les manières d’occuper l’espace dans l’entraînement sportif d’autre part.

Le mentorat offre une méthodologie pour développer la confiance des entraîneuses noires, en favorisant la croissance professionnelle et personnelle par des moyens formels et informels. Les programmes de mentorat spécifiques à la race et au genre protègent et favorisent la confiance des entraîneuses racisées, en cultivant une performance optimale tant chez les athlètes que chez les entraîneurs.

Cela fait presque un quart de siècle que le hockey sur glace féminin a fait ses débuts aux Jeux olympiques de Nagano, au Japon. Malgré une défaite crève-cœur de l’équipe canadienne en finale de la première compétition olympique de hockey féminin, il s’agissait d’un grand pas en avant pour le hockey féminin sur la scène internationale. Depuis, le Canada s’est imposé comme une puissance du hockey féminin, se qualifiant pour toutes les finales olympiques à ce jour et remportant cinq médailles d’or (2002, 2006, 2010, 2014, 2022).

Mais qu’est-ce qui stimule la participation au hockey féminin? Malgré les succès récents de notre équipe nationale de hockey féminin à Beijing, le fait est que les femmes représentent moins de 20 % des joueurs au Canada. Pour maintenir notre statut de leader mondial et continuer de promouvoir notre sport national, nous devons mieux comprendre les motivations et les facteurs qui influencent la participation féminine au hockey.

À cette fin, nous avons mené une étude sur les hockeyeuses québécoises avec le soutien d’une subvention de jumelage chercheurs-praticiens due SIRC. Nous avons reçu des réponses de 290 femmes suite à un sondage et avons interviewé 10 de ces répondantes qui étaient impliquées dans différents niveaux de hockey. Dans ce billet de blogue, nous vous dressons un aperçu des résultats en discutant de ce qui motive les femmes du Québec à jouer au hockey, des facteurs qui stimulent ou limitent leur participation, et des solutions possibles pour augmenter le nombre de joueuses au hockey.

Obstacles à la participation des filles et des femmes au hockey au Québec

En 2021, on rapporte que l’Ontario comptait 8 fois plus de filles dans ses équipes de hockey que le Québec. Les inscriptions de filles représentent 21 % de toutes les inscriptions en Ontario, alors qu’elles représentent qu’environ 10 % au Québec. Une des raisons possibles de cet écart est que le hockey est plus difficile d’accès pour les filles et les femmes au Québec.

Au Québec, il est fréquent de voir évoluer avec des garçons les jeunes filles qui veulent atteindre les plus hauts niveaux de hockey. Prenons l’exemple le plus récent d’une athlète qui a fait la manchette grâce à ses exploits sur la glace : la gardienne de but Ève Gascon. Ève est la première femme en 22 ans (depuis Charline Labonté en 2000) à non seulement lacer les patins, mais aussi à enregistrer une victoire dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Ève a joué au hockey avec des garçons toute sa vie, pour finalement progresser dans le réseau collégial masculin de la division 1, où elle joue actuellement. En 2020, elle a signé son premier contrat de hockey féminin avec l’Université du Minnesota, qu’elle s’est engagée à rejoindre en 2022 ou 2023, une fois qu’elle aura obtenu son diplôme universitaire. Son parcours est remarquable, mais il montre aussi à quel point il est difficile pour les filles et les femmes de progresser vers les plus hauts niveaux de ce sport.

Dans l’étude menée à Trois-Rivières, nous avons constaté que l’accessibilité au hockey féminin est un problème bien réel. Les participantes qui ont déclaré jouer dans des ligues masculines l’ont fait principalement parce qu’il n’y avait pas de ligues féminines dans leur région ou parce que le calibre du hockey masculin était plus approprié à leur développement. Nos résultats indiquent que le hockey féminin au Québec n’est pas seulement difficile d’accès, mais qu’il n’offre pas non plus une variété suffisante de niveaux de compétition pour répondre aux besoins de toutes les filles et femmes. Les athlètes qui ont joué dans des réseaux de compétition réservés aux femmes ont souvent été obligées de déménager ou de parcourir de longues distances pour se rendre aux pratiques et aux matchs. Par conséquent, de nombreuses joueuses ont abandonné le sport.

Facteurs clés de la participation des filles et des femmes au hockey au Québec

Two women hockey players in their locker room

Alors, qu’est-ce qui motive ou inspire les filles et les femmes du Québec à sauter sur la glace, malgré les défis auxquels elles sont confrontées? Les Québécoises qui ont répondu à notre sondage ont identifié 3 sources principales de motivation pour leur participation au hockey :

Certaines femmes ont également identifié les émotions positives, la stimulation liée à l’exposition à quelque chose de nouveau, l’apprentissage et la reconnaissance (victoire) comme des motivations supplémentaires. Dans notre échantillon, ces tendances étaient similaires quel que soit le niveau de compétition de l’athlète.

De plus, les répondantes ont mentionné l’importance d’avoir des modèles qui les ont inspirées dans le hockey. Bien que le terme « modèle » puisse faire penser à des athlètes professionnels comme Marie-Philippe Poulin ou Kim St-Pierre, notre étude a révélé que les hockeyeuses québécoises, que ce soit au niveau récréatif ou compétitif, ont tendance à considérer leurs parents, leurs tuteurs et leurs entraîneurs comme les modèles les plus importants dans leur parcours sportif. Néanmoins, les répondantes ont indiqué qu’elles accueilleraient favorablement les occasions de côtoyer des joueuses d’élite en assistant à des matchs internationaux et en ayant la possibilité de s’entraîner avec des championnes.

