Le centre de documentation pour le sport
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Le centre de documentation pour le sport

Le SIRCuit du printemps 2022 est maintenant disponible !

Le SIRCuit est conçu pour mettre en lumière des recherches et des idées importantes pour faire progresser le système sportif canadien. Alors que la Politique canadienne du sport doit être renouvelée en 2023, cette édition est la première d’un SIRCuit en deux parties qui explorent l’avenir du sport au Canada. Dans cette édition, des chercheurs, des praticiens et des décideurs dans le domaine du sport et de l’activité physique partagent des données, des idées et des meilleures pratiques pour aider à créer des pratiques et des politiques sportives inclusives pour tous les Canadiens.


Points saillants


Au cours des dernières années, le racisme et la discrimination mis en lumière dans l’ensemble de la société et dans le secteur du sport ont imposé une réflexion nécessaire sur les politiques et les pratiques. Si les concepts de diversité, d’équité et d’inclusion ont été introduits dans les politiques gouvernementales il y a plusieurs décennies, le contexte a considérablement évolué. Aujourd’hui, ces termes ont une nouvelle signification, à la lumière des événements survenus dans la société au sens large et de nos réponses à ceux-ci. Il est de nouveau urgent pour les intervenants du sport d’adopter de nouvelles politiques et de nouveaux programmes afin de provoquer un changement culturel qui permettra d’assurer que l’avenir du sport inclut tous les Canadiens. 

Dans cet article, nous examinons comment les politiques et les programmes de sport au Canada ont évolué et comment ils ont contribué au développement d’un sport sûr et inclusif pour tous les Canadiens. 

Le passé : Développement des politiques 

Dès 1971, le gouvernement du Canada a adopté une politique officielle de multiculturalisme afin de reconnaître la contribution de la diversité culturelle au tissu social canadien. L’objectif de cette politique était de promouvoir une citoyenneté inclusive. Au cours des décennies suivantes, l’accent a été mis sur le langage de l’exclusion sociale et le soutien de groupes spécifiques identifiés comme particulièrement vulnérables à la marginalisation économique et sociale, tels que les immigrants récents, les minorités visibles, les minorités religieuses, les minorités sexuelles, les peuples autochtones urbains et les personnes en situation de handicap. (Remarque : certains termes utilisés ci-dessus sont tirés de cette politique. Au fil du temps, les termes ont évolué pour refléter les mises à jour constantes du langage approprié et inclusif.) 

Au moment où la première Politique canadienne du sport a été approuvée par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en 2002, les concepts d’inclusion sociale, d’équité et d’autres concepts similaires étaient régulièrement inclus dans les politiques et, peu après, dans la législation, dans la Loi sur l’activité physique et le sport (2003). 

Grâce à une collaboration et une consultation approfondies, et à plus de deux ans de travail, la première Politique canadienne du sport a reflété les intérêts et les préoccupations de 14 administrations gouvernementales, de la communauté sportive canadienne et d’innombrables autres intervenants du sport au Canada. Cette politique a introduit le principe directeur selon lequel « le sport est fondé sur l’équité et l’accès » : 

Le sport est accueillant et inclusif, offrant la possibilité de participer sans égard à lâge, au genre, à la race, à la langue, à lorientation sexuelle, au handicap, à la géographie ou aux circonstances économiques.

PCS 2002, p. 13

Bien que les consultations n’aient pas ciblé des groupes spécifiques, on a constaté un effort pour accorder une attention particulière aux questions d’inclusion et d’équité tout au long du processus de consultation et d’élaboration de la politique. Ce processus a accueilli et cherché à impliquer tous ceux qui ne se considéraient pas actuellement comme faisant partie de la communauté ou du système sportif, mais qui avaient le potentiel et le désir de contribuer.  

La première Politique canadienne du sport reflétait une nouvelle approche du leadership partagé et de la collaboration pour améliorer la participation, l’excellence, les capacités et l’interaction dans le sport. Le plan d’action qui l’accompagnait accordait la priorité à l’augmentation de la participation des femmes, des personnes en situation de handicap, des Autochtones et des minorités visibles. L’engagement de tous les gouvernements à l’égard d’une vision commune a constitué une étape importante dans l’alignement et l’engagement à faire progresser l’équité dans le sport au Canada.  

Une décennie plus tard, le renouvellement de la Politique canadienne du sport a adopté une approche plus forte. La Politique canadienne du sport (2012) (PCS 2012) a développé et intégré l’inclusion et l’accessibilité dans les valeurs et les principes de la politique : 

« La prestation du sport est accessible et équitable et reflète toute la gamme des intérêts, des motivations, des objectifs, des capacités et la diversité de la société canadienne. »

PCS 2012, p. 6

Le processus de consultation a introduit des questions ciblées concernant les populations sous-représentées et la participation au sport. De plus, il comprenait des questions sur l’expérience vécue des participants ainsi que sur la possibilité d’accéder aux programmes et services sportifs dans les deux langues officielles. Les réponses ont fourni des informations précieuses sur le sport inclusif et accessible, ainsi que sur la capacité et la probabilité de participation.  

Parmi les résultats importants, la plupart des participants à la consultation ont estimé que des efforts devaient être faits pour accroître la participation des groupes sous-représentés dans le sport. Ces groupes comprenaient notamment les Autochtones, les personnes racialisées, les femmes et les filles, les personnes en situation de handicap, les enfants et les jeunes, les nouveaux Canadiens et les personnes désavantagées sur le plan économique. Les participants à la consultation ont estimé qu’une participation accrue aurait un effet positif sur la santé, le renforcement de la communauté et le développement personnel. Cela renforcerait également la priorité de l’accessibilité du sport.  

Par conséquent, l’augmentation de la diversité a été identifiée comme un objectif politique et un résultat souhaité dans la PCS 2012 :  

« Possibilités offertes aux personnes issues de populations traditionnellement sous-représentées et/ou marginalisées de s’engager activement dans tous les aspects de la participation sportive, y compris les rôles de leadership. »

PCS 2012, p. 9

Les politiques de Sport Canada ont évolué selon une trajectoire similaire. Dans la décennie qui a suivi le lancement de la première Politique canadienne du sport, Sport Canada a introduit plusieurs nouvelles politiques ciblant les mêmes domaines d’inclusion et d’accès : 

Plus récemment, la Stratégie canadienne du sport de haut niveau 2019 (2019) a identifié 3 piliers visionnaires, dont l’un était une culture de haute performance basée sur l’intégrité, la confiance et l’inclusion. Cette stratégie identifie ce qui est maintenant connu sous le nom de Parcours de développement à long terme du participant autochtone et est un outil inclusif pour soutenir les participants autochtones dans le sport et les loisirs. 

