Le centre de documentation pour le sport
Le centre de documentation pour le sport

Le Centre de documentation sur le sport (SIRC) est heureux de collaborer avec Sport Canada à la mise en commun des recherches en cours sur des sujets qui contribuent à orienter les politiques et à promouvoir l’élaboration de programmes de sport de grande qualité. Cette semaine, nous vous faisons part des points saillants qui se dégagent d’un article récent portant sur le DÉVELOPPEMENT DES ATHLÈTES PARALYMPIQUES AU CANADA.

Comment les pays retrouvent, recrutent et préparent les athlètes futurs pour les Jeux paralympiques : étude de cas – Canada. (en anglais seulement)

Higgs, C., et Legg, D. (2016). Palaestra, 30(3), 23-30.

Points saillants de l’article dégagés par le SIRC

Le Canada a joué un rôle important dans le développement du mouvement paralympique et, grâce à notre culture sociale et économique qui appuie les personnes handicapées et les sports pour personnes handicapées, nous avons bien réussi aux Jeux paralympiques. Bien que le Canada maintienne son excellent classement à l’échelle internationale dans les Jeux d’hiver, on a noté que son classement dans les Jeux d’été s’est affaibli énormément depuis les Jeux d’été de 2004. Afin que le Canada occupe de nouveau un rang élevé, les auteurs de l’article suggèrent la façon dont le Canada peut renouveler ses efforts de dépistage, de recrutement et de préparation des athlètes handicapés de haut niveau à l’avenir.

Les auteurs ont mentionné plusieurs possibilités pour lesquelles le Canada a remporté moins de médailles au cours des trois derniers Jeux d’été. Les voici :

  • Une plus grande participation internationale au sport paralympique avec un plus grand nombre de pays qui remportent des médailles en proportion à la taille de leur population. Le Canada possède une petite population et un nombre peu élevé de personnes handicapées, dont la majorité a plus de 65 ans.
  • Une réglementation en matière de santé et de sécurité de niveau supérieur dans le secteur industriel et des voitures plus sécuritaires au Canada ont réduit le nombre d’accidents de voiture et d’accidents industriels causant des blessures graves à long terme. Ainsi, la population de personnes handicapées que l’on peut recruter et entraîner est plus petite.
  • L’engagement du Canada envers la pratique du sport sans dopage signifie que notre culture n’appuie pas la pratique de gagner à tout prix.
  • Le Canada participe à moins de conflits militaires que d’autres pays. En outre, la mission de nos militaires se concentre souvent sur le maintien de la paix, ce qui veut dire que les soldats canadiens risquent moins d’être exposés à des dangers et donc subissent moins de blessures traumatiques, comme celles que l’on retrouve souvent chez les athlètes paralympiques.
  • Un plus grand nombre de pays souhaitent réussir dans les Jeux paralympiques et investissent donc plus de ressources dans les sports paralympiques qu’auparavant.
  • Les auteurs mentionnent également qu’il est possible que le Canada ait connu un franc succès entre 2000 et 2008 en raison de la participation d’athlètes particulièrement performants au cours de cette période.

