Le centre de documentation pour le sport
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Le centre de documentation pour le sport

Quatorze mois avant les Jeux olympiques d’hiver de 2014, la curleuse Jennifer Jones a fait une mauvaise chute et s’est déchiré le ligament croisé antérieur du genou. Elle était enceinte de son premier enfant à cette époque et espérait représenter le Canada aux Jeux olympiques.

« Parce que j’étais enceinte, plusieurs ont pensé que je ne serais pas capable d’avoir un bébé, d’être une maman, puis de revenir et de recevoir des services de réadaptation après l’opération du genou, a-t-elle déclaré lors d’une entrevue au début de 2022. Beaucoup de gens nous ont rayés de la carte ».

Curling athletes competing.Mais l’équipe de Jones, basée à Winnipeg, a surmonté l’adversité pour remporter le tournoi de qualification et le droit de représenter le Canada à Sochi. Là-bas, elle est devenue la toute première équipe féminine à demeurer invaincue dans une compétition olympique de curling. Les joueuses ont remporté 11 parties consécutives, ce qui a permis à l’équipe canadienne de récolter la médaille d’or.

Nouvelle maman. Genou reconstruit. Une carrière d’avocate. Médaillée d’or olympique. Jennifer Jones est au sommet.

« Ce n’est pas parce que vous êtes parent que vous ne pouvez pas récupérer d’une blessure ou que vous ne pouvez pas connaître du succès sur le plan professionnel, ou que vous ne pouvez pas faire toutes ces choses tout en étant une excellente maman, ajoute-t-elle. Ce n’est peut-être pas comme ça que les autres vous imaginent en tant que “bonne mère”, mais vous pouvez toujours trouver un moyen de réaliser toutes les choses que vous voulez dans votre vie. »

Faire entrer les mères dans le jeu, et pourquoi c’est important

Jones est tout aussi fière de son rôle de mère que de sa carrière sportive extraordinaire qui lui a valu d’être reconnue par ses pairs comme la plus grande curleuse canadienne de tous les temps. Son histoire illustre sa détermination et sa résilience. Mais, comme beaucoup de mamans, elle n’hésite pas à souligner que cela n’a pas toujours été facile.

Les femmes signalent une baisse significative de leur niveau d’activité physique après la naissance de leur premier enfant (McIntyre & Rhodes, 2009). Les mères ont tendance à être moins actives que les pères et les femmes d’âge similaire sans enfants (Bellows-Reicken & Rhodes, 2008). Bien que de nombreuses mères souhaitent pratiquer une activité physique et sportive (CFLRI, 2020), les sentiments de culpabilité, les devoirs parentaux et l’accès limité aux installations de conditionnement physique et à des activités organisées constituent souvent des obstacles supplémentaires à l’activité physique, en particulier pendant une pandémie mondiale.

Mother And Daughter Playing Soccer In Park TogetherCes défis empêchent les mamans (et leur famille) de profiter des nombreux avantages que le sport et l’activité physique ont à offrir. La pratique d’un sport n’est pas réservée aux athlètes d’élite, car chaque maman peut en tirer des avantages. Par exemple, les avantages pour la santé physique et mentale, une unité familiale active et liée, et plus encore.

Encourager les mères à faire du sport et à être physiquement actives figurent parmi les principaux objectifs d’une campagne de sensibilisation du public du Centre de documentation pour le sport (SIRC). Avec le soutien du gouvernement du Canada, le SIRC a élaboré la campagne Vas-y, Maman ! (Mom’s Got Game) et l’a lancée comme projet pilote en 2021. Vas-y, Maman ! (Mom’s Got Game) est une initiative bilingue visant à encourager, célébrer et appuyer les mères souhaitant pratiquer une activité physique ou un sport.

Une campagne élargie comprenant des publicités numériques, radiophoniques et télévisées sera lancée au printemps 2022, avant la fête des Mères. Elle sera amplifiée par AthlètesCAN, l’association nationale des athlètes canadiens. La campagne comprendra également un carrefour Web actualisé offrant des ressources et un soutien pour aider les familles et les organisations sportives à favoriser la participation des mères au sport et à l’activité physique. Il y a aussi un nouveau programme de subventions pour aider les organisations sportives à favoriser la participation des mères.

« Je devais faire en sorte que chaque moment compte » : Surmonter la culpabilité de la mère

Mandy Bujold with her daughter in a boxing ring posing for a picturePeu de nouvelles mères sont confrontées au genre de défis que Mandy Bujold a dû relever à l’approche des Jeux olympiques de Tokyo en 2020. La boxeuse canadienne a mené une bataille juridique très médiatisée pour obtenir une place dans la compétition olympique suite à l’annulation d’une épreuve de qualification clé en raison de la pandémie. Le Comité international olympique a basé ses sélections sur des épreuves antérieures qui ont eu lieu alors que Bujold était enceinte et qu’elle préparait son corps à reprendre la compétition de haut niveau.

Quelques semaines à peine avant le début des Jeux de Tokyo, le tribunal arbitral du sport de Lausanne a décidé que les décisions relatives aux qualifications devaient prévoir une adaptation pour les femmes enceintes ou en post-partum. Après cette décision, Bujold a lutté ardemment pour représenter son pays en tant que double championne olympique.

« C’était une toute nouvelle expérience pour moi, se souvient Bujold dont la carrière comprend des médailles aux Jeux panaméricains et aux Jeux du Commonwealth.