Si l’on veut encourager la participation des filles et des femmes au hockey, les entraîneurs et les dirigeants sportifs doivent être attentifs à leurs besoins et motivations. L’accès à des environnements favorables avec des modèles positifs est crucial. Alors, comment faire en sorte que les femmes et les filles aient accès à un environnement sain où elles peuvent connaître le succès, le plaisir, l’engouement et l’apprentissage? Nous proposons des initiatives pour aider à combler l’écart entre les préoccupations des chercheurs et des praticiens qui se soucient de la participation des filles et des femmes au hockey.

Sortir des sentiers battus

Hockey coach talking strategy with his girls hockey team

Sachant que les québécoises sont motivées par le fait de s’amuser et d’acquérir de nouvelles compétences, une solution pourrait être d’envisager de nouvelles manières dont les programmes de hockey sont dispensés dans le reste du Canada. En effet, il n’est peut-être pas nécessaire de diviser les équipes de filles en catégories d’âge comme pour les garçons. Par exemple, des équipes de filles avec des tranches d’âge plus larges et des programmes qui mettent l’accent sur le développement des habiletés individuelles pourraient créer un modèle compétitif qui encourage le développement des filles et des femmes dans l’environnement du hockey au Québec. Un tel modèle pourrait également contribuer à créer un environnement compétitif pour les filles et les femmes à des niveaux plus élevés du sport.

Nous savons également que l’environnement social est essentiel pour promouvoir la participation des filles et des femmes au sport. Dans cette optique, des événements sociaux réguliers pourraient être intégrés aux programmes de hockey pour filles et pour femmes afin de recruter et de retenir les participants. Par exemple, les ligues féminines pourraient organiser des pratiques où les athlètes et les participants sont encouragés à amener leurs familles et leurs amis. De tels événements permettraient d’exposer une population plus large au hockey féminin et de recruter de nouvelles participantes.

Ce ne sont là que quelques suggestions pour accroître la participation des filles et des femmes au hockey. Il reste à voir si de telles mesures seront mises en œuvre au Québec ou dans le reste du Canada, même si elles attirent l’attention sur une question importante pour notre sport national. Le hockey féminin canadien a connu des succès importants sur la scène internationale, mais il reste encore beaucoup à faire pour développer ce sport au Canada.

Remerciements

Les auteurs tiennent à remercier l’équipe de direction de Hockey Québec (volet hockey féminin) pour leur collaboration dans l’élaboration du projet. Un merci spécial aux joueuses qui ont accepté de participer à l’étude.

Le travail en matière d’équité permet souvent de « laisser les autres se joindre à un groupe », mais il est toujours axé sur les besoins des membres les plus privilégiés d’un groupe. Pour mieux intégrer les expériences et les perspectives de diverses personnes, il est essentiel de tenir compte des approches intersectionnelles dans nos pratiques et lorsqu’on conçoit des politiques et des programmes, qui, puisqu’ils émergent du social englobent de multiples systèmes d’oppression qui se chevauchent et auxquels certaines personnes sont confrontées.

L’E-Alliance, le centre national de recherche sur l’équité des genres+ en sport, s’engage à adopter les approches intersectionnelles dans ses différentes actions et dans les recherches qu’il mène. En tant que membres de l’E-Alliance, nous savons que les personnes qui dirigent les organisations sportives sont désireuses de travailler de manière à être inclusives, mais manquent d’outils en ce sens. À cette fin, cet article propose trois façons pour les praticiens et practiciennes du sport d’utiliser le Cadre d’opérationnalisation de l’intersectionnalité (OI) de l’E-Alliance pour cheminer vers un monde sportif plus juste et accueillant pour tout le monde : (1) l’action individuelle; (2) les remue-méninges pour les programmes, les politiques et les espaces; et (3) les questions aux fins d’évaluation et de mesure.

Le Cadre d’opérationnalisation de l’intersectionnalité

L’objectif du Cadre d’opérationnalisation de l’intersectionnalité est de fournir des conseils sur la manière d’opérationnaliser les approches intersectionnelles. En d’autres termes, le Cadre d’OI vous aide à mettre en pratique les approches intersectionnelles. Visualisé sous la forme d’une roue (voir la figure 1), le Cadre d’IO identifie quatre points d’engagement : (1) l’apprentissage, (2) la réduction des préjudices, (3) la responsabilité et la transparence, et (4) la transformation. Il fournit ensuite une structure pour vous aider à appliquer ces concepts aux besoins du terrain et de votre organisation. Bien qu’il existe de nombreuses façons de s’engager de manière intersectionnelle, le Cadre d’OI présente certaines des façons concrète de vous engager dans le cadre de votre travail.

Figure 1 : Keyser-Verreault, A., Kriger, D., Joseph, J. et Peers, D. (2020). Cadre d’opérationnalisation de l’intersectionnalité. E-Alliance.

Le Cadre d’OI tourne autour de la question de savoir « qui est au centre des préoccupations? ». Cette question nous rappelle qu’il faut constamment se poser la question : Qui est (ou n’est pas) impliqué dans la prise de décisions? La participation de qui est (ou n’est pas) priorisée dans nos politiques? Et quelles sont les histoires qui sont (ou ne sont pas) racontées? Nous devons continuellement nous poser ces questions si nous voulons cesser de répéter les mêmes erreurs et exclusions de certaines personnes et groupes de personnes.