Le présent : Mise en œuvre de la politique par l’entremise de programmes 

Quand la politique est liée au programme, c’est là que le sport inclusif peut se produire. La Politique canadienne du sport est mise en œuvre grâce à la collaboration, à l’engagement et à la détermination des gouvernements provinciaux et territoriaux, qui font progresser ce travail dans leurs domaines de compétence respectifs. Des accords bilatéraux entre le gouvernement fédéral et les 13 gouvernements provinciaux et territoriaux sont en place pour soutenir la politique en action. La participation inclusive au sport est l’objectif primordial des accords bilatéraux. Plus précisément, ils : 

Au niveau fédéral, la mise en œuvre de la politique du sport est assurée par les 3 programmes de financement de Sport Canada : le Programme d’accueil, le Programme d’aide aux athlètes, et le Programme de soutien au sport 

AWG Dene GamesLe volet des Jeux internationaux multisports pour les Autochtones et les personnes ayant un handicap – Programme d’accueil (JIMAPH) du Programme d’accueil est inclusif de par sa conception. Il offre des occasions de compétition aux groupes désignés sous-représentés au Canada qui font face à des obstacles systémiques à la participation sportive. Plus précisément, le volet des JIMAPH soutient l’organisation de quatre événements admissibles au Canada : les Jeux autochtones de l’Amérique du Nord, les Jeux d’hiver de l’Arctique, les Jeux olympiques spéciaux mondiaux et les Deaflympics.  

Le Programme d’aide aux athlètes offre des subventions aux athlètes canadiens de haut niveau admissibles, y compris les femmes et les filles, les athlètes ayant un handicap et ceux qui présentent un certain nombre de facteurs d’identité croisés. Sport Canada collabore avec les organismes nationaux de sport pour définir des critères d’évaluation objectifs et fondés sur le mérite pour les athlètes. 

Dans le cadre du Programme de soutien au sport, la politique a toujours été appliquée aux organismes admissibles et financés par le biais d’un financement de référence (anciennement appelé financement de base). Les organismes nationaux de sport, les organismes de services multisports et les centres canadiens du sport reçoivent un financement protégé afin de promouvoir un accès équitable à l’information pour les Canadiens dans les deux langues officielles, assorti de mesures de responsabilisation. Les organismes reconnus comme offrant des programmes et des services aux athlètes en situation de handicap reçoivent également un financement protégé à cette fin.   

Historiquement, bien que l’approche de Sport Canada en matière de programmes et de financement ait fourni une stabilité raisonnable pour soutenir les langues officielles et les athlètes en situation de handicap, elle a été reconnue comme insuffisante sur le plan du soutien au sport inclusif. Au cours des cinq dernières années, Sport Canada a envisagé de financer différemment, d’élargir ses programmes et de faire place à l’innovation. Il en résulte un changement et un investissement importants dans la création d’un système sportif plus diversifié, inclusif et équitable au Canada, conformément aux objectifs de la PCS 2012. 

Sport Canada commence à voir un effet significatif sur l’inclusion dans le sport à travers le Canada. Cela se fait par le biais d’un financement par projet pour soutenir les nouveaux organismes qui pilotent des programmes ou travaillent dans les communautés. De nouveaux fonds protégés sont également alloués aux bénéficiaires de financement existants. 

Voici des exemples de ce travail continu et inclusif : 

Au-delà du financement du programme, le ministre du Patrimoine canadien et le secrétaire parlementaire pour le Patrimoine canadien (Sport) ont tenu une assemblée générale sur le sport et une série de tables rondes sur le sport à l’automne 2020. Ils ont abordé les sujets suivants pour faire avancer les priorités du gouvernement du Canada en matière de diversité et d’inclusion :  

Ces discussions ont inclus des groupes de femmes, des organisations LGBTQ2+, des organisations autochtones, ainsi que des organisations sportives. Sport Canada a poursuivi la discussion en s’engageant avec des experts, notamment le Secrétariat fédéral de lutte contre le racisme et le Secrétariat LGBTQ2+. Ces engagements devaient avoir lieu avant d’entreprendre une série de consultations pour soutenir l’élaboration d’une stratégie sur l’équité, la diversité, l’inclusion et le sport pour tous. Les expériences vécues partagées dans le cadre des consultations et les données recueillies (par exemple, les données qualitatives des intervenants et les données désagrégées) feront en sorte que la prise de décisions fondée sur des preuves soit bien soutenue à l’avenir. Sport Canada utilisera les données recueillies pour évaluer comment mettre à jour, adapter ou améliorer ses politiques et ses programmes afin de répondre aux besoins identifiés des Canadiens et des Canadiennes. Il s’agit d’un changement important dans la façon dont les progrès seront mesurés et dans la façon dont le financement et les programmes seront offerts. Ce changement s’aligne sur l’évolution nécessaire pour donner la priorité à un sport sûr, accueillant et inclusif.  

L’avenir : Quelle est la prochaine étape? 

Ce nest que la pointe de liceberg du travail qui doit être accompli. Sport Canada reconnaît que le travail ne peut être fait en vase clos. Après tout, le sport canadien est un réseau complexe et dynamique de systèmes qui se croisent et qui intègrent le contexte, la géographie, les organismes, les personnes, les lieux et les infrastructures. En décembre 2021, la lettre de mandat du premier ministre à tous les ministres a fourni une orientation claire sur limportance dintégrer les points de vue des Canadiens dans lexamen de nos systèmes :  

« Nous devons continuer à nous attaquer aux profondes inégalités et disparités systémiques qui demeurent présentes dans le tissu central de notre société, y compris dans nos institutions de base. À cet effet, il est essentiel que les Canadiens de toutes les régions du pays se voient reflétés dans les priorités de notre gouvernement et dans notre travail. Dans votre rôle de ministre, je mattends à ce que vous incluiez et collaboriez avec diverses communautés, et que vous recherchiez activement et incorporiez dans votre travail les divers points de vue des Canadiens. Cela inclut les femmes, les peuples autochtones, les Noirs et les Canadiens racialisés, les nouveaux arrivants, les groupes confessionnels, les personnes en situation de handicap, les Canadiens LGBTQ2 et, dans les deux langues officielles. »  