« Tout mon univers a basculé. En tant qu’athlète, on pense toujours à soi-même. Puis ma fille Kate est arrivée et ma perspective a totalement changé. Je devais faire en sorte que chaque moment compte, que ce soit en étant la mère de Kate, ou en m’entraînant au gymnase. »

Mandy Bujold

La vététiste Catharine Pendrel a décidé d’attendre la fin de sa carrière de compétition pour fonder une famille. La médaillée de bronze olympique et ancienne championne du monde a donné naissance à sa fille Dara en janvier 2021. Pendrel était de retour sur le circuit international de vélo de montagne lorsque les compétitions de la coupe du monde ont repris en mai 2021. Quelques mois plus tard, elle a rejoint Bujold à Tokyo pour représenter le Canada à ses quatrièmes Jeux olympiques.

Catharine Pendrel holding her baby her daughter after a competition « La réaction a été vraiment positive de la part de nombreuses femmes avec lesquelles je fais des compétitions, car cela leur montre qu’il n’est pas nécessaire de prendre sa retraite pour fonder une famille, déclare Pendrel. Mais cela ne veut pas dire que je ne n’éprouve pas de sentiments de culpabilité lorsque je suis loin de Dara pour l’entraînement ou la compétition. »

Pendrel a découvert qu’elle est en fait un meilleur parent lorsqu’elle prend le temps de faire de l’activité physique. Peu après la naissance de sa fille, elle a pris l’habitude de laisser le bébé à son conjoint et de sortir de la maison pour aller s’entraîner.

« Cela faisait du bien d’avoir du temps pour moi et d’être vraiment concentrée sur mon entraînement. Et je pouvais le faire sans culpabilité. »

Catharine Pendrel

Les expériences de ces mamans olympiques ne sont pas uniques. Des études confirment que lorsque les mères prennent du temps pour elles, elles éprouvent souvent des sentiments de culpabilité et d’égoïsme. Elles ont l’impression que leur propre activité physique les prive de leurs enfants, de leur partenaire ou des tâches ménagères (Bean et Wimbs, 2021 ; Dixon, 2009 ; Hamilton et White, 2010 ; Ritondo, 2021). D’un autre côté, les mères physiquement actives disent se sentir en meilleure santé et plus heureuses, ce qui leur donne l’impression d’être de meilleurs parents (Hamilton & White, 2010).

« Le sport m’a aidée à devenir une meilleure maman » : Relier le sport à la vie de famille

La paralympienne Ina Forrest est entrée au panthéon de son sport après que ses enfants eurent dépassé le stade des couches et des biberons de minuit. Mais cela ne signifie pas qu’elle ne s’est pas sentie coupable chaque fois qu’elle était sur la route, ce qui, dans son cas, est assez fréquent. Après avoir découvert une aptitude unique pour le curling en fauteuil roulant, Forrest a participé à 12 championnats du monde consécutifs et a remporté trois médailles paralympiques (dont l’or en 2010 et 2014).

« Je suppose que je l’ai justifié en disant que parfois je donne tout aux autres et parfois je prends égoïstement », dit-elle lors d’une entrevue à l’approche de ses quatrièmes Jeux paralympiques à Beijing. « Mais j’ai fixé une limite claire à ce que je faisais, de sorte que si cela commençait à nuire à la famille, j’arrêtais. Avoir cette limite était ma façon de réconcilier ma culpabilité personnelle. »

Au fil des ans, Ina a appris à apprécier la manière dont son engagement dans le sport a aidé ses enfants, Evany, Marlon et Connor, à la considérer non seulement comme « maman », mais comme une personne ayant des objectifs de vie. Au cours de sa carrière d’athlète, ses enfants ont également appris qu’il est important pour les membres d’une famille de s’appuyer les uns les autres.

« Ma fille m’a dit un jour : « Maman, tu fais tout pour nous. Tu devrais faire quelque chose pour toi-même »

Ina Forrest

Jennifer Jones, une autre curleuse, a également lutté contre des sentiments de culpabilité maternelle, aggravés par le jugement des gens sur les médias sociaux.

« Je participais aux Jeux olympiques 13 mois après la naissance de mon premier enfant, et tout le monde semblait avoir une opinion à ce sujet, se souvient-elle. J’ai appris à y faire face en étant dans le moment présent. Que je sois avec mes enfants ou sur une piste de curling, je suis engagée à 100 % dans le moment présent. »

Curling stonesMais tout comme Forrest, Jones voit aussi les avantages de son style de vie actif et de sa carrière sportive pour toute la famille. Elle dit que ses filles Isabella et Skyla sont actives et ont vu que tout est possible si l’on y travaille et si l’on croit en soi. Le mari de Jones, Brent Laing, est également un curleur de haut niveau.

Les expériences de ces mamans médaillées d’or confirment ce que la recherche nous dit : les parents physiquement actifs favorisent une culture familiale active dans laquelle les enfants sont influencés par un modèle de comportement sain. Des études ont également confirmé que l’activité physique contribue à une unité familiale heureuse et liée (Hamilton & White, 2010). En d’autres termes, lorsque les parents sont heureux, les enfants le sont aussi.

« J’ai souvent demandé aux filles si elles souhaitaient que je prenne ma retraite, et elles m’ont toujours répondu “non” », déclare Jones, qui a représenté le Canada aux récents Jeux olympiques de Beijing

« Elles constatent les nombreux avantages d’un mode de vie actif. Et je pense qu’elles savent aussi que le sport m’a aidée à devenir une meilleure mère. »

Jennifer Jones

« Vous n’avez pas à tout faire vous-même » : Accepter le soutien de la famille et des amis

Jennifer Jones est également consciente des attentes qu’elle se fixe, notamment en tant que mère. La société promeut l’idéal de la « super maman », qui, selon elle, peut susciter des attentes déraisonnables chez les nouvelles mères.