Action individuelle – Croissance et changement personnels : les rayons de la roue

En partant des personnes qui se trouvent au centre des approches intersectionnelles, les rayons de la roue représentent les actions et les engagements nécessaires pour soutenir le travail à faire pour plus d’équité et de justice sociale. De la même manière que les rayons maintiennent et soutiennent une roue en mouvement, ces actions et mesures d’engagements facilitent le mouvement et maintiennent les approches intersectionnelles au fur et à mesure que les points d’engagement sont plus fort et augmentent.

Diverse group of business people sitting in circle. Coworkers in a team building session.

Les rayons sont conçus pour aider les gens à développer des pratiques essentielles, durables et plus éthiques. L’« apprentissage continu », la « curiosité » et  la « gentillesse » peuvent conduire à une meilleure communication; l’acceptation de notre « vulnérabilité »,  la « réflexion » et  l’acceuil de « inconfort » que peut provoquer la prise de conscience de l’exclusion que l’on a perpétué peut nous aider à agir avec respect; et la « connexion », le « maintien de bonnes relations (selon les enseignements Anishinaabeg) »,  passer à l’« action » et  la « transparence » peuvent cultiver la confiance que nous pourrions regagner auprès des personnes historiquement marginalisées. Ce sont des éléments essentiels pour démanteler les systèmes d’oppression. Ces qualités prennent du temps à être développer et constituent une pratique à entreprendre en continue.

Un enjeu majeur que les personnes en charge des programmes rencontrent lorsqu’elle souhaitent travailler à être plus inclusives est qu’elles réalisent ne pas connaître les leaders des communautés concernées. Lorsque cela se produit, les organisateurs et organisatrices se démènent pour trouver un orateur, un responsable de programme ou un athlète représentatif afin d’ajouter de la diversité dans les personnes présentes pour un projet en particulier.  Ils trouvent une personne, ils/elles la paient (n’oubliez jamais de la payer en reconnaissance des savoirs qu’elle partage avec vous), ils/elles écoutent, et ils/elles sont accueillants – mais cette pratique ne tient pas compte du fait que ces personnes et les perspectives diverses qu’elles portent étaient au départ absentes, systématiquement excluses au sein de l’organisation ou du projet au départ.

Mise en pratique des éléments des rayons :

Comme le montre l’exemple ci-dessus, les différents rayons fonctionnent ensemble – chaque action ou engagement soutenant les autres. Lorsqu’ils sont mis en pratique ensemble, les rayons fondent les uns dans les autres, comme lorsqu’une roue tourne. Commencez n’importe où dans le cycle de la roue, en sachant que vous devrez éventuellement vous engager avec plusieurs des composantes si vous voulez mettre en œuvre un changement systémique profond, durable et qui a de l’impact.

Remue-méninges pour les programmes, les politiques et les espaces

Young diverse girl holding basketball

Le Cadre d’OI peut également être utilisé pour évaluer les besoins et améliorer les programmes, les politiques et les espaces sportifs. Après s’être demandé qui devrait être au centre de nos programmes et de notre prise de décisions et s’être assuré que les bonnes personnes sont impliquées, nous pouvons utiliser le Cadre pour réfléchir à ce qui est nécessaire pour chaque point d’engagement. Faut-il davantage de formation (apprentissage)? Peut-être un programme de mentorat pour ceux et celles qui sont au centre des préoccupations (réduction des préjudices), ou un réaménagement de l’espace physique (réduction des préjudices ou transformation, selon le contexte)? En commençant par un défi concret auquel l’organisation est confrontée, nous pouvons utiliser les différents points d’engagement pour réfléchir à ce qui peut être fait.

Prenons un exemple courant : Une organisation veut être accueillante pour les personnes de tous les genres, mais n’a que des programmes pour les garçons et les filles. Les points d’engagement peuvent être utilisés pour identifier des possibilités d’intervention :

Le Cadre peut également être appliqué à d’autres domaines de politiques et de programmes de manière similaire, en utilisant les points d’engagement comme des repères pour orienter la conversation et les idées.

Questions aux fins d’évaluation et de mesure

African manager speaking at diverse meeting sharing ideas at briefing

L’évaluation et la mesure des approches intersectionnelles et des changements en matière d’équité constituent un défi pour de nombreuses personnes qui administrent les organisations sportives. Il n’existe malheureusement pas de liste de contrôle qui, une fois remplie, élimine les effets des systèmes d’oppression. Cependant, le Cadre d’OI peut aider les personnes qui dirigent les organisations sportives à définir des indicateurs et des objectifs clairs pour évaluer efficacement les résultats dans leur contexte et à identifier les renseignements dont ils disposent déjà.

Comme pour le remue-méninges sur les options de programmes, de politiques et d’espaces, utilisez les quatre points d’engagement pour guider l’élaboration de questions d’évaluation et de possibilités de ce qui pourrait être mesuré de manière significative et éthique dans le contexte de votre organisation. Par exemple, comment saurons-nous si notre personnel a une attitude d’ouverture et est en apprentissage continue? Qu’est-ce que ces personnes ont besoin d’apprendre? Quelles mesures pourrions-nous utiliser pour voir les connexions possibles? À quelle fréquence devrions-nous évaluer? Avec qui devrions-nous nous mettre en lien? Mais d’abord, il faut toujours préciser qui doit être au centre de nos préoccupations – les approches intersectionnelles doivent valoriser les connaissances et donner la priorité aux questions des personnes ou des communautés qui sont historiquement les plus marginalisées. Utilisez le Cadre d’OI pour collaborer avec les personnes et les communautés qui doivent être au centre de vos préoccupations afin d’identifier les lacunes et les questions dans chaque point d’engagement et leurs résultats spécifiques souhaités.