Il s’agit d’une direction claire pour toutes les politiques au Canada dans les années à venir. Dans la lettre de mandat du ministre des Sports et du ministre responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, le premier ministre prend un engagement encore plus précis. Il souligne l’importance d’assurer « une approche stratégique holistique et équilibrée du développement du sport au Canada qui appuie la raison d’être et les objectifs de la Politique canadienne du sport, notamment l’amélioration de la santé et du bien-être de tous les Canadiens grâce au sport communautaire, l’accessibilité accrue aux programmes de sport, la réduction des obstacles et l’atteinte d’objectifs sociaux et économiques grâce à l’utilisation intentionnelle du sport. » 

Les travaux sont en cours en vue de développer la prochaine mouture de la Politique canadienne du sport en tenant compte des divers points de vue des Canadiens. La nature inclusive des engagements qui seront pris par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux contribuera à façonner l’avenir de la Politique canadienne du sport. L’environnement sportif a changé depuis l’élaboration et la publication des deux premières politiques. Cependant, le sport au Canada continue d’avoir besoin d’une politique pour harmoniser les activités des nombreux organismes qui composent le système sportif et pour créer une vision commune de l’avenir du sport. Remplissez le sondage sur le renouvellement de la Politique canadienne du sport pour donner votre avis.

L’intention de la Politique canadienne du sport est de continuer à servir de feuille de route pour progresser vers l’état souhaité du sport canadien. Elle s’appuie sur les données actuelles et sur les consultations menées auprès des parties prenantes autour de divers thèmes (dont la diversité, l’équité et l’inclusion). 

La mise en œuvre est le défi que doivent relever les décideurs politiques, les responsables de programmes et la communauté sportive canadienne en tant que système. En reconnaissant que la diversité est définie différemment selon les contextes, nous devons également reconnaître que l’équité, la diversité et l’inclusion sont des produits de la conception. Elles sont nécessaires pour voir des changements significatifs, surtout au niveau communautaire où la grande majorité des Canadiens pratiquent le sport. 

Il n’est pas facile de concevoir des programmes inclusifs. Il faut faire preuve d’intention et être à l’écoute des besoins de ceux que l’on souhaite servir. Il faut apprendre à avoir des conversations difficiles et honnêtes. Il faut de la souplesse et de l’innovation. Il faut être prêt à essayer et à échouer. Cela signifie qu’il faut utiliser le pouvoir et les privilèges individuels pour créer des espaces sûrs et accessibles pour que les Canadiens et Canadiennes qui méritent l’équité puissent s’engager dans le sport. Tout cela doit se faire en reconnaissant également que la Politique canadienne du sport est soutenue par des ressources limitées, qu’elle est bâtie sur le dos de bénévoles et qu’elle exige une sensibilité aux besoins uniques de chaque groupe. 

Il est certain que le langage de la diversité, de l’inclusion et de l’équité va continuer à évoluer. À mesure que cela se produira, de nouveaux termes et concepts décriront mieux les intentions. Ce qui importe le plus, c’est que le langage ne détourne pas l’attention de l’objectif essentiel qui est d’opérer des changements à la base pour que tous les Canadiens puissent avoir accès à un sport sûr et de qualité et avoir un sentiment d’appartenance.  


Points saillants


Il n’est peut-être pas surprenant que le thème officieux des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020 ait été « la sécurité d’abord ». Reportés de 2020 à 2021 en raison de la pandémie de la COVID-19, les Jeux olympiques et paralympiques d’été sont respectivement prévus du 23 juillet au 8 août et du 24 août au 5 septembre.

Avant même que le mot COVID-19 soit entré dans le vocabulaire mondial, la sécurité était au cœur des préoccupations des organismes nationaux de sport (ONS). Dans les années qui ont précédé la pandémie, de plus en plus de cas d’abus et de maltraitance dans le sport ont fait les titres des journaux nationaux et internationaux. C’est de ces révélations qu’est né le mouvement pour un sport sécuritaire.

Les mots « sécurité » et « sûreté » nous font souvent penser à la prévention des blessures physiques ou des dommages. Mais le mouvement pour la sécurité dans le sport est bien plus que cela. Il s’agit d’optimiser l’expérience sportive pour toutes les personnes impliquées dans le sport. La sécurité dans le sport implique l’attente raisonnable que l’environnement sportif soit exempt de toutes formes de maltraitance (c’est-à-dire d’abus, de négligence, d’intimidation, de harcèlement et de discrimination) et qu’il soit également accessible, sûr, accueillant et inclusif.

Un exemple parfait de la façon dont le sport sécuritaire a progressé ces dernières années est l’établissement du Code de conduite universel pour prévenir et contrer la maltraitance dans le sport (CCUMS). Officiellement publié en 2019, le CCUMS encourage un environnement de sport sécuritaire en donnant aux ONS des principes directeurs, en définissant les comportements interdits et en exposant les sanctions en cas de mauvaise conduite. 

Les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo et de Beijing devant se dérouler au cours des prochains mois, les ONS ont travaillé d’arrache-pied à l’élaboration de politiques et d’initiatives en faveur du sport sécuritaire. Les ONS veulent assurer la sécurité et le bien-être de leurs communautés sportives, depuis la base jusqu’aux équipes nationales. Dans cet article, nous examinons en profondeur comment quatre ONS (Canada Alpin, Gymnastique Canada, Hockey Canada et Softball Canada) font progresser le sport sécuritaire. Nous discutons également des conseils, des stratégies et des leçons apprises par d’autres organismes de sport qui s’efforcent d’optimiser l’expérience sportive pour tous.

Élaboration et renforcement des politiques en matière de sport sécuritaire

Pour les quatre ONS que nous avons interrogés, faire progresser le sport sécuritaire signifiait premièrement d’aborder la politique visant à protéger leurs communautés sportives, y compris les athlètes, les entraîneurs, le personnel et les autres personnes impliquées dans l’environnement sportif. Par exemple, après la création du CCUMS, chaque sport a directement modifié ses politiques existantes en matière d’intimidation et de harcèlement.

« Le mouvement pour un sport sécuritaire nous a permis d’aborder à nouveau certains de ces domaines, et certainement de commencer à les construire et à les renforcer à mesure que nous allons de l’avant », a déclaré Todd Jackson, directeur, Assurance et gestion des risques chez Hockey Canada.

Male gymnast performing on rings.