« Je dis aux nouvelles mamans de célébrer tous les petits accomplissements. Avez-vous pris une douche aujourd’hui ? Vous avez bien mangé ? C’est génial ! »

Il est tout aussi important, dit-elle, que l’entourage de la nouvelle maman reconnaisse les petites victoires.

« Donc, quand il y a du linge partout et que la cuisine n’est pas propre parce que la journée a été difficile, vous n’avez probablement pas besoin de le souligner », propose-t-elle avec un sourire. « Aidez-la à voir toutes les choses qu’elle fait réellement, aussi petites soient-elles. »

Selon la recherche, le soutien social est l’un des plus importants facilitateurs de l’activité physique et de la participation sportive d’une mère. Lorsque le partenaire participe à la garde des enfants et aux tâches ménagères, les mères sont plus susceptibles de trouver du temps pour être actives (Bean et Wimbs, 2021 ; Dixon, 2009 ; Hamilton et White, 2010). Le fait que le conjoint ou la conjointe amène les enfants à un match pour encourager l’autre parent peut également favoriser la participation de ce dernier (Bean et Wimbs, 2021 ; Dixon, 2009).

Catharine Pendrel on her road bike with her husband and baby daughter next to her.Reid, le mari de Bujold, amène la petite Kate au gymnase de temps en temps pour qu’elle regarde maman s’entraîner, ou il lui montre des vidéos de maman à l’entraînement. Le mari de Pendrel, Keith, est resté à la maison pendant un an pour qu’elle puisse reprendre son entraînement et revenir sur le circuit international, tout en continuant à remplir son rôle de mère. Pendrel s’empresse d’ajouter que Keith s’est également réservé du temps pour s’entraîner.

Le soutien de ses coéquipières l’a aidé à devenir un meilleur parent. « Nous faisons ressortir ce qu’il y a de meilleur chez les autres, dans les moments difficiles, dans les bons et les mauvais moments, dit-elle. Je sais combien il est bon d’être élevée par eux, alors j’essaie de faire de même pour mes enfants. »

La famille élargie et le cercle d’amis sont également une source importante de garde d’enfants et de soutien émotionnel (Bean et Wimbs, 2021 ; McGannon et al., 2018).

« Vous devez cesser de croire que vous devez tout faire vous-même, conseille Bujold.

« Il y a des gens — des membres de la famille, des voisins, des amis — qui seraient ravis de vous aider, même si c’est juste pour une heure, afin que vous puissiez sortir vous promener. Il suffit de leur demander. »

Mandy Bujold

« Le mouvement, c’est une forme de médicament » : Soutenir la santé physique et mentale

Chacune des quatre athlètes de haut niveau rencontrées dit que les avantages peuvent être mentaux autant que physiques. La campagne Vas-y Maman ! du SIRC met en lumière les recherches qui confirment que l’activité physique régulière peut contribuer à améliorer la santé mentale des nouvelles et futures mamans, ce qui peut avoir des effets positifs sur la mère et le bébé (Davenport et al., 2020 ; Atkinson et al., 2020).

« Le mouvement, c’est une forme de médicament », selon Pendrel, qui affirme que même 15 minutes de marche peuvent faire des merveilles pour son état mental.

Les mères qui travaillent déclarent se sentir mieux, mieux dormir, avoir des objectifs personnels satisfaisants et être capables de se détendre lorsqu’elles prennent le temps d’être actives (Dixon, 2009). Et ces avantages s’étendent également à leur famille (Limbers et al., 2020).

Une analyse du sondage indicateur d’activité physique mené en 2014-2015 par l’Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie (ICRCP, 2020) a révélé que 83 % des mères estiment que l’activité physique les aide à gérer leur stress.

Ina Forrest with her family and friends« Le sport fait partie de qui je suis, note Forrest. Enfant, je participant à toutes les activités sportives que je pouvais et j’adorais ça. J’ai appris à l’apprécier encore plus après l’accident. »

Un accident frontal avec un conducteur ivre a laissé Forrest paralysée à l’âge de 21. Pendant plus de deux décennies, elle s’est concentrée sur ses études et sa famille. Une rencontre fortuite et une invitation à essayer le curling en fauteuil roulant ont littéralement changé la donne.

« J’aime être une mère, mais j’aime aussi être une athlète », déclare Forrest.

« La possibilité de faire les deux est formidable. Je souhaite à chaque maman qui a le désir d’être une athlète de trouver le soutien dont elle a besoin pour y parvenir. »

Ina Forrest

À propos de Vas-y, maman !

La campagne Vas-y Maman ! (Mom’s Got Game) vise à servir à la fois de catalyseur et de ressource pour les femmes qui cherchent à trouver des moyens de rester actives après avoir eu des enfants. La campagne débute le jour de la Journée internationale de la femme (8 mars) et se termine à la fête des Mères (8 mai).

Consultez le site de Vas-y Maman !) pour en savoir plus et accéder à une série de documents utiles pour vous lancer ou rester motivée. Sur le site, vous trouverez des témoignages convaincants de mères actives qui prouvent chaque jour qu’il n’est pas nécessaire d’être une paralympienne ou une olympienne pour profiter des bienfaits illimités d’une activité physique et sportive régulière

À propos d’AthlètesCAN

AthlètesCAN est l’association des athlètes des équipes nationales canadiennes. Il s’agit de l’unique regroupement d’athlètes au pays qui soit totalement indépendant et inclusif, et du premier organisme en son genre dans le monde entier. À titre de voix des athlètes de l’équipe canadienne, AthlètesCAN veille à ce que le système sportif soit centré sur les athlètes en formant des athlètes leaders qui influenceront les politiques du sport et qui, en tant que modèles à émuler, favoriseront une solide culture sportive.