Créer un élan

L’action individuelle, les remue-méninges pour les programmes, les politiques et les espaces, et les questions aux fins d’évaluation et de mesure sont trois façons simples pour les administrateurs et administratrices sportifs de commencer à utiliser le Cadre d’OI, et ce n’est qu’un début. Les approches intersectionnelles sont des pratiques – et non des réalisations – qui nécessitent une croissance et une action personnelles et collectives continues. La pratique et le dévouement amélioreront votre capacité à intervenir dans les systèmes d’oppression et vous aideront à acquérir les compétences et les connaissances nécessaires pour créer des espaces où un large éventail de personnes se sentent accueillies, soutenues et affirmées.

Il existe de nombreuses façons d’utiliser ce Cadre pour opérationnaliser l’intersectionnalité, et il y a plusieurs personnes dans le secteur du sport qui font leur premier ou leur prochain mouvement pour intervenir dans les systèmes d’oppression qui se chevauchent. Tirons parti de l’opérationnalisation de l’intersectionnalité et créons un élan en nous connectant à d’autres personnes et programmes, en nous engageant à agir et en nous engageant de manière créative dans nos contextes uniques.

S’il y a bien eu une période dans notre histoire pour réfléchir à la manière de ne laisser personne derrière, 2020 était cette année-là. Alors que les gens et les organisations cherchent à remonter la pente suite aux répercussions de la COVID-19, nous devons réfléchir à la manière de progresser par des moyens qui rassemblent intentionnellement les gens, et nous devons travailler collectivement à un avenir meilleur. Les objectifs de développement durable (ODD) peuvent fournir un cadre pour atteindre ce but.

Que sont les objectifs de développement durable?

L’Agenda 2030 du développement durable, adopté par tous les États membres des Nations unies en 2015, est un appel à l’action mondial pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et améliorer la vie et les perspectives de chacun, partout. Au cœur de l’Agenda se trouvent 17 ODD et 169 cibles connexes, conçus comme un « plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. » Les ODD sont un appel universel à la responsabilité sociale de la part des 193 pays qui les ont signés, dans tous les secteurs et pour chaque personne. Nous avons tous un rôle à jouer pour atteindre les ODD et contribuer à un meilleur avenir, un avenir qui ne laisse personne de côté.

En quoi cela concerne-t-il le sport?

Il est bien connu que le sport contribue au développement social en développant les compétences de vie, les compétences et les liens sociaux, ainsi que la santé mentale et physique et le bien-être (Bailey et coll. 2009; Holt et coll. 2008; Neely et Holt 2014). De nombreuses organisations de sport investissent dans le sport fondé sur des valeurs, le sport sûr, la diversité et l’inclusion. Les ODD sont l’occasion d’aligner ces priorités sur le cadre plus large des ODD axé sur l’inclusion et notre responsabilité sociale de contribuer au bien commun et d’œuvrer à un avenir meilleur.

Sur les 17 ODD, huit concernent directement le sport :

3 – Assurer une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tout âge.

4 – Assurer une éducation de qualité inclusive et équitable et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous.

5 – Assurer l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles.

8 – Promouvoir une croissance économique soutenue, inclusive et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.

10 – Réduire les inégalités au sein des pays et entre eux.

11 – Rendre les villes et les établissements humains inclusifs, sûrs, résilients et durables.

16 – Promouvoir des sociétés pacifiques et inclusives pour le développement durable, assurer l’accès à la justice pour tous et mettre en place des institutions efficaces, responsables et inclusives à tous les niveaux.

17 – Renforcer les moyens de mise en œuvre et renouveler le partenariat mondial pour le développement durable.

Le Plan d’action de Kazan fournit un cadre pour harmoniser les actions dans le domaine du sport, de l’activité physique et de l’éducation physique afin de contribuer aux ODD. Pour les organismes de sport canadiens, le Plan d’action de Kazan favorise les connexions et l’harmonisation à l’échelle mondiale dans des domaines d’intérêt commun tels que la défense du sport, l’intégrité du sport, l’équité entre les sexes, le partage de l’information et les mesures collectives – toutes des questions clés pour le système sportif canadien.

Outdoor sport facility

Selon Vicki Walker, directrice générale de Sport Canada, « les objectifs de développement durable nous fournissent un cadre reconnu et accepté à l’échelle internationale grâce auquel nous pouvons identifier et communiquer la valeur ajoutée et les répercussions plus larges des investissements [du gouvernement canadien] dans le sport. Les ODD, et le mouvement mondial visant à les utiliser pour mesurer les effets du sport, peuvent aider les gouvernements et les organisations sportives à mieux comprendre l’incidence de leur travail actuel, ainsi qu’à orienter les investissements et les initiatives futurs. »

Les ODD sont de plus en plus utilisés comme une lentille à travers laquelle les financeurs (gouvernements, fondations et autres) évaluent les retombées de leurs investissements, ce qui oblige les organisations sportives à intégrer les ODD dans la conception de leurs projets et dans leurs stratégies d’évaluation.