L’idée du sport sécuritaire en tant que « mouvement » a été reprise par d’autres ONS. Ils considèrent que le CCUMS est plus qu’un document à intégrer dans leurs politiques existantes, mais plutôt la force motrice d’un changement culturel dans la façon dont nous voyons, pensons et parlons de la maltraitance dans le sport. Ce changement a commencé à se produire, mais il exige une action continue.

« Bien que la mise à jour de nos politiques organisationnelles ait été une étape importante pour améliorer la sécurité, il y a encore beaucoup de travail à faire en matière d’éducation et de sensibilisation pour les mettre en pratique », a déclaré Ellen MacPherson, directrice du sport sécuritaire à Gymnastique Canada.

Une partie de ce changement consiste à examiner le langage que nous utilisons pour décrire et discuter du sport sécuritaire. Par exemple, l’utilisation de termes comme « maltraitance » a été adoptée pour discuter des abus et du harcèlement dans le sport. Selon Kristin Noonan, gestionnaire de l’entraînement et du sport sécuritaire à Softball Canada, l’uniformisation de la terminologie a été un élément important du premier pas de Softball Canada vers la révision de ses politiques et le développement d’initiatives de sport sécuritaire.

« Avec la publication du CCUMS, nous voulions nous assurer que la terminologie utilisée était uniforme avec celle de notre site Web, de nos propres politiques et de toutes nos initiatives en matière de sport sécuritaire », a expliqué Mme Noonan.

Avoir une compréhension commune de la terminologie clé et être uniforme dans son utilisation est une étape importante pour toute organisation, tout club ou toute équipe lorsqu’il s’agit d’apporter des changements et de progresser vers une « nouvelle norme » ou une nouvelle culture. Une chose aussi simple que la création d’un glossaire peut aider à s’assurer que tout le monde est sur la même longueur d’onde.

Une autre stratégie consiste à rechercher des experts dans le domaine et à s’appuyer sur eux. Dans le cadre de leurs efforts pour mettre à jour les politiques, les ONS que nous avons interrogées ont souligné l’importance de consulter des experts en la matière, notamment des chercheurs et des avocats.

« Je pense qu’à chaque fois que vous intégrez de nouvelles lignes directrices, le fait d’être entouré d’experts et d’avoir des personnes qui peuvent vous donner leur avis sur ce que vous faites ou ne faites pas est un avantage réel et permet d’atténuer certains de ces défis », a déclaré M. Jackson.

mains d'enfants assembles pour celebrerPar exemple, Gymnastique Canada a élaboré une nouvelle politique, la Politique en matière de diversité, d’équité et d’inclusion, en collaboration avec des chercheurs et des experts à l’intérieur et à l’extérieur du sport. En plus du lancement de cette politique, Gymnastique Canada est en train de créer des ressources d’apprentissage en ligne supplémentaires qui soulignent les aspects clés de la politique et peuvent être partagées par la communauté sportive dans son ensemble. Selon Mme MacPherson, « la Politique en matière de diversité, d’équité et d’inclusion est une politique fondamentale à partir de laquelle d’autres initiatives peuvent être mises en place pour améliorer la diversité, l’équité et l’inclusion dans la gymnastique canadienne. » Elle a été mise en place pour faire en sorte que tous les participants se sentent accueillis, respectés et aient des opportunités équitables de profiter des avantages de la pratique sportive sur la santé physique et mentale.

Enfin, les ONS se tournent de plus en plus vers des tiers indépendants pour résoudre les violations de la politique sur le sport sécuritaire. Par exemple, Canada Alpin a formé le Conseil indépendant de surveillance des sports alpins: un groupe de professionnels, y compris des avocats, des chercheurs et d’autres enquêteurs indépendants, qui sont externes à l’organisme et uniquement responsables de l’arbitrage des infractions majeures. En outre, le gouvernement du Canada a récemment annoncé que le Centre de règlement des différends sportifs du Canada a été choisi pour établir et mettre en œuvre un nouveau mécanisme indépendant pour la sécurité dans le sport qui supervisera la mise en œuvre du CCUMS pour les organismes de sport financés par le gouvernement fédéral. L’établissement d’une tierce partie pour traiter spécifiquement les cas d’infraction contribue non seulement à renforcer la politique, mais permet également un processus d’adjudication neutre qui minimise la partialité et les conflits d’intérêts.

Cependant, selon Joseph Gurgis, qui a récemment quitté son poste de gestionnaire du sport sécuritaire chez Canada Alpin pour poursuivre une bourse de recherche postdoctorale à l’Université du Cap-Breton, le sport sécuritaire ne se limite pas à la politique. « Une approche à plusieurs facettes qui va au-delà de la mise en œuvre des politiques pour inclure l’éducation, la sensibilisation, les mécanismes de plainte indépendants, la recherche, la surveillance et l’évaluation est nécessaire pour s’assurer que nous avançons adéquatement une culture de sport sécuritaire », a mentionné M. Gurgis.

Cela nous amène à une autre pierre angulaire du sport sécuritaire : l’éducation.

De la base vers le haut : Éducation et sensibilisation

Qu’est-ce que la maltraitance? À quoi ressemble la maltraitance? Et qu’est-ce que le sport sécuritaire? M. Gurgis a réfléchi à cette nouvelle terminologie et a expliqué qu’une partie importante du sport sécuritaire consiste à s’assurer que les gens savent de quoi il s’agit.

« Il y a beaucoup de comportements dans le sport qui sont nuisibles mais qui sont normalisés par les parties prenantes, qui ne sont souvent pas conscientes de la façon dont certaines pratiques sportives peuvent être nuisibles au bien-être physique ou psychologique d’une personne », a affirmé M. Gurgis.

Team Canada competes in Para Ice Hockey action in Ostrava // Équipe Canada participe à un match de para-hockey sur glace à Ostrava
Photo : Comité paralympique canadien

Ironiquement, lorsqu’on discute du sport sécuritaire avec ceux qui sont censés en bénéficier, peu d’entre eux sont en mesure d’expliquer clairement ce qu’est le sport sécuritaire et ce qu’il est censé accomplir. Pour M. Jackson et Hockey Canada, tout se résume à deux mots : éducation et sensibilisation.

« Je pense que c’est là que l’éducation et la sensibilisation deviennent si importantes, parce qu’il ne suffit pas de présenter une politique à une organisation ou à des gens, il faut aussi leur expliquer pourquoi on leur présente cette politique. Et il faut aussi leur donner un peu d’information sur la façon de travailler dans le cadre de cette politique », a expliqué M. Jackson.