Saviez-vous que 12 % des athlètes qui ont participé aux Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 ont subi une blessure ? Bien que les taux de blessures soient restés similaires au cours des trois derniers Jeux olympiques d’hiver, les taux d’incidence varient considérablement d’un sport à l’autre. Comprendre les variations spécifiques aux sports en matière de maladies ou de blessures peut contribuer à la prévention et à la planification des soins de santé pendant les Jeux d’hiver.

Aujourd’hui, c’est la Journée Bell Cause pour la cause, une journée de sensibilisation et de lutte contre la stigmatisation des maladies mentales au Canada.

Selon le Comité international olympique (CIO), jusqu’à 35 % des athlètes d’élite présentent des symptômes et des désordres de santé mentale. Les discussions sur la santé mentale sont heureusement de plus en plus normalisées dans le sport de haut niveau. Consultez la boîte à outils du CIO sur la santé mentale des athlètes d’élite pour obtenir des conseils et des stratégies visant à protéger et à promouvoir la santé mentale des athlètes de haut niveau dans votre vie.


Points saillants


Le SIRC a demandé au journaliste sportif Teddy Katz d’écrire une suite à son article intitulé « Une préparation pour les Jeux olympiques et paralympiques pas comme les autres », publié en juillet, à l’approche de Tokyo 2020. Dans cet article, Teddy Katz avait souligné l’importance de la santé mentale et du bien-être à Tokyo, comme jamais auparavant.

Dans cette deuxième partie, M. Katz partage les leçons tirées de l’expérience des équipes canadiennes avant et pendant les Jeux de Tokyo. Comme le souligne M. Katz, les Jeux de Tokyo ont marqué un tournant dans le domaine de la santé mentale, les niveaux de stress n’ayant jamais été aussi élevés en raison de la pandémie. Il explique comment le Canada est devenu un leader mondial dans la création d’une stratégie de santé mentale pour le sport de haut niveau. Mais il souligne également que le système sportif est confronté à d’énormes défis lorsqu’il tente de mettre en œuvre cette stratégie.

La santé mentale d’abord

Alors que les projecteurs olympiques sont braqués sur elle, l’une des meilleures gymnastes du monde, Simone Biles, a fait la une des journaux du monde entier lorsqu’elle s’est retirée de plusieurs épreuves pendant Tokyo 2020.

Et selon l’une des meilleures athlètes canadiennes, il s’agit d’un moment décisif pour la santé mentale.

La lutteuse Erica Wiebe, qui a remporté une médaille d’or aux Jeux olympiques de Rio 2016, l’a observé de près pendant son séjour à Tokyo. « C’était une façon incroyablement puissante [pour Simone Biles] de dire que “mon humanité est plus importante que mes résultats”, a mentionné Mme Wiebe. C’était un moment décisif pour le sport. J’espère que les athlètes ont vu ça et qu’ils réalisent que peu importe qui ils sont, ils ont du pouvoir. »

Close up of a men's quadruple skulls rowing team, seconds after the start of their race

Caileigh Filmer a appris en allant à Tokyo qu’elle avait ce même pouvoir. À cent jours des Jeux, la championne du monde d’aviron était sur le point d’abandonner son sport parce que son univers devenait incontrôlable. Elle vivait un nouveau cycle de dépression, similaire à celui qui l’a forcée à s’éloigner du sport pour la première fois en 2019. À seulement 3 mois de Tokyo, son état de santé mentale la rendait terrifiée rien qu’à l’idée de se rendre aux Jeux.

Le rêve olympique de Mme Filmer n’a été sauvé que lorsqu’un ami lui a rappelé qu’elle avait toujours parlé ouvertement de sa santé mentale. Au lieu qu’elle abandonne, il l’a encouragée à inspirer les autres en leur montrant comment elle pouvait « botter les fesses de sa dépression ». Elle a fini par écrire un journal de gratitude et a partagé le récit de première main de ses luttes sur son compte Instagram et dans une histoire avec Aviron Canada. Elle dit que gagner une médaille de bronze à Tokyo était la cerise sur le gâteau après le chemin rocailleux pour y arriver.

« Je suis allée à Tokyo pour combattre ma dépression, en espérant que cela aiderait au moins une autre personne. J’ai découvert qu’en partageant mon histoire, cela a aidé beaucoup d’autres personnes dans leur propre lutte. »

– Caileigh Filmer

Normaliser la conversation

Selon la déclaration de 2019 du Comité international olympique (CIO) sur la santé mentale des athlètes d’élite, les symptômes et les troubles de la santé mentale peuvent se manifester dans une fourchette allant de 5 à 35 % des athlètes d’élite. Les données synthétisées dans la déclaration de consensus ont également montré que 33,6 % des athlètes d’élite et 26,4 % des anciens athlètes ont signalé des symptômes d’anxiété ou de dépression. Parallèlement, 49 % ont signalé des problèmes liés au sommeil.

En réponse à cette situation, le CIO a créé une trousse d’outils de reconnaissance de la santé mentale afin d’aider les intervenants du sport à repérer les symptômes. Cette boîte à outils les aide également à reconnaître toute une série de problèmes, depuis les difficultés de santé mentale jusqu’au diagnostic officiel d’une maladie mentale, en passant par toutes les situations intermédiaires.

A team gathered with hands in middle getting ready to cheer

Selon Karen MacNeill, qui a été responsable de la santé mentale pour le Comité olympique canadien lors de plusieurs Jeux, le monde du sport a parcouru un long chemin et parle désormais davantage de la santé mentale. Mme MacNeill est sur le terrain pour aider l’équipe olympique canadienne depuis les Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018. Elle était à Tokyo cet été et soutiendra à nouveau l’équipe à Pékin.