Engagement envers les ODD

Les organismes de sport peuvent s’engager dans les ODD de la manière suivante :

  1. Examiner comment les ODD sont liés aux priorités actuelles et futures, et les utiliser pour orienter les activités afin de contribuer à une plus grande inclusion et à d’autres résultats sociaux.
  2. Établir des objectifs, des cibles et des stratégies de mesure spécifiques relatifs aux ODD afin de créer une prise de conscience et une responsabilité pour faire progresser les objectifs au sein de votre organisation, de votre communauté et de votre écosystème sportif.
  3. Communiquer sur le travail relatif aux ODD afin que les principales parties prenantes, y compris les membres et les bailleurs de fonds, sachent que vous investissez dans le développement social et dans un objectif qui va au-delà de la simple prestation d’un programme sportif.
  4. Travailler avec d’autres intervenants pour avancer ensemble; l’ODD 17 concerne les partenariats mondiaux qui soutiennent les objectifs et constitue un appel à l’action pour que nous collaborions afin de maximiser les résultats et les retombées.

Organismes de sport canadiens utilisant les ODD

Plusieurs organismes de sport canadiens utilisent déjà les ODD, notamment Commonwealth Sport Canada et MLSE LaunchPad.

Commonwealth Sport Canada (CSC) est un exemple puissant d’organisme de sport canadien qui contribue aux ODD à l’échelle internationale. Grâce à l’utilisation des programmes de sport pour le développement et du développement du sport visant à promouvoir l’essor communautaire et social et renforcer les capacités du système sportif national dans tout le Commonwealth, CSC contribue à 10 ODD (1 à 5, 8, 10, 11, 16 et 17) en mettant l’accent sur les ODD 3, 4, 5 et 16. CSC a créé ou amélioré 129 projets de développement du sport et de sport au service du développement (SSD), dont 17 projets de SSD destinés exclusivement aux femmes et aux filles. Sur ces 17 projets, neuf sont aujourd’hui opérationnels dans des pays désignés comme pays d’aide publique au développement, où l’aide favorise et cible spécifiquement le développement économique et le bien-être des pays en développement.

Au Canada, MLSE Launchpad a créé le Cadre métrique du sport pour le développement afin d’unifier les efforts de mesure et d’évaluation d’une série d’organisations qui financent et fournissent des programmes de sport pour le développement des jeunes au Canada et au-delà. L’utilisation de mesures uniformes permet de partager des enseignements puissants pour améliorer les résultats des jeunes et les retours sur investissement des organismes de bienfaisance. Le Cadre se concentre sur quatre piliers – corps sain, esprit sain, prêt pour l’école et prêt pour le travail – et s’aligne sur les ODD 3, 5, 8, 9, 10 et 16. Le Cadre est basé sur la théorie du changement de MLSE LaunchPad, qui décrit comment les programmes du sport pour le développement contribuent à une série de résultats positifs pour le développement des jeunes confrontés à des obstacles.

Pour commencer

Alors que les organisations cherchent à se remettre de la COVID-19 et à évoluer en réponse à la prise de conscience sociale résultant du mouvement antiraciste, nous avons l’occasion de réfléchir à la manière de créer un monde meilleur, un système sportif plus fort et un chemin vers l’équité et la justice à mesure que nous avançons. Les ODD sont une occasion de se connecter à une initiative mondiale ET de considérer comment l’inclusion sociale, la pauvreté, l’environnement, l’éducation et d’autres domaines clés sont liés et influencent la vie des participants actuels et futurs du sport. Les ODD sont un point de ralliement que le sport peut adopter, autour duquel il peut s’aligner et utiliser pour avoir un véritable effet mondial. Imaginez si nous prenions nos énergies collectives et notre passion pour la compétition et que nous les canalisions pour progresser vers 2030 et atteindre les ODD!

En 2019-2020, Femmes et Sport au Canada s’est associé à Amina Haggar, étudiante de cycle supérieur, pour analyser les expériences des adolescentes AfroCanadiennes de deuxième génération dans un programme de sport communautaire à Ottawa, en Ontario. Madame Haggar, candidate à la maîtrise sous la direction de madame Audrey Giles Ph. D.,  à l’Université d’Ottawa, a mené des entrevues avec onze coordonnateurs et entraîneurs sportifs impliqués dans la Ligue de basketball des centres communautaires (LBCC) de la Ville d’Ottawa. Le projet a été financé grâce à une subvention de jumelage du Centre de documentation pour le sport (SIRC). 

En étudiant les expériences des filles AfroCanadiennes de deuxième génération dans le domaine du sport à travers les points de vue des responsables de programmes de sport communautaire, Mme Haggar a dû relever le défi de « vivre parmi les tensions », selon les termes de sa directrice de programme. Elle a dû faire face à des idées et à des expériences très complexes qui étaient étroitement liées à sa propre expérience en tant que personne ayant immigré au Canada à un jeune âge, et qui a participé à des programmes sportifs communautaires toute sa vie en tant que participante, bénévole et membre du personnel.

Mme Haggar s’est entretenue avec Greer Gemin, coordonnatrice du marketing et des communications de l’organisme Femmes et Sport au Canada, pour parler du projet de recherche, des répercussions de la COVID-19 et des principaux résultats pour les organismes de sport communautaire. *La transcription de cet entretien a été modifiée pour des raisons de fluidité et de clarté.

Consultez cette infographie pour obtenir des recommandations à l’intention des intervenants du milieu sportif afin de mieux impliquer les filles AfroCanadiennes de deuxième génération dans le sport.