M. Jackson a souligné que le programme Dis-le était un élément fondamental de l’approche de Hockey Canada en matière de sport sécuritaire. Le programme Dis-le a été créé à l’origine en 1997 pour éduquer et prévenir l’intimidation, le harcèlement et les abus dans le hockey au Canada. Hockey Canada a créé le sous-comité Dis-le afin de superviser l’élaboration du programme Dis-le au fur et à mesure de son évolution.

« [Le sous-comité] a établi un cadre pour le programme qui comprenait l’élaboration de politiques, l’éducation à la base, le dépistage, qui se poursuit à tous les niveaux du jeu, et la sensibilisation à la prévention de l’intimidation, du harcèlement et des abus, a déclaré M. Jackson. Il continue à être dispensé par nos membres sous diverses formes, à nos bénévoles, à nos entraîneurs, aux personnes impliquées avec les jeunes joueurs à travers le pays. »

Plus récemment, les ONS du Canada ont concentré leurs efforts sur la création d’outils éducatifs efficaces et attrayants axés sur la maltraitance et le sport sécuritaire en général, surtout avant d’envoyer leurs meilleurs athlètes à Tokyo. Il s’agit notamment de sensibiliser davantage les participants aux pratiques qui peuvent être préjudiciables ou problématiques, ainsi qu’aux ressources qui sont à leur disposition pour les signaler et les aider. Dans le cadre de ce processus, de nombreux ONS exigent un dépistage obligatoire en plus de la formation au sport sécuritaire pour tous les participants aux Jeux olympiques et paralympiques. Ce dépistage est maintenant également effectué dans les organisations sportives de niveau plus bas.

Little girl doing gymnastics moves with ribbon in studio lit by warm sunlight

Les ONS que nous avons interrogés ont également décrit des initiatives uniques pour éduquer et engager leurs communautés à tous les niveaux. Par exemple, Gymnastique Canada a lancé cet été une nouvelle série d’apprentissage sur le sport sécuritaire et une série de champions du sport sécuritaire. Conçues pour se complémenter, ces séries font appel à des experts en recherche et à des mentors dans le domaine du sport sécuritaire. Ils partageront des idées et des conseils pratiques pour créer des environnements sains, sécuritaires et positifs pour les participants, de la base jusqu’aux équipes nationales et de haute performance de Gymnastique Canada.

« Nous poursuivons sur cette lancée [du sport sécuritaire] en vue de Tokyo en continuant l’ESI (équipe de soutien intégré), ainsi qu’en invitant des experts et des mentors à présenter des webinaires et des ateliers pour l’équipe nationale et la communauté de haute performance. Les sujets abordés comprendront les pratiques d’entraînement positives, l’amélioration de la santé mentale, la conscience de soi, le renforcement de la résilience et le maintien d’une attitude positive, ainsi que le soutien à la nutrition et à une alimentation saine », a déclaré Mme MacPherson de Gymnastique Canada. 

Chez Softball Canada, le programme « sport sécuritaire à bord » est la plus récente initiative éducative. Ce programme a été conçu pour éduquer, protéger et responsabiliser tous les membres de Softball Canada. Et le programme a déjà été mandaté pour les joueurs, les entraîneurs et le personnel de soutien qui se rendent à Tokyo pour les Jeux olympiques.

« Avant les Jeux olympiques, nous fournissons une trousse d’éducation sur le sport sécuritaire à l’équipe et nous donnerons également une présentation sur le sport sécuritaire spécifiquement pour notre programme de l’équipe nationale féminine avant leur départ pour les Jeux », a mentionné Mme Noonan.

Cette initiative permettra d’éduquer les participants de Softball Canada sur les processus de déclaration, les politiques, les directives et les contacts liés au sport sécuritaire aux Jeux. Comprenant que les personnes ne liront pas nécessairement tous les documents de politique, Mme Noonan a parlé de l’importance de ce programme d’éducation comme un moyen de fournir aux parties prenantes clés les principaux éléments d’information d’une manière plus facile à digérer et plus intéressante.

Penser de façon novatrice (et autres conseils pour les organisations de sport)

Les politiques et les initiatives éducatives sont certes importantes, mais elles doivent être développées et présentées de manière à trouver écho auprès des publics cibles. Les ONS que nous avons interrogés ont souligné l’importance de faire preuve de créativité avec les outils éducatifs et les ressources politiques. Cette créativité est essentielle non seulement pour promouvoir les messages clés, mais aussi – et c’est peut-être plus important – pour que les messages sur le sport sécuritaire soient bien perçus.

« Le message doit être transmis d’une manière conviviale et en même temps efficace. L’engagement est très important pour que les gens soient réceptifs et que [le mouvement pour un sport sécuritaire] continue de croître », a affirmé M. Jackson de Hockey Canada.

Young high school softball players in action, making amazing plays, during a game.

Pour rejoindre les organismes provinciaux et territoriaux de sport (OPS et OTS) et les clubs de base dans chaque sport, certains ONS ont mis au point des stratégies novatrices pour accroître la mise en œuvre. Softball Canada en est un bon exemple. Il partage ses modèles de politiques et ses ressources, y compris l’accès aux avocats, avec les OPS et OTS de balle-molle. Ce faisant, il limite le travail nécessaire aux OPS et OTS pour adapter leur ensemble de politiques, ce qui signifie que la mise en œuvre est plus rapide et plus uniforme à tous les niveaux du sport.

« Le CCUMS est devenu une épine dorsale pour nous permettre d’aller de l’avant avec notre harmonisation provinciale/territoriale, nous permettant de prendre notre manuel de politiques complet et de fournir des modèles à chacun des [OPS et OTS] », a mentionné Mme Noonan.

Le conseil le plus important qu’elle donne aux organismes de sport qui travaillent à la mise en place de leurs initiatives de sport sécuritaire est de penser de façon novatrice. « [Pensez à] ce qui peut être fait en plus de ces politiques et procédures. Faites en sorte que ce soit amusant et sensibilisez les gens en faisant passer le message autrement que sur une simple feuille de papier », a ajouté Mme Noonan.