Selon elle, dans le passé, il y a toujours eu de grands défis à relever, notamment la stigmatisation de la santé mentale et la façon dont les athlètes sont vénérés dans la société, ce qui peut les empêcher de chercher de l’aide. « Ils sont tenus à une certaine norme, mais parfois ils se sentent à l’opposé de ce qu’ils pensent devoir ressentir en fonction de ces attentes à leur égard. Et donc, il y a ce sentiment de stoïcisme, a mentionné Mme MacNeill. C’est un peu comme s’ils se disaient : “Je dois endurer cela sans problème ni plainte. C’est comme ça qu’on s’entraîne, c’est comme ça qu’on s’améliore”. Et je pense qu’il s’agit de reconnaître que c’est normal de ne pas se sentir bien. »

Selon Mme MacNeill, le cas de Simone Biles a mis en évidence le fait que la santé mentale et le bien-être vont au-delà du simple fait que les athlètes montrent qu’ils sont humains. Elle ajoute qu’il y a aussi une composante sécurité et performance. Elle se dit également heureuse de constater que ces conversations deviennent un peu plus faciles pour les athlètes.

« Les athlètes commencent à voir cela comme un signe de force plutôt que de s’inquiéter qu’en tendant la main ils démontrent qu’ils sont incompétents ou incapables. »

– Karen MacNeill

Susan Cockle est devenue la toute première responsable de la santé mentale du Comité paralympique canadien à Tokyo, aidant à soutenir les athlètes, les entraîneurs et le personnel. Son expérience à Tokyo a également renforcé la normalisation des conversations sur la santé mentale dans le sport de haut niveau.

« Ce qui m’a agréablement surpris, c’est que lorsque les gens savent que votre poste est celui de responsable de la santé mentale et que vous leur demandez comment ils vont, ils sont prêts à vous le dire. Je pense que nous avons fait plus de progrès dans la normalisation de la conversation sur la santé mentale que ce que j’avais prévu. »

– Susan Cockle

Mme Cockle a eu des conversations dans la salle à manger et en se promenant dans le village à toute heure. « Certains disaient être fatigués, stressés ou ressentir de la pression. C’est le point de départ d’une conversation sur la façon dont nous pouvons soutenir les gens, a expliqué Mme Cockle. Cela crée un espace sûr pour tenir ces conversations. C’est la prévention en action. »

Leçons tirées de Tokyo

Avant les Jeux de Tokyo, Mme MacNeill et Mme Cockle ont organisé des séances d’information pour sensibiliser l’ensemble de l’équipe canadienne à la santé mentale. Ils ont encouragé chaque personne à réfléchir aux différents scénarios qui pourraient se produire et à la façon dont elle réagirait à chacun d’entre eux s’il se produisait. Cela incluait la façon dont ils allaient gérer les mesures liées à la COVID-19. Par exemple, chaque membre de l’équipe devait se soumettre quotidiennement à un test de dépistage de la COVID-19 et ne pouvait aller nulle part en dehors de son site et du village des athlètes.

Selon Mme Cockle, les restrictions de la COVID-19 ont créé une pression supplémentaire. « Il n’y avait pas les moyens habituels que les gens pouvaient utiliser pour décompresser, par exemple, être autorisés à se rendre dans une salle et assister à un événement sportif en direct, a-t-elle mentionné. C’est un excellent moyen de décompression que de pouvoir assister à un événement sportif, de crier, d’applaudir et de se défouler. C’est un tampon pour la santé mentale. Nous n’avions pas cela. »

Après avoir réfléchi à son expérience des Jeux, Mme Cockle encourage tous ceux qui se rendent à Pékin à trouver des moyens créatifs de se défouler. « Il peut s’agir de pratiquer une activité physique ou de se promener dans le village, ou encore d’avoir différentes listes de lecture sur son téléphone. J’encouragerais tout le monde à avoir une personne (sur place ou à la maison) qui sera leur personne de référence pour se défouler et avec qui ils pourront simplement être eux-mêmes. »

Mme MacNeill dit qu’elle a l’intention de partager de nombreuses idées avec les équipes d’hiver qui se préparent pour Pékin. Il s’agira notamment de mettre en place des stratégies solides pour soulager le stress et récupérer. Selon elle, les changements constants que chacun doit effectuer en raison de la COVID-19 peuvent être accablants et la pression peut durer jusqu’à la dernière minute des Jeux.

« C’est presque comme une balançoire à bascule. Une seconde, vous êtes en équilibre, la seconde suivante, vous ne l’êtes plus. Vous devez donc réfléchir au soutien supplémentaire dont vous avez besoin pour gérer tout cela »

– Karen MacNeill

Les sports qui intègrent la forme mentale et la résilience dans leurs programmes, notamment l’athlétisme et la natation, ont prospéré à Tokyo, selon Mme MacNeill.

Tenir compte de la santé mentale au-delà des Jeux

La situation s’est compliquée pour de nombreux athlètes à l’approche des Jeux lorsque la COVID-19 a entraîné l’annulation de nombreux événements et compétitions. Ces annulations ont créé de l’incertitude et des défis pour les athlètes qui tentaient de se qualifier et de se préparer pour les Jeux. Pour les athlètes paralympiques en particulier, ces annulations ont signifié que certains athlètes devaient être classés à la dernière minute pour leurs épreuves à Tokyo.

Para-athletics race. Closeup view of leading athlete during a race on the track.