Greer Gemin (GG) : Les recommandations issues de cette recherche répondent aux besoins spécifiques mais aussi aux obstacles rencontrés par les filles AfroCanadiennes de deuxième génération impliquées dans le sport communautaire. Pourquoi avez-vous choisi de vous concentrer sur ce groupe de filles dans votre recherche?

Young girl laughing while swimming.Amina Haggar (AH) : Dans la littérature didactique sur la participation des adolescentes au sport, je n’ai jamais trouvé de recherches sur les Canadiennes de deuxième génération. Les articles portent plutôt sur les expériences des minorités ethniques, des filles musulmanes, des jeunes LGTBQ+… Ces personnes sont souvent identifiées de façon distincte, et je voulais analyser les relations entre les différents croisements d’identité. Les Canadiennes de deuxième génération constituent un groupe d’utilisatrices important des programmes de sport communautaire. Il est nécessaire de comprendre comment leurs expériences culturelles et leurs antécédents influencent leur accès et leur participation aux programmes afin de s’assurer que leurs besoins sont satisfaits.

GG : La pandémie de COVID-19 vous a obligée à modifier votre plan de recherche en passant de l’étude des participantes au programme à des entretiens avec les responsables du programme. Qu’est-ce qui était intéressant ou différent dans le fait de questionner les responsables des activités plutôt que les participantes?

AH : Comme il s’agit d’un projet féministe basé sur des principes participatifs, l’idéal aurait été que les voix des jeunes guident la recherche et se reflètent dans les produits de mobilisation des connaissances (par exemple, les publications universitaires). Cela n’a pas été possible en raison des restrictions causées par la COVID-19 mais devrait être une priorité pour toute étude future. Cela dit, les entrevues avec le personnel des programmes ont été très bénéfiques. Ils entretiennent des relations importantes avec les participantes et participants au programme et ont essentiellement vu ces enfants grandir. De nombreux membres du personnel vivent dans la communauté et étaient eux-mêmes des utilisateurs et des bénévoles du programme avant de devenir membres du personnel. Cela a apporté une profondeur inestimable au processus de recherche et aux résultats.

La principale priorité de la LBCC était de comprendre pourquoi les filles ne participaient pas à leurs programmes. L’objet de la recherche et le plan de l’étude étaient basés sur les discussions que j’ai eues avec leur personnel, et nous avions un conseil consultatif communautaire impliqué dans toutes nos décisions pour s’assurer que le projet restait fidèle aux besoins de la communauté.

GG : Pourquoi est-il important d’être si spécifique aux besoins de la communauté lorsqu’on aborde le défi de garder les adolescentes dans le sport?

Youth female holding soccer ball in her uniform.AH : Nous devons nous éloigner d’une philosophie de type uniformisée. Nous formulons des hypothèses sur les besoins qu’éprouvent des groupes de personnes, et nous cherchons toujours la voie la plus facile pour offrir un programme de sport communautaire qui convient au plus grand nombre de participantes et participants. En fin de compte, cela ne rend pas service aux personnes qui sont négligées à la base. Les AfroCanadiennes sont confrontées à de nombreux défis qui découlent de leur identité raciale, de leur identité religieuse, de leur sexe et de leur statut socioéconomique. La seule façon d’offrir un programme de qualité est de s’assurer qu’il répond aux besoins de la communauté participante, et vous ne pouvez pas le faire si vous faites du copier-coller.

GG : Quelle est l’une de vos principales découvertes ou surprises résultant de ce projet de recherche?

AH : J’ai été surprise d’apprendre à quel point les tâches de gardiennage perturbent la participation aux programmes. L’accès limité à des services de garde d’enfants abordables est un obstacle majeur pour les parents à faible revenu et de la classe ouvrière. Malheureusement, la pandémie de COVID-19 a exacerbé ce défi. Comme de nombreux parents comptent sur leurs filles adolescentes pour garder les enfants, les filles les plus âgées de la famille sont souvent privées de sport et d’activité physique. Cela témoigne de l’impact des défis systémiques et structurels sur la participation des adolescentes AfroCanadiennes, en particulier dans les familles à faible revenu. En répondant aux besoins en matière de garde d’enfants à court terme, on peut ouvrir la voie à la participation d’un plus grand nombre d’adolescentes au sport en brisant le cycle de la dépendance. Les objectifs à plus long terme devraient également viser à modifier les normes liées au genre qui contribuent aux inégalités, selon lesquelles ce sont les filles qui doivent assumer la responsabilité de garder les enfants.

GG : Sur la base des résultats de votre recherche, quelles sont les principales recommandations que vous pourriez adresser aux responsables du sport et de l’activité physique?

Youth female soccer player running on the field.AH : Allez-y à fond! Donnez aux filles les meilleures plages horaires et montrez-leur que leur programme est important. J’espère que cette étude attirera l’attention sur le fait que les Canadiennes de deuxième génération appartenant à une minorité ethnoculturelle doivent faire l’objet d’une plus grande attention dans l’élaboration des programmes et des politiques liés au sport en tant que segment croissant de la population canadienne. Les dirigeantes et dirigeants sportifs peuvent s’inspirer des pratiques d’embauche inclusives utilisées par les coordonnateurs de la LBCC pour recruter des entraîneurs – au sein de la LBCC, les utilisatrices et utilisateurs de leurs programmes devenant les futurs dirigeants et entraîneurs des programmes. Avec ce modèle d’embauche, l’expérience vécue est reconnue comme un élément clé de la compréhension des besoins et des défis qu’ont à relever les membres de la communauté.