French and English backstop signs developed by Softball Canada. Please remember These are kids This is a game Coaches are volunteers Umpires are human Everyone deserves respect! Softball Canada logo N'oubliez pas Ce sont des enfants C'est un jeu Les entraîneurs sont des bénévoles Les arbitres sont humains Tout le mode mérite le respect! Logo de Softball Canada

Par exemple, Softball Canada a créé une courte vidéo pour éduquer les parties prenantes sur le sport sécuritaire. Elle a également développé des cartes postales et des panneaux qui renforcent les messages clés du sport sécuritaire pour les spectateurs, y compris les parents et les gardiens, aux événements de balle-molle pour jeunes et adultes.

« Ils [les panneaux] sont accrochés sur la clôture pour que tous les partisans et les parents puissent les voir. Ils servent à rappeler à toutes les personnes concernées que tout le monde mérite le respect » a expliqué Mme Noonan. Ce sont les idées amusantes et originales qui ont fait le succès de nos initiatives, car elles sont simples et concrètes. C’est bien plus que la lecture d’une politique. »

En plus de faire passer le message d’une manière engageante, il est important de s’assurer que les voix des parties prenantes sont incluses dans les décisions concernant les politiques et les initiatives en matière de sport sécuritaire. À Gymnastique Canada, cela implique d’écouter les commentaires de la communauté de la gymnastique. Il était important d’entendre les personnes qui vivent ou mettent en œuvre les principes du sport sécuritaire pour déterminer s’il y avait des lacunes, les résoudre et réfléchir à des idées pour le développement futur.

« Le sport sécuritaire est un portefeuille en constante évolution. Il est important de travailler en collaboration avec nos intervenants et de tenir compte de leurs commentaires afin d’assurer la sécurité, la santé, le bien-être et l’inclusion de tous les participants », a déclaré Mme MacPherson.

Para-alpine skier going down the hill.Pour sa part, Canada Alpin a mis sur pied un Comité national du sport sécuritaire composé de 25 personnes, y compris des parents, des athlètes, des entraîneurs et des administrateurs de sport, provenant de la communauté du ski au Canada. « L’avancement du sport sécuritaire exige les efforts collectifs de tous les intervenants du sport. Ainsi, le but de cette collaboration diversifiée est d’engager les participants, de chaque organisation de parties prenantes, dans des conversations significatives concernant le sport sécuritaire et de leur fournir une plateforme pour discuter ouvertement de leurs besoins en matière de sport sécuritaire », a mentionné M. Gurgis. Ce comité se réunit 4 fois par an pour discuter des concepts clés du sport sécuritaire, établir et discuter des objectifs du sport sécuritaire, identifier les responsabilités des parties prenantes pour faire progresser le sport sécuritaire dans la communauté, clarifier les moyens de surveiller et de faire progresser le sport sécuritaire, et évaluer les progrès de Canada Alpin en matière de sport sécuritaire afin de fournir des recommandations pour les prochaines étapes.

Vers un sport sécuritaire au Canada

Comme on peut le constater, les organismes de sport à travers le Canada ont pris diverses mesures pour faire avancer le mouvement du sport sécuritaire. Le sport sécuritaire, et le CCUMS en particulier, sont clairs dans ce qui est un comportement inacceptable dans le sport. Toutefois, il est de plus en plus nécessaire de préparer les organismes et les participants en leur fournissant des renseignements sur les comportements acceptables et les meilleures pratiques.

Ice Hockey Players Celebrating

« Souvent, nous disons “ne faites pas ceci” ou “ne faites pas cela”, mais nous parlons rarement de « à quoi ressemble un environnement de sport sécuritaire » et « comment le rendre sûr et accueillant ». Il s’agit vraiment de suivre ces principes de sport pur et de rappeler à tout le monde à quoi ressemble un environnement de soutien », a ajouté Mme Noonan de Softball Canada.

De même, M. Gurgis encourage les organismes de sport à penser au sport sécuritaire au-delà de la conceptualisation de la prévention de la maltraitance.

« Chez Canada Alpin, cela représente tellement plus. Le sport sécuritaire ne consiste pas seulement à éliminer la maltraitance, mais aussi à optimiser l’expérience sportive pour s’assurer que chacun comprend son droit fondamental de participer et d’accéder à une version du sport qui adopte des valeurs telles que le respect, l’inclusion et le jeu équitable », a ajouté M. Gurgis.

Il semble que le sport sécuritaire soit plus qu’une simple phase, mais plutôt la « nouvelle réalité » du sport. Il y a encore beaucoup à apprendre et à faire pour créer des espaces de sport sécuritaire à travers le Canada, mais Canada Alpin, Gymnastique Canada, Hockey Canada et Softball Canada ont démontré des leçons et des apprentissages importants pour protéger la sécurité et le bien-être de tous les participants. Pour les autres ONS qui cherchent à promouvoir le sport sécuritaire dans leurs communautés sportives, les principales leçons sont les suivantes :

L’utilisation de ces conseils et stratégies peut aider les sports à développer, renforcer, éduquer et accroître la sensibilisation au sport sécuritaire. Rejoignez le mouvement visant à optimiser les expériences sportives pour tous!


Ressources recommandées

Des renseignements supplémentaires, le Code de conduite universel pour contrer la maltraitance dans le sport (CCUMS) et des ressources sur le sport sécuritaire au Canada sont disponibles sur le site Web du SIRC: https://sirc.ca/fr/sportsecuritaire/.

Les rapports de tendances peuvent être une source précieuse d’information pour les conseils d’administration des organisations de sport qui développent leurs compétences en matière de prévoyance stratégique. En réfléchissant aux évolutions émergentes dans le comportement et les attitudes des consommateurs, aux priorités des gouvernements et aux innovations du secteur, vous pouvez vous assurer que votre organisation reste pertinente à l’avenir.

Les mouvements #MeToo et Time’s Up ont touché pratiquement tous les secteurs de la société canadienne et reflètent un changement de culture qui se produit dans le sport. Le sport sécuritaire englobe les droits de chacun à profiter d’une sécurité physique et psychologique dans l’environnement sportif, appelant à utiliser le pouvoir de manière positive.

S’il y a bien eu une période dans notre histoire pour réfléchir à la manière de ne laisser personne derrière, 2020 était cette année-là. Alors que les gens et les organisations cherchent à remonter la pente suite aux répercussions de la COVID-19, nous devons réfléchir à la manière de progresser par des moyens qui rassemblent intentionnellement les gens, et nous devons travailler collectivement à un avenir meilleur. Les objectifs de développement durable (ODD) peuvent fournir un cadre pour atteindre ce but.

Que sont les objectifs de développement durable?