La classification est obligatoire pour qu’un athlète puisse participer à une compétition de para-sport. Elle détermine quels athlètes peuvent participer aux différentes épreuves et comment les athlètes sont regroupés pour la compétition. Dans des circonstances ordinaires, le Comité international paralympique (CIP) ne permet pas que la classification ait lieu lors de jeux majeurs tels que les Jeux paralympiques. Cela permet d’éviter une éventuelle détresse psychologique ou émotionnelle chez les athlètes qui sont reclassés (ou ne peuvent pas être classés) juste avant la compétition.

Mais les possibilités d’accès à la classification étant limitées avant Tokyo, le CIP a suspendu sa politique de classification zéro pendant les Jeux et a permis aux athlètes de 10 sports d’être classés aux Jeux. Le paracycliste canadien Tristen Chernove était l’un de ces athlètes. Il était tellement bouleversé par son reclassement à Tokyo qu’il s’est retiré après sa première course et est rentré au Canada par avion. Il a été durement touché par la nouvelle de l’aggravation de sa maladie dégénérative.

M. Chernove a confié à la CBC qu’il a beaucoup pleuré. Il ne se sentait pas à l’aise à l’idée de se mesurer à des athlètes dans une catégorie où la plupart de ses concurrents avaient des déficiences plus importantes que lui et devaient surmonter davantage de difficultés pour obtenir le même résultat. M. Chernove dit qu’il a déjà connu tellement de succès dans le sport qu’il ne se voyait pas enlever une place sur le podium à quelqu’un qui en profitait peut-être pour la première fois.

Dans le contexte des répercussions plus larges de la pandémie de la COVID-19, l’histoire de M. Chernove souligne l’importance du soutien en matière de santé mentale offert aux athlètes non seulement pendant les Jeux, mais aussi après. En fait, les experts en santé mentale affirment que la période qui suit les Jeux peut être particulièrement difficile pour les athlètes, beaucoup d’entre eux éprouvant le « blues post-olympique ».

Selon Mme Cockle, les athlètes, les entraîneurs et les membres du personnel ressentent souvent le blues, c’est-à-dire une baisse de l’humeur et une augmentation de l’irritabilité, après les Jeux olympiques et paralympiques. Cela est dû aux niveaux extrêmes de stress et de pression qu’ils ont subis, ainsi qu’à l’épuisement émotionnel, qui se traduit souvent par une déconnexion soudaine de l’équipe. Même les athlètes qui réalisent un record personnel ou remportent une médaille ne sont pas à l’abri.

Selon Mme Cockle, si les athlètes parlent ouvertement de leur santé mentale, ils doivent savoir où ils peuvent trouver du soutien après les Jeux. C’est pourquoi les comités olympique et paralympique canadiens ont envoyé des ressources de Plan de match à chaque athlète, entraîneur et personnel (officiel) présent aux Jeux. Les ressources disponibles comprennent l’accès à des services de conseil confidentiels (à tout moment et à toute heure) et couvrent la planification de la retraite et de la carrière.

Les entraîneurs et les dirigeants sportifs ont leurs propres problèmes de santé mentale

Alors que les athlètes ont été au centre de l’attention à Tokyo, Mme Cockle affirme que les dirigeants sportifs ont été confrontés à certains des pires problèmes de santé mentale. Avant et pendant les Jeux, les directeurs de haute performance et les chefs d’équipe devaient constamment s’adapter. Ils devaient diffuser de l’information aux athlètes, même s’ils n’avaient eux-mêmes qu’une connaissance limitée de ce qui se passait.

Swimming coach standing on the pool deck watching a group of swimmers racing down their lanes.

De plus, Mme Cockle a mentionné que certains dirigeants sportifs se sont sentis impuissants parce qu’ils ne pouvaient pas faire leur travail comme ils le feraient normalement. « Ce sont les personnes qui avaient le moins de contrôle et qui avaient le plus de responsabilités envers les autres. C’est une recette pour l’épuisement professionnel », a-t-elle ajouté.

C’est quelque chose que Martin Goulet a vu aussi. Il est directeur général de Water-polo Canada et coprésident du Caucus des sports d’été, qui représente 46 des organismes nationaux de sport (ONS). Selon M. Goulet, il y a normalement un roulement de directeurs et d’entraîneurs de haut niveau après les Jeux, mais cette année, le roulement semble anormalement élevé après Tokyo. Neuf directeurs de haute performance avaient quitté différents sports au moment de l’entrevue de M. Goulet.

Selon M. Goulet, le fait de préparer une équipe pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même, de s’occuper de la sécurité dans le sport, de la santé mentale et d’autres questions sans augmentation des ressources financières tout en faisant face à la pandémie de la COVID-19 a créé une tempête parfaite.

« Le sport est de plus en plus exigeant. Nous attendons du sport qu’il vienne à la rescousse de toutes sortes de choses. Mais il ne vient pas avec plus de capacités. Cela crée donc une pression énorme, et dans certains cas, c’est trop »

– Martin Goulet

Mais si les athlètes commencent à s’exprimer davantage sur les problèmes de santé mentale auxquels ils sont confrontés, nous entendons rarement les dirigeants du sport, en particulier les entraîneurs. Les entraîneurs absorbent le stress de leurs athlètes, mais montrent rarement le leur. C’est ce qu’affirme Ozzie Sawicki, un entraîneur de para-sport de longue date qui faisait partie du personnel de mission d’Équipe Canada en 2008. Il a apporté son soutien aux entraîneurs lors des Jeux paralympiques de 2008 à Pékin. Là-bas, il a passé de nombreuses soirées à écouter les entraîneurs parler en privé de leur stress personnel, de leurs préoccupations mentales et de leur fatigue mentale.