Je pense également que les décideurs principaux de tous les organismes de sport communautaire doivent créer un espace pour que les chefs de programme puissent partager leurs expériences et leurs connaissances. Le personnel connaît les obstacles et les défis rencontrés par les participantes, mais ces obstacles et ces défis peuvent persister s’ils ne sont pas transmis à la direction de l’organisation. De meilleures communications peuvent contribuer à garantir que les connaissances de ces dirigeants qui se présentent le mardi de 15 h à 20 h ne soient pas gaspillées.

GG : Vous avez mentionné un peu plus tôt que l’idée de n’avoir juste un programme de disponible pour les filles n’était pas suffisant. Pouvez-vous élaborer?

AH : Nous devons changer notre façon de penser et passer de la question « Pourquoi les filles ne viennent-elles pas à notre programme? » à « Pourquoi devraient-elles venir? ». Que faisons-nous pour nous assurer que le programme répond à leurs besoins et à un certain nombre de considérations importantes pour un sport de qualité?

Nous devons nous rappeler que les jeunes sont des clients avisés. Les filles peuvent sentir le niveau d’effort et d’attention apporté à un programme et peuvent réagir avec ambivalence si elles ont l’impression d’être mises de côté. Bien sûr, elles sont occupées par des trucs comme Instagram et Tik Tok, mais elles réfléchissent aussi beaucoup à leur vie et ont de nombreux défis et combats différents que les responsables de programmes et les décideurs doivent prendre en compte pour réussir.

Ce blogue a été publié conjointement par le Centre de documentation pour le sport (SIRC) et Femmes et sport au Canada dans le cadre d’une collaboration continue. Bien que les expériences des filles de deuxième génération et des nouvelles arrivantes soient différentes, plusieurs des recommandations pour les dirigeantes et dirigeants sportifs sont similaires. Vous trouverez des recommandations pour les organismes de sport qui cherchent à mieux faire participer et intégrer les filles et les femmes nouvellement arrivées dans les programmes de sport et d’activité physique dans le nouveau guide de Femmes et sport au Canada.

Lors de la Journée internationale de la fille de 2019, le Valley Female Leadership Network (VFLN), dans la vallée d’Annapolis en Nouvelle-Écosse, a publié une infographie sur le statut des filles et la participation et le leadership des femmes dans le sport et les loisirs. L’infographie a été partagée dans tout le pays, mais surtout utilisée par le VFLN et ses partenaires comme un outil pour accroître le soutien aux programmes réservés aux femmes dans la vallée. Ce blogue est l’histoire de notre infographie.

Téléchargez l’infographie ici.

La nécessité d’une infographie

Dans de nombreuses communautés et parmi de nombreuses organisations sportives et de loisirs, les programmes réservés aux femmes et les opportunités de développement du leadership sont courants ; et la situation dans la vallée n’est pas différente. Les programmes réservés aux femmes sont conçus pour remédier aux inégalités dans la participation et le leadership des filles et des femmes dans le sport et l’activité physique (Femmes et sport au Canada, 2012). Cependant, nous avons continué à recevoir des questions de la part des parents, des administrateurs, des membres de la communauté et des décideurs, telles que « Pourquoi les filles et les femmes ont-elles besoin de programmes spéciaux ? » et « Qu’en est-il des garçons ? ».

Nous répondions en partageant les recherches et les anecdotes, mais certaines personnes restaient sceptiques. Elles ne comprenaient pas les obstacles sociaux et systémiques auxquels les femmes et les filles sont confrontées en matière de participation et de leadership, n’avaient pas connu la réticence des filles à essayer un nouveau sport. Et parfois, nous n’avions pas le sentiment d’avoir accès à des preuves suffisamment solides qui reflétaient les expériences des filles et des femmes au niveau local, ou dans notre région ou province. Nous avons réalisé que nous avions besoin d’un outil pour nous aider à partager les preuves et la nécessité d’agir — quelque chose qui soit rapide, convaincant et facile à diffuser. Une infographie serait parfaite.

Peaufiner le contenu

Selon le dictionnaire Marriam-Webster, une infographie utilise des éléments graphiques pour présenter l’information de manière visuellement frappante. La participation des filles et des femmes au sport et à l’activité physique est un sujet très vaste — la quantité d’informations peut être écrasante. Nous savions qu’il était important de clarifier dès le début l’objectif de notre infographie, puis de recueillir et de sélectionner les meilleures données à cette fin. Quelles informations devrions-nous donc inclure ?

Pour nous, le contenu a été déterminé par trois considérations :

  1. Refléter la participation tout au long de la vie, connaître l’influence positive des premières expériences de sport et d’activité physique.
  2. Capturer le leadership des femmes dans le vaste secteur du sport et des loisirs. Bien que les données disponibles proviennent principalement du sport, nous pensons qu’il existe une forte corrélation entre le leadership dans le sport et dans les loisirs.
  3. La présentation des données locales permet de s’assurer que l’infographie montre clairement la nécessité d’une action locale. Avec des données nationales ou même provinciales, les gens peuvent expliquer les tendances, ou maintenir leur conviction que les défis ne se posent pas dans leur communauté.

En gardant ces considérations à l’esprit, nous avons obtenu des statistiques locales, provinciales et nationales à partir d’une série de sources fiables, notamment la Nova Scotia Arena Access Study, la Women Active Nova Scotia, Femmes et sport au Canada, Sport Nouvelle-Écosse, Loisirs Nouvelle-Écosse et le gouvernement provincial.