L’Agenda 2030 du développement durable, adopté par tous les États membres des Nations unies en 2015, est un appel à l’action mondial pour mettre fin à la pauvreté, protéger la planète et améliorer la vie et les perspectives de chacun, partout. Au cœur de l’Agenda se trouvent 17 ODD et 169 cibles connexes, conçus comme un « plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. » Les ODD sont un appel universel à la responsabilité sociale de la part des 193 pays qui les ont signés, dans tous les secteurs et pour chaque personne. Nous avons tous un rôle à jouer pour atteindre les ODD et contribuer à un meilleur avenir, un avenir qui ne laisse personne de côté.

En quoi cela concerne-t-il le sport?

Il est bien connu que le sport contribue au développement social en développant les compétences de vie, les compétences et les liens sociaux, ainsi que la santé mentale et physique et le bien-être (Bailey et coll. 2009; Holt et coll. 2008; Neely et Holt 2014). De nombreuses organisations de sport investissent dans le sport fondé sur des valeurs, le sport sûr, la diversité et l’inclusion. Les ODD sont l’occasion d’aligner ces priorités sur le cadre plus large des ODD axé sur l’inclusion et notre responsabilité sociale de contribuer au bien commun et d’œuvrer à un avenir meilleur.

Sur les 17 ODD, huit concernent directement le sport :

3 – Assurer une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tout âge.

4 – Assurer une éducation de qualité inclusive et équitable et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous.

5 – Assurer l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles.

8 – Promouvoir une croissance économique soutenue, inclusive et durable, le plein emploi productif et un travail décent pour tous.

10 – Réduire les inégalités au sein des pays et entre eux.

11 – Rendre les villes et les établissements humains inclusifs, sûrs, résilients et durables.

16 – Promouvoir des sociétés pacifiques et inclusives pour le développement durable, assurer l’accès à la justice pour tous et mettre en place des institutions efficaces, responsables et inclusives à tous les niveaux.

17 – Renforcer les moyens de mise en œuvre et renouveler le partenariat mondial pour le développement durable.

Le Plan d’action de Kazan fournit un cadre pour harmoniser les actions dans le domaine du sport, de l’activité physique et de l’éducation physique afin de contribuer aux ODD. Pour les organismes de sport canadiens, le Plan d’action de Kazan favorise les connexions et l’harmonisation à l’échelle mondiale dans des domaines d’intérêt commun tels que la défense du sport, l’intégrité du sport, l’équité entre les sexes, le partage de l’information et les mesures collectives – toutes des questions clés pour le système sportif canadien.

Outdoor sport facility

Selon Vicki Walker, directrice générale de Sport Canada, « les objectifs de développement durable nous fournissent un cadre reconnu et accepté à l’échelle internationale grâce auquel nous pouvons identifier et communiquer la valeur ajoutée et les répercussions plus larges des investissements [du gouvernement canadien] dans le sport. Les ODD, et le mouvement mondial visant à les utiliser pour mesurer les effets du sport, peuvent aider les gouvernements et les organisations sportives à mieux comprendre l’incidence de leur travail actuel, ainsi qu’à orienter les investissements et les initiatives futurs. »

Les ODD sont de plus en plus utilisés comme une lentille à travers laquelle les financeurs (gouvernements, fondations et autres) évaluent les retombées de leurs investissements, ce qui oblige les organisations sportives à intégrer les ODD dans la conception de leurs projets et dans leurs stratégies d’évaluation.

Engagement envers les ODD

Les organismes de sport peuvent s’engager dans les ODD de la manière suivante :

  1. Examiner comment les ODD sont liés aux priorités actuelles et futures, et les utiliser pour orienter les activités afin de contribuer à une plus grande inclusion et à d’autres résultats sociaux.
  2. Établir des objectifs, des cibles et des stratégies de mesure spécifiques relatifs aux ODD afin de créer une prise de conscience et une responsabilité pour faire progresser les objectifs au sein de votre organisation, de votre communauté et de votre écosystème sportif.
  3. Communiquer sur le travail relatif aux ODD afin que les principales parties prenantes, y compris les membres et les bailleurs de fonds, sachent que vous investissez dans le développement social et dans un objectif qui va au-delà de la simple prestation d’un programme sportif.
  4. Travailler avec d’autres intervenants pour avancer ensemble; l’ODD 17 concerne les partenariats mondiaux qui soutiennent les objectifs et constitue un appel à l’action pour que nous collaborions afin de maximiser les résultats et les retombées.

Organismes de sport canadiens utilisant les ODD

Plusieurs organismes de sport canadiens utilisent déjà les ODD, notamment Commonwealth Sport Canada et MLSE LaunchPad.

Commonwealth Sport Canada (CSC) est un exemple puissant d’organisme de sport canadien qui contribue aux ODD à l’échelle internationale. Grâce à l’utilisation des programmes de sport pour le développement et du développement du sport visant à promouvoir l’essor communautaire et social et renforcer les capacités du système sportif national dans tout le Commonwealth, CSC contribue à 10 ODD (1 à 5, 8, 10, 11, 16 et 17) en mettant l’accent sur les ODD 3, 4, 5 et 16. CSC a créé ou amélioré 129 projets de développement du sport et de sport au service du développement (SSD), dont 17 projets de SSD destinés exclusivement aux femmes et aux filles. Sur ces 17 projets, neuf sont aujourd’hui opérationnels dans des pays désignés comme pays d’aide publique au développement, où l’aide favorise et cible spécifiquement le développement économique et le bien-être des pays en développement.

Au Canada, MLSE Launchpad a créé le Cadre métrique du sport pour le développement afin d’unifier les efforts de mesure et d’évaluation d’une série d’organisations qui financent et fournissent des programmes de sport pour le développement des jeunes au Canada et au-delà. L’utilisation de mesures uniformes permet de partager des enseignements puissants pour améliorer les résultats des jeunes et les retours sur investissement des organismes de bienfaisance. Le Cadre se concentre sur quatre piliers – corps sain, esprit sain, prêt pour l’école et prêt pour le travail – et s’aligne sur les ODD 3, 5, 8, 9, 10 et 16. Le Cadre est basé sur la théorie du changement de MLSE LaunchPad, qui décrit comment les programmes du sport pour le développement contribuent à une série de résultats positifs pour le développement des jeunes confrontés à des obstacles.