Selon M. Sawicki, les entraîneurs ont partagé ces histoires avec lui parce qu’il était un collègue entraîneur et parce qu’ils savaient que ces conversations ne seraient pas entendues en dehors de ces murs, en particulier par leurs athlètes. « En tant que leaders, ils essaient de montrer qu’ils ont tout sous contrôle. Et ils ne veulent laisser personne voir qu’ils ont des moments de faiblesse, a mentionné M. Sawicki. Ils ont peur que les gens perdent confiance dans la force de leur leadership ». C’est une autre raison pour laquelle Mme Cockle dit qu’il est si important d’offrir un endroit sûr pour le soutien en santé mentale tout au long du quadriennal pour les entraîneurs et toutes les personnes impliquées dans le sport de haut niveau.

La nouvelle stratégie canadienne de haute performance en matière de santé mentale

À cette fin, en juillet 2021, le Canada est devenu l’un des rares pays au monde à publier une stratégie officielle en matière de santé mentale pour le sport de haut niveau. Des experts canadiens en santé mentale et en sport ont élaboré cette stratégie en se basant sur des preuves scientifiques, une expertise appliquée et après avoir étudié les meilleures pratiques internationales. La stratégie comporte cinq grands domaines prioritaires qui mettent l’accent sur la prévention, l’éducation et la fourniture à tous les acteurs du sport des outils nécessaires pour reconnaître et développer les compétences nécessaires au maintien d’une bonne santé mentale.

Krista Van Slingerland est responsable de la santé mentale chez Plan de match. À ce titre, elle dirige la mise en œuvre de la nouvelle stratégie et aide à coordonner les services et ressources de santé mentale à l’échelle nationale pour le sport de haut niveau. L’une de ses premières tâches est d’essayer de trouver des champions au sein du système sportif pour aider à promouvoir la stratégie.

« Ce que j’espère, c’est qu’il y ait une sorte d’effet de ruissellement parce que nous nous concentrons sur le niveau de haute performance, mais en sachant que plus tôt nous intervenons dans le parcours de haute performance, plus le nombre d’abandons sportifs diminuera », a expliqué Mme Van Slingerland.

Si des athlètes comme Simon Biles ont contribué à sensibiliser le public aux problèmes de santé mentale lors des Jeux olympiques de Tokyo, Mme Van Slingerland estime qu’il faut encore changer les mentalités dans le sport, car beaucoup souffrent encore en silence. « Il y a des facteurs comme la culture sportive et la résistance mentale qui sont des obstacles pour les gens qui cherchent à obtenir du soutien, a -t-elle ajouté. Au cours des dix dernières années, la situation s’est améliorée, mais nous apprenons aux athlètes à ignorer la douleur et à ne pas reconnaître les émotions. L’émotion a été positionnée comme quelque chose de négatif ou d’inutile dans le sport. »

Selon Mme Van Slingerland, il est important d’éduquer les ONS afin qu’ils puissent atténuer ces facteurs de risque et reconnaître les cas où le sport peut même causer ses propres problèmes de santé mentale. Un autre défi lié à la mise en œuvre de la stratégie est que de nombreux ONS ne disposent pas des ressources financières et humaines nécessaires pour s’occuper de la santé mentale. C’est pourquoi la stratégie demande aux ONS de commencer par leurs propres lacunes et besoins spécifiques. Les ONS qui ne disposent pas de leurs propres responsables ou ressources en matière de santé mentale pourront désormais se tourner vers un réseau de professionnels de la santé mentale spécialisés dans le sport, dans tout le pays.

« Cela se résume à deux choses et le financement en est une. L’autre est la volonté collective de nos dirigeants sportifs de faire avancer les choses dans ce domaine, a déclaré Mme Van Slingerland. Je ne dirais pas que les gens ne veulent pas s’occuper de la santé mentale. Je pense cependant que c’est un problème écrasant. »

Caileigh Filmer, qui s’est retirée de l’épreuve d’aviron et s’entraîne avec l’équipe nationale de cyclisme, estime qu’il est essentiel d’offrir un soutien continu en matière de santé mentale dans le sport. Elle dit que même si elle savoure sa médaille de bronze de Tokyo, certains jours, le simple fait de sortir du lit peut être une victoire pour elle.

« Vaincre la santé mentale une fois n’est pas la fin. Il y aura des défis et des luttes tout au long de votre vie. Je pense qu’il est extrêmement important d’avoir ces compétences lorsque les choses vous tombent dessus. »

– Caileigh Filmer

Points saillants


Les témoignages courageux d’athlètes canadiens comme Clara Hughes, Nadia Popov et Brittany MacLean, ainsi que les tragédies comme le suicide du joueur de basketball universitaire Alex McLaughlin, mettent en lumière le fait que les problèmes de santé mentale touchent aussi les athlètes. Les athlètes, les entraîneurs et le personnel de soutien ont des besoins, des exigences, des pressions et des attentes uniques qu’ils doivent gérer efficacement au quotidien. Cependant, cela peut être difficile à faire et peut mener à une diminution du bien-être et de la santé globale en présence d’un stress élevé qui est associé à une récupération insuffisante ainsi qu’à un manque de soutien et de recherche d’aide (Gouttebarge, 2019; Reardon et coll., 2019).

