Le centre de documentation pour le sport
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Faits saillants de l’étude tirés par le SIRC

Contexte de l’étude

Pour les athlètes élites, la capacité de contrôler leur esprit dans les moments précédant une performance est un élément clé de la préparation pré-exercice. Écouter de la musique est un des divers moyens utilisés par de nombreux athlètes pour régulariser leur état d’esprit avant de se livrer à une performance. Certaines personnes écoutent de la musique pour relaxer, d’autres pour se motiver. Certains en ont besoin pour se concentrer, tandis que pour d’autres, c’est une source de distraction. Cette récente étude examine l’effet de la musique sur l’état psychobiosocial pré-exercice de nageurs et sur la performance en tant que telle.

Selon le modèle des zones individuelles de fonctionnement optimal de Hanin, un état psychobiosocial peut se présenter sous huit formes qui sont interreliées : cognitif, émotionnel, motivationnel, volontaire (élément psychologique), somatique-corporel, comportemental-moteur (élément biologique), opérationnel et communicatif (élément social). Selon des études, on estime qu’un athlète a une forte probabilité de bien performer si l’intensité de son état fonctionnel est élevée, et de mal performer si l’état est faible. Pour améliorer leur performance, les athlètes doivent connaître leurs zones optimales et dysfonctionnelles liées à l’intensité de chacun des huit éléments de leur état psychobiosocial, et ils doivent être en mesure d’entrer et de sortir de ces zones avant et pendant une activité physique.

Écouter de la musique lors d’une routine avant une activité physique est une méthode de contrôle que les athlètes peuvent utiliser pour s’assurer que leur état psychobiosocial est dans la bonne zone. Toutefois, il a été démontré que les chansons écoutées doivent être choisies volontairement. Un athlète a habituellement un lien avec les chansons choisies qui découle d’une expérience passée. La musique peut être utilisée comme stratégie de régulation, pour favoriser un rendement précis, ou pour rehausser la performance. Pour que le choix de la musique soit efficace, l’athlète doit connaître les résultats souhaités en écoutant cette musique, et il doit exploiter cette notion pour orienter son choix de chansons.

L’étude en question a visé 17 nageurs de sprint d’une université canadienne ayant de l’expérience de compétitions provinciales, nationales et/ou internationales. Les nageurs ont été ciblés par l’étude car l’effet de la musique a tendance à durer un peu de temps après la période d’écoute, et les chansons ont un effet plus grand sur les performances à court terme à haute intensité. Des questionnaires ont été utilisés pour mesurer et évaluer l’état psychobiosocial des athlètes. Des cotes de performance subjectives et des cotes d’efficacité subjectives liées aux routines pré-performance étaient données dans les questionnaires, qui comprenaient une échelle de Likert à 10 points. Une entrevue a aussi été faite pour évaluer les opinions des nageurs sur des divers types de musique sélectionnés pour leur routine avant l’activité physique. Enfin, une entrevue post-intervention semi-structurée a été tenue pour évaluer la participation à l’étude. Des groupes de contrôle et d’essai ont été comparés.

Objectif

Cette étude exploratoire s’est penchée sur l’efficacité de chansons choisies par des nageurs sur la régularisation de l’état psychobiosocial de ceux-ci avant de faire de l’activité physique. L’étude a également examiné le lien entre l’état psychobiosocial et la performance immédiate, ainsi que l’effet de la musique sur l’efficacité de la routine pré-entraînement perçue par les nageurs.

Principales observations

  • Cette étude va dans le sens de recherches précédentes qui ont trouvé que l’état psychobiosocial avant de faire de l’activité physique a un effet sur la performance en tant que telle.
  • Des écarts importants ont été constatés dans les états émotionnels liés aux bonnes et aux mauvaises performances dans le groupe de contrôle. De son côté, le groupe d’essai n’a pas présenté d’écart important et a en fait démontré qu’un choix judicieux de musique lors de la routine pré-performance peut améliorer la capacité des athlètes à régulariser leur état psychobiosocial.
  • Les rapports d’entrevue ont aussi mentionné que le fait de demander aux athlètes d’évaluer leur état psychobiosocial a accru la sensibilisation envers les facteurs qui ont une incidence sur la performance. L’incidence du choix des chansons a montré aux athlètes le lien conscient et bénéfique entre l’état psychobiosocial et la musique. Les résultats des entrevues post-intervention ont montré que la majorité des nageurs du groupe d’essai ont basé leur choix de musique sur l’évaluation de leur état psychobiosocial. Ils ont aussi mentionné que la musique semble les aider à se concentrer.
  • Les observations qualitatives appuient partiellement l’hypothèse selon laquelle écouter de la musique lors d’une routine pré-performance influence la confiance des participants dans l’efficacité de cette routine, ce qui appuie des recherches connexes antérieures. Les entrevues post-intervention vont dans le même sens : de nombreux athlètes ont constaté les bienfaits de leur liste de musique et continueront d’utiliser une stratégie qui mise sur l’écoute de musique.
  • Cette étude appuie aussi d’autres recherches qui indiquent que le choix d’une chanson est grandement influencé par des facteurs extrinsèques. Il y a cependant une différence dans la nature de ces facteurs. En effet, les nageurs ont choisi des chansons stimulantes dans le cadre d’activités non liées à la natation, tandis qu’ils ont opté pour des chansons motivantes pour faire de la natation. Le raisonnement derrière le choix des chansons est aussi différent, car les chansons stimulantes sont davantage choisies pour leur mélodie, tandis que les chansons motivantes sont choisies pour leurs paroles. Les recherches actuelles et antérieures ont conclu que la motivation et la stimulation sont deux des principales raisons qui expliquent l’écoute de musique par les athlètes.
  • Recommandations des auteurs suite aux conclusions :
    • On devrait accroître la sensibilisation des athlètes envers leur état psychobiosocial pré-exercice et l’incidence de celui-ci sur leur performance.
    • La musique devrait être utilisée comme outil pour régulariser l’état psychobiosocial.
    • Une approche significative au choix de musique devrait être adoptée lorsqu’on veut régulariser l’état psychobiosocial pré-exercice.

Source :

Regulating Pre-performance Psychobiosocial States with Music.
Middleton, T. F., Ruiz, M. C., & Robazza, C. (2017). Sport Psychologist, 31(3), 227-236.

Texte complet : https://www.researchgate.net/publication/313411366_Regulating_Pre-performance_Psychobiosocial_States_with_Music (il faut demander une copie aux auteurs)



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