Le graphique à barres « Les femmes aux commandes » transmet de nombreuses informations et points de vue par un affichage concis.

~ Coordinateur des communautés actives et des loisirs


Développer l’infographie

Le développement de l’infographie est le fruit d’un partenariat entre le VFLN et Women Active Nova Scotia. Une stagiaire travaillant pour Women Active Nova Scotia au printemps 2019 a fourni le soutien nécessaire à la recherche. Une des priorités de ce projet était d’investir du temps pour créer une ressource significative qui aurait un impact durable et qui serait informative et précieuse pour les acteurs de notre communauté. La clé du succès a été d’avoir une personne dédiée au projet, plutôt qu’un membre du personnel existant qui le fait sur le coin de son bureau. Nous avons utilisé Canva comme outil pour nous aider à transformer nos idées et nos statistiques en une infographie convaincante.

Calendrier et diffusion

Le VFLN a voulu être stratégique pour le lancement de cette ressource. Bien qu’il ait été prêt à être distribué en été, nous voulions lier le lancement à une journée établie qui célèbre les femmes et les filles afin de profiter du battage médiatique, des discussions et du lien pour reconnaître le besoin de soutenir les filles et les femmes. Nous avons choisi la Journée internationale de la fille le 11 octobre. Sur les médias sociaux, notre premier billet a été publié plus de 5 000 fois — pas mal pour un petit comité ! Cependant, nous savons que l’infographie a été reprise par plusieurs autres organisations et redistribuée, ce qui en a considérablement élargi la portée.

Le VFLN a également décomposé l’infographie en trois sections et l’a affichée en vue de la Journée internationale de la femme 2020 — une autre excellente occasion de partager les données et d’amplifier notre message en conjonction avec une célébration des femmes et des filles. Nous avons mis l’accent sur chaque section pour sensibiliser les gens et créer un impact sur ce qui se passe dans la vallée de l’Annapolis.

L’impact infographique

Professional marketologist afro woman making presentation during business meeting with international colleagues in office

L’infographie est une ressource que nos partenaires peuvent apporter lors de réunions ou soumettre comme outil de référence et d’éducation lorsqu’ils parlent des possibilités offertes aux femmes et aux filles dans le domaine du sport, de l’activité physique et des loisirs — qu’il s’agisse de l’administration municipale qui rend compte au conseil, ou des membres du conseil d’administration des organisations sportives communautaires ou provinciales. La réponse a été extrêmement positive, et d’autres régions de la province cherchent maintenant à créer un outil similaire qui reflète leur région et leurs communautés.

Les services municipaux des loisirs utilisent l’infographie comme un outil à partager avec leurs partenaires communautaires, et nous prévoyons d’utiliser l’infographie pour aider à engager et à éduquer les administrateurs scolaires.

« L’infographie a fourni des preuves LOCALES concrètes de la raison pour laquelle nous avons besoin davantage de financement et de programmes pour encourager la participation, l’engagement et le leadership des femmes. Elle soutient également les programmes intergénérationnels pour les femmes ».

~ Coordinnatrice des loisirs communautaires


À long terme, nous espérons que grâce à cet outil, nous aurons un impact et une influence sur les décideurs, qui à leur tour influenceront l’élaboration des politiques dans divers programmes et services de sport et de loisirs. Cela permettra de créer un environnement positif, favorable et accueillant pour que les femmes et les filles soient actives et s’impliquent en tant que leaders dans nos communautés.

Conseils pour créer votre propre infographie

Notre infographie portait sur l’égalité des genres, mais notre approche pourrait être utilisée pour créer un outil permettant de soutenir et d’influencer tout type de changement que vous souhaitez voir dans votre communauté. En plus de nos infographies ci-dessus, nos conseils sont :

À propos du réseau Valley Female Leadership Network

La mission du Valley Female Leadership Network est de s’engager avec les partenaires pour renforcer les capacités et créer des environnements favorables aux filles et aux femmes dans la région de la vallée par le biais du réseautage, de la formation, de la reconnaissance et du soutien de programmes. Notre vision est que les filles et les femmes participent, dirigent et influencent l’activité physique, le sport et les loisirs dans nos communautés. Le Valley Female Leadership Network se concentre sur trois priorités : le développement du leadership, la communication et la célébration. Pour renseignements, vous pouvez suivre le VFLN sur Facebook et Instagram.

Une communauté de pratique est un “groupe de personnes qui partagent une préoccupation, un ensemble de problèmes ou une passion pour un sujet, et qui approfondissent leurs connaissances et leur expertise en interagissant de manière continue”. Cet article du Journal canadien des entraîneures examine le programme Alberta Women in Sport Leadership Impact, une communauté de pratique conçue pour accroître l’équité entre les sexes et la diversité du leadership dans le secteur du sport en Alberta, et partage des exemples sur la façon de faciliter et d’évaluer ce type d’espace d’apprentissage social.

Le 8 mars est la Journée internationale de la femme. Le thème de cette année, #EachforEqual, souligne l’importance de l’action individuelle pour influencer un changement social plus large. Le gouvernement du Canada s’est fixé comme objectif d’atteindre la parité des sexes dans le sport à tous les niveaux d’ici 2035. Réfléchissez à la façon dont vous pouvez combattre les stéréotypes et les préjugés, et améliorer les possibilités offertes aux filles et aux femmes, en tant que participantes et dirigeantes, dans le domaine du sport et de l’activité physique.