Le centre de documentation pour le sport
Le centre de documentation pour le sport

Contrairement aux jeunes athlètes qui rêvent de devenir des champions ou championnes, peu d’entre nous grandissent en rêvant de faire partie d’un conseil d’administration. De nombreuses personnes rejoignent un conseil d’administration par sens du devoir envers une organisation à laquelle elles ont participé, ou parce qu’elles ont pensé qu’il était temps de prendre de nouvelles responsabilités, ou elles ont été recrutées parce qu’elles possèdent un ensemble de compétences professionnelles spécifiques.

Quel que soit le chemin parcouru pour devenir membre d’un conseil d’administration, il est important de réaliser que lorsque vous vous asseyez à la table ou que vous vous branchez à la réunion Zoom du conseil, le rôle de celui-ci est de gouverner l’ensemble de l’organisation et ce rôle a de sérieuses implications. Aujourd’hui, les conseils d’administration gouvernent un système sportif de plus en plus complexe et sont confrontés à de grands défis : la sécurité du sport, l’inclusion et la diversité, et le retour au jeu dans le contexte de la COVID-19 et des retombées financières et organisationnelles qui y sont associées. Les conseils d’administration doivent s’assurer qu’ils sont prêts à gouverner efficacement pour diriger et protéger leur organisation devant naviguer ces eaux inconnues et turbulentes. En résumé: tout conseil dont vous êtes membre est responsable à 100 % de tout ce qui se passe dans cette organisation. Il semble donc essentiel que le conseil d’administration soit très clair sur ce qu’implique le travail de gouvernance.

Que faut-il faire pour assurer une gouvernance efficace?

Le Code de pratique pour une gouvernance efficace des organisations BSI 13500 publié par la British Standards Organization en 2013 est généralement considéré comme la meilleure articulation actuelle de ce qui est nécessaire pour une gouvernance efficace. Le BSI définit la gouvernance comme le système par lequel l’organisation est dirigée, contrôlée et tenue responsable pour atteindre son objectif principal à long terme. Étant donné que le rôle du conseil d’administration est de gouverner, son travail consiste alors à créer et à mettre en œuvre la structure qui assure une gouvernance efficace.

On a beaucoup écrit sur la gouvernance au cours des vingt dernières années. Bien que les détails puissent varier d’un auteur à l’autre, il existe un large consensus sur ce qu’un conseil d’administration doit faire pour gouverner efficacement.

1. Être un leader au service des autres

Le conseil d’administration doit comprendre son rôle fiduciaire : il est le gardien de ceux au nom desquels il dirige l’organisation. Il doit s’engager activement auprès des personnes et des groupes devant lesquels il est responsable et leur rendre compte de ses processus de gouvernance. Le conseil d’administration doit veiller à ce que les actions de l’organisation puissent être vues, examinées et comprises – c’est ce que nous appelons souvent la transparence. Le conseil d’administration doit agir avec intégrité à tout moment et il doit évaluer son propre processus.

2. Fixer les orientations

Le conseil d’administration, en tant que seul organe autorisé à gouverner et seul lien officiel avec le personnel, doit fixer les orientations de l’organisation. En consultation avec les personnes au nom desquelles il existe, le conseil définit l’objectif de l’organisation en indiquant pourquoi l’organisation existe, quelle valeur elle doit produire, et pour qui. Le conseil d’administration doit éviter la tentation de préciser comment l’objectif doit être atteint. Au lieu de cela, le conseil d’administration engage un cadre supérieur accompli et doit lui permettre, ainsi qu’au personnel de l’organisation, de mettre en œuvre toute l’étendue de sa créativité et de son expertise dans la formulation et l’exécution des plans qui conduisent à la réalisation de l’objectif fixé par le conseil d’administration.

3. Protéger les actifs de l’organisation

En fonction de la direction ou de l’objectif de l’organisation, le conseil d’administration doit identifier les principaux risques pour l’organisation, comme la propriété financière, physique et intellectuelle, les informations et les données, l’image, la crédibilité et la capacité future, et l’appétit pour le risque de l’organisation. Il doit s’assurer que la gestion du risque organisationnel tient également compte du devoir de l’organisation envers la société de fonctionner de manière durable, éthique et responsable. Ensuite, le conseil d’administration doit s’assurer qu’un système de gestion des risques est en place, qu’il existe un système solide de contrôles internes pour protéger les actifs, et qu’il reçoit en temps utile des informations vérifiables qui lui permettent de s’assurer que la protection spécifiée existe.

4. Séparer le rôle de gouvernance du rôle de gestion

Le conseil d’administration doit disposer d’un cadre politique dans lequel les responsabilités sont clairement réparties. Le conseil d’administration gouverne, le directeur général ou la directrice générale gère. Le conseil d’administration doit veiller à ce qu’il y ait une délégation de pouvoir claire du conseil d’administration à un seul et unique cadre supérieur, en évitant la tentation de compromettre la clarté de cette délégation.

5. Assurer la performance organisationnelle

Le conseil d’administration délègue la gestion de l’organisation, mais il doit s’assurer qu’il existe des mécanismes conçus intentionnellement par lesquels il tient le cadre supérieur responsable de la réalisation de l’orientation que le conseil a fixée et de la protection des actifs de l’organisation dans la mesure que le conseil a définie comme nécessaire.

6. Assurer la succession des dirigeants et dirigeantes

Le conseil d’administration a besoin d’un processus formel pour examiner la rémunération et les performances des cadres supérieurs, s’assurer que l’équipe de direction est solide et pour l’embauche d’un cadre supérieur au besoin. Le conseil d’administration doit également assurer sa propre succession et établir ou informer les processus de recrutement et de nomination. Cela inclut la description du profil souhaitable de ses membres, c’est-à-dire les compétences, oui, mais aussi les attributs et la personnalité. Le conseil d’administration doit également veiller à continuellement apprendre à mieux remplir les six fonctions décrites ici.

De nombreux conseils d’administration avec lesquels j’ai travaillé n’ont pas passé beaucoup de temps – voire aucun – à parler de ce que la gouvernance exige d’eux. Ne pas connaître toute l’étendue de ce qui est requis ou ne pas avoir les connaissances, les compétences ou les structures requises pour gouverner efficacement peut limiter l’impact potentiel de l’organisation dans la vie des bénéficiaires visés, soit  les athlètes, les entraîneurs, les officiels et les bénévoles. Dans le pire des cas, cela peut mettre en péril la capacité future de l’organisation à obtenir ces résultats.

Ne manquez pas les prochains blogues SIRC de cette série qui examineront plus en détail les clés pour une gouvernance « en or »!


A propos de(s) l'auteur(s)

Rose Mercier, MBA, GSP, est consultante senior pour l’entreprise The Governance Coach depuis 10 ans. Elle travaille exclusivement à l’appui des conseils d’administration d’entreprises, d’organismes à but non lucratif et d’organismes publics au Canada et aux États-Unis, afin d’atteindre l’excellence en matière de gouvernance. Rose a travaillé dans le système sportif canadien pendant plus de 20 ans à des postes de gestion de programmes, de direction générale et de leadership systémique. Rose s’implique fortement dans le sport canadien dans le cadre de consultations auprès de plus de soixante organismes sportifs nationaux et provinciaux. Elle a été l’une des mères fondatrices de Femmes et sport au Canada.  (rose@governancecoach.com).


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