L’évolution du développement des athlètes handicapés au Canada

  • Avant que les organismes nationaux de sport aient pris en charge le programme pour appuyer TOUS les athlètes vers le milieu des années 1990, les sports pour les personnes handicapées étaient administrés par des organismes de sport adapté qui avaient accès aux athlètes, mais qui n’étaient pas nécessairement en mesure d’entraîner les athlètes pour la haute performance, en tenant compte de leurs compétences physiologiques et psychologiques. Bien que ce changement ait satisfait au besoin d’un soutien pour l’entraînement de haut niveau à l’échelle nationale, ce soutien n’était pas facilement accessible au niveau provincial/territorial ou communautaire. Ce changement a également accordé une nouvelle importance au sport avant le handicap, plutôt qu’au handicap avant le sport. Le succès des athlètes handicapés dans les premières étapes de ce changement découlait peut-être d’« un heureux hasard, de la chance ou d’un accident », mais la prochaine génération d’athlètes n’arrivait pas à se développer, ce qui a donné lieu à la réduction actuelle du nombre de médailles remportées par eux.
  • L’élaboration d’un plan de développement à long terme du participant/athlète (DLTP/A) pour appuyer les besoins sportifs propres aux athlètes handicapés (Devenir champion n’est pas une question de chance) provient de la Politique canadienne du sport de 2002 et a été largement soutenue par les organismes nationaux de sport et les programmes financés par le gouvernement du Canada. « Le DLTP/A souligne dix facteurs principaux pour le développement efficace des athlètes et reconnaît les mesures d’adaptation qu’il faut prendre pour les athlètes handicapés. » Voici les dix changements qui amélioreraient le recrutement et le développement des athlètes handicapés : améliorations sur le plan de l’encadrement, de la compétition, du financement, de l’équipement, des installations, des partenaires d’entraînement et de compétition, des sciences du sport, du soutien des officiels, du soutien des athlètes et du développement du talent. Il est important de noter que ce modèle n’a pas fait l’objet d’essais et que des preuves empiriques de son efficacité sont actuellement manquantes.
  • Les auteurs se demandent ensuite si l’on avait raison d’adopter une administration inclusive du sport au niveau national et de mettre en œuvre un modèle du DLTP/A. Les résultats d’un sondage de référence mené auprès des organismes nationaux de sport en 2012 ont démontré que presque la moitié de ces organismes ne possédaient pas encore un cadre autonome du DLTP/A pour les athlètes handicapés ou ne l’avaient pas encore inclus dans leur modèle de DLTP/A existant. Certains de ces organismes ont indiqué que la mise en œuvre ou l’adaptation des cadres était en cours ou souhaitable, mais que la capacité d’élaboration était manquante.
  • Voici d’autres initiatives visant à améliorer le dépistage et le développement des athlètes handicapés :
    • À nous le podium – Cette organisation se concentre sur la prestation d’un soutien technique aux organismes nationaux de sport, avec l’objectif d’obtenir plus de médailles lors des Jeux olympiques et paralympiques. En 2015, l’organisation a recommandé « d’avoir plus d’entraîneurs et de chefs techniques de renommée mondiale, d’avoir plus de milieux d’entraînement quotidien de classe mondiale, de mieux centraliser les équipes nationales, d’obtenir des gestionnaires de parcours de haut niveau propres aux athlètes paralympiques et d’obtenir plus de praticiens en sciences du sport et en médecine sportive qui possèdent des connaissances du sport paralympique » en vue de remporter plus de médailles dans les sports paralympiques au Canada. Elle a également suggéré de créer des parcours précis de sport paralympique pour suivre le développement des athlètes et améliorer le transfert, le dépistage et le développement des talents.
    • Jeux du Canada – Des mesures ont été mises en place dans les protocoles d’accueil des Jeux pour soutenir les occasions pour les athlètes handicapés (p. ex. un quota de 5 % des Jeux doit être réservé aux sports paralympiques et une amélioration des normes d’accessibilité).
    • Camps de dépistage d’athlètes du Comité paralympique canadien – Ces camps de dépistage du talent ont vu le jour en 2016 après une analyse des programmes d’autres pays. Organisés par des instituts canadiens du sport, les camps à l’échelle du Canada ont mis à l’épreuve les habiletés des athlètes pour voir s’ils étaient en mesure de pratiquer du sport de haut niveau, selon les protocoles élaborés en collaboration avec les représentants de sports de haut niveau. Bien que le nombre actuel de participants soit assez faible, il s’agit du premier essai pour créer une étude longitudinale de la « progression de la performance des athlètes paralympiques canadiens » en vue de comprendre les points de référence des compétences/habiletés qui contribuent au succès du sport paralympique de haut niveau.
    • Forces armées canadiennes – Sans limites – « L’objectif de ce programme est d’habiliter et d’inspirer les militaires malades ou blessés à surmonter l’adversité par les sports et d’autres activités physiques exigeantes. » Même si l’on met plutôt l’accent sur des programmes basés dans les communautés, le programme a également ouvert les portes au dépistage et au recrutement des athlètes.
    • Le fonds de développement du système du Comité paralympique canadien – Au moyen de subventions, le Comité paralympique canadien investit dans l’amélioration de systèmes, comme le perfectionnement des entraîneurs, l’amélioration du recrutement et de l’équipement, etc. Les fonds sont alloués selon les étapes ciblées du DLTP/A et sont versés aux nouveaux programmes ou à l’élargissement de la portée des programmes existants qui permettent d’intégrer le sport paralympique ou de rendre l’équipement/l’entraînement plus accessible.

Des améliorations au système de dépistage et de développement des talents au Canada ont été notées pour les personnes handicapées et non handicapées. Ces améliorations sont particulièrement importantes dans le contexte paralympique si l’objectif est d’améliorer notre classement international. Les auteurs formulent donc sept recommandations :

  1. Les organismes nationaux de sport devraient, en même temps, élaborer des plans de DLTP/A pour les athlètes handicapés et les athlètes non handicapées.
  2. Une meilleure harmonisation des systèmes à tous les niveaux doit avoir lieu pour que les athlètes puissent progresser sans problème à partir de leur entrée dans le sport jusqu’à leur performance digne du podium.
  3. Les organismes de sport qui reçoivent du financement du gouvernement devraient avoir à élaborer des programmes de sport paralympique comme programme de base, plutôt que de les produire à part, si elles disposent de fonds supplémentaires.
  4. Les programmes de dépistage des talents devraient augmenter leur portée pour inclure les sports paralympiques et mettre l’accent sur le transfert du talent entre les sports.
  5. La communication avec les médias doit avoir lieu pour incorporer une couverture médiatique des sports paralympiques pour en accroître la sensibilisation.
  6. Les commanditaires devraient être encouragés à présenter des athlètes handicapés.
  7. Le succès des athlètes paralympiques devrait être célébré de la même façon que celui des athlètes non handicapés.