Pour commencer

Alors que les organisations cherchent à se remettre de la COVID-19 et à évoluer en réponse à la prise de conscience sociale résultant du mouvement antiraciste, nous avons l’occasion de réfléchir à la manière de créer un monde meilleur, un système sportif plus fort et un chemin vers l’équité et la justice à mesure que nous avançons. Les ODD sont une occasion de se connecter à une initiative mondiale ET de considérer comment l’inclusion sociale, la pauvreté, l’environnement, l’éducation et d’autres domaines clés sont liés et influencent la vie des participants actuels et futurs du sport. Les ODD sont un point de ralliement que le sport peut adopter, autour duquel il peut s’aligner et utiliser pour avoir un véritable effet mondial. Imaginez si nous prenions nos énergies collectives et notre passion pour la compétition et que nous les canalisions pour progresser vers 2030 et atteindre les ODD!

Du recrutement et de la rétention des joueurs au développement du leadership, en passant par la formation efficace des entraîneurs, les bénéficiaires de la subvention de jumelage chercheur/praticien du SIRC aborderont une série de questions pour aider à atteindre l’égalité des sexes dans le système sportif canadien. Pour en savoir plus sur cette initiative et sur tous les jumelages entre organismes sportifs et universités qui ont été soutenus. Les résultats et les principales leçons tirées de tous les projets seront partagés par le SIRC afin de soutenir la planification de programmes et l’élaboration de politiques fondées sur des preuves.

Priorités actuelles

Le renouvellement de la Politique canadienne du sport (2023-2033)

La Politique canadienne du sport doit être renouvelée en février 2023. Cette nouvelle politique permettra de définir les priorités du sport au Canada et de guider les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux dans la promotion du sport au cours des dix prochaines années (2023-2033).

Pour s’assurer que la nouvelle politique reflète le sport que les Canadiens veulent, il est important que nous entendions des parties prenantes appéciées et diverses de tout le pays. Le SIRC collabore avec les groupes de travail sur le renouvellement de la Politiques canadiennes du sport et avec les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriales pour offrir des séances de consultation et d’engagement virtuelles d’avril à juin 2022. Pour compléter et informer davantage le processus, des Canadiens de partout au pays ont participé à l’enquête. Veuillez noter que le sondage est maintenant terminé. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez contacter info@sirc.ca.

Documents clés :


Code de conduite universel pour prévenir et contrer la maltraitance dans le sport (CCUMS), version 5.1

La communauté sportive nationale du Canada s’est engagée à créer un environnement sportif sécuritaire. Au nom des organismes nationaux de sport (ONS), des organismes de services multisports (OSM) et des membres du Réseau des instituts du sport olympique et paralympique du Canada (RISOP), nous sommes heureux de fournir la version 5.1 du Code de conduite universel pour prévenir et contrer la maltraitance dans le sport (CCUMS). Le CCUMS servira de fondement à l’élaboration d’une stratégie de mise en œuvre coordonnée pour prévenir et contrer la maltraitance à tous les niveaux du système sportif canadien et pour tous les participants (athlètes, entraîneurs, officiels, administrateurs, praticiens, etc.). Le CCUMS est le résultat d’un vaste processus de consultation qui a fait appel à la perspicacité et à l’expertise du système sportif et d’experts externes en la matière.

Documents clés :


Commotions cérébrales dans le sport

Au fur et à mesure que la sensibilisation aux conséquences à court et à long terme des commotions cérébrales sur la santé s’est accrue, le secteur canadien du sport et de l’activité physique a mis les bouchées doubles pour gérer et prévenir les commotions cérébrales dans le sport de façon proactive.

Documents clés :


Équité entre les sexes

L’engagement actif des filles et des femmes en tant que participantes et leaders améliore le système canadien de sport et d’activité physique pour tous. En 2018, le gouvernement fédéral s’est fixé comme objectif d’atteindre l’équité entre les sexes dans le sport d’ici 2035.

Documents clés :


Réconciliation

Le secteur canadien du sport et de l’activité physique a un rôle important à jouer dans le rétablissement des relations du Canada avec les peuples autochtones. En particulier, les appels à l’action 87 à 90 de la Commission de vérité et de réconciliation répondent au besoin de mieux raconter l’histoire nationale des athlètes autochtones dans l’histoire, de soutenir le développement de ces athlètes et d’accroître les possibilités de participation et de compétition inclusives.

Documents clés :


Inclusion des personnes handicapées

Le secteur canadien du sport et de l’activité physique s’est engagé à faciliter la pleine participation active des personnes handicapées – de l’activité physique récréative à la compétition para-sportive de haute performance – et à contribuer à l’inclusion sociale par ces activités.

Documents clés :


Documents de politique

Politique canadienne du sport 3.0

Le renouvellement de la Politique canadienne du sport de 2012 doit avoir lieu en 2023.

Politique canadienne du sport 2012

La Politique canadienne du sport actuelle, en vigueur de 2012 à 2022, établit une orientation pour l’ensemble des gouvernements, institutions et organismes afin de s’assurer que le sport a un effet positif sur la vie des Canadiens et des Canadiennes, les collectivités et le pays.

Cliquez ici pour consulter les documents relatifs au renouvellement de la Politique canadienne du sport en 2012.

Stratégie canadienne du sport de haut niveau (2019)

Conçue pour orienter les politiques et les priorités de la communauté sportive nationale de haut niveau à l’appui des 13 objectifs liés à la haute performance de la Politique canadienne du sport.

Une vision commune pour accroître l’activité physique et réduire la sédentarité au canada : soyons actifs (2018)

Élaborée en réponse à un appel lancé par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux en faveur d’un cadre pancanadien sur l’activité physique, cette politique vise à réunir les leaders des secteurs du sport, des loisirs, de la santé et d’autres secteurs stratégiques pertinents afin d’influencer l’activité physique et la vie sédentaire au Canada.

Cadre pour le loisir au canada (2015)

Un document d’orientation à l’intention des fournisseurs de loisirs publics au Canada. Conçu pour permettre à tous les Canadiens et les Canadiennes de profiter d’activités récréatives et de plein air dans un environnement physique et social positif.

Canada actif 20/20 (2012)

Conçu pour mobiliser les décideurs et rallier les efforts concertés, coordonnés et uniformes de tous les intervenants à tous les niveaux afin de faire une différence pour le bien-être et la durabilité de nos programmes sociaux, de nos collectivités, de notre pays et, surtout, de nos gens.

Autres documents liés aux politiques

Cliquez ici pour connaître d’autres politiques, lois et règlements de Sport Canada.

(*seulement disponible en anglais)

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