Nous savons tous que la santé est un ingrédient essentiel de la réussite dans le sport. Alors pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour que la dimension mentale de la santé des sportifs reçoive l’attention qu’elle mérite? Après tout, tout commence dans le cerveau. Et si le cerveau ne fonctionne pas de manière optimale, cela compromet la capacité des participants au sport à atteindre des performances constantes de haut niveau (Reardon et coll., 2019). Les blessures physiques ont généralement été traitées sans question et sans stigmatisation dans le sport. Il est temps que la communauté sportive fasse de même pour les blessures mentales. Le cerveau jouant un rôle dans toutes les fonctions corporelles (contrôle des organes, des pensées, des émotions, de la mémoire, de la parole et des mouvements), les personnes dont le fonctionnement mental est réduit doivent recevoir les mêmes soins et le même soutien compatissants que ceux qui sont traditionnellement accordés en cas de fonctionnement physique réduit.

Snowboarders enjoying the weather on the ski hill

Mais il n’est pas facile de changer les attitudes, les comportements et la culture dans le sport. Pour orienter ce processus, il est essentiel d’élaborer une stratégie nationale qui tienne compte des preuves scientifiques disponibles, des meilleures pratiques dans le monde et des nuances du contexte canadien. Tous les intervenants doivent faire partie de la solution et s’efforcer d’atteindre l’objectif commun de promouvoir et de protéger la santé mentale dans le sport, à l’aide d’une feuille de route claire et pertinente.

Le présent article présente l’outil du Canada pour y parvenir, soit la stratégie en matière de santé mentale pour le sport de haut niveau au Canada (Durand-Bush et Van Slingerland, 2021). Il donne un aperçu de la façon dont nous avons élaboré la stratégie et des raisons pour lesquelles nous l’avons fait. Il énumère également les moyens par lesquels les dirigeants sportifs peuvent commencer à mettre en œuvre certains aspects de la stratégie. Il se termine par une liste de questions fréquemment posées, avec des réponses et des liens vers de nombreuses ressources. Grâce à cette information, nous espérons que les intervenants à tous les niveaux du système sportif canadien répondront à l’appel pour intégrer la santé mentale dans leurs plans stratégiques et leurs pratiques. Nous voulons également qu’ils examinent les preuves de plus en plus nombreuses que la santé mentale est un facteur de performance clé pour atteindre le podium.

« Il faut que les ressources soient plus facilement accessibles et que l’on sache clairement ce qu’elles sont, où elles se trouvent et comment y accéder. Ce n’est pas seulement une question de stigmatisation, c’est un problème à plusieurs niveaux. C’est un problème majeur au Canada. Je veux que tout le monde ait accès à l’aide dont j’ai bénéficiée, le soutien qui m’a permis de m’en sortir et de faire des choses vraiment, vraiment incroyables dans ma vie et que je continue à faire. »

– Clara Hughes, qui a participé à quatre Jeux olympiques, parle de son expérience de la dépression avec à CBC Sports

Développer la stratégie

Full length of fearless hockey player skating and trying to make a score. Hall interior. Winter sports.

En juillet 2018, un groupe de dirigeants sportifs canadiens (le « groupe de partenaires en santé mentale ») représentant À nous le podium (ANP), le Centre canadien pour la santé mentale et le sport (CCSMS), Plan de match et le Réseau canadien des instituts de sport olympique et paralympique (RCISOP) a commencé à jeter les bases de l’élaboration de la stratégie (Durand-Bush et Van Slingerland, 2021). L’objectif principal de celle-ci est d’améliorer les résultats en matière de santé mentale pour tous les athlètes, les entraîneurs et le personnel canadiens. L’établissement et le lancement officiel de la stratégie en juillet 2021 ont été l’aboutissement de plusieurs années de recherche, de consultation et de travail d’équipe, avec un examen minutieux du contexte sportif canadien.

Le projet a été réalisé par de nombreux intervenants à travers le Canada, formant 4 groupes différents :

  1. Le groupe de partenaires en santé mentale a recueilli des données fondamentales et a fourni des conseils, en plus d’assurer l’orientation et la supervision de la stratégie.
  2. Le groupe d’experts en santé mentale a élaboré le contenu de la stratégie en s’appuyant sur des données scientifiques et des compétences professionnelles.
  3. Le groupe d’examinateurs en santé mentale a examiné la stratégie et a fourni des commentaires fondés sur des preuves scientifiques et une expertise professionnelle.
  4. Le groupe de la communauté sportive a fourni des renseignements sur les besoins et les lacunes avant d’élaborer la stratégie et a donné son avis après son élaboration.

Comprendre la stratégie

Le principe sous-jacent de cette stratégie est que les athlètes en bonne santé mentale ont plus de chances de réaliser régulièrement des performances de haut niveau dans le sport et de continuer à contribuer au sport après leur retraite. De plus, les athlètes sont plus susceptibles d’atteindre leur plein potentiel et de réussir si les entraîneurs et le personnel sont également en bonne santé mentale. Par conséquent, en plus de se concentrer sur les athlètes, la stratégie vise également les principaux dirigeants dans le contexte du sport, qui soutiennent les athlètes tout au long de leur carrière.

Il faut tenir compte à la fois de la santé mentale et de la maladie mentale pour bien comprendre le fonctionnement et les performances tout au long de la vie. La santé mentale est un état de bien-être psychologique, émotionnel et social. Dans cet état, les personnes sont capables de ressentir, de penser et d’agir de manière à pouvoir profiter de la vie, réaliser leur potentiel, faire face aux stress normaux de la vie, travailler de manière productive et contribuer à leur communauté (Organisation mondiale de la santé, 2018).

Male athlete with a disability sitting in gym, uncertain

En revanche, la maladie mentale (mal-être) est un état de santé caractérisé par des altérations des sentiments, de la pensée et du comportement des gens qui entraînent une détresse importante et une altération du fonctionnement dans leurs activités personnelles et professionnelles. La maladie mentale désigne tous les troubles de santé mentale pouvant être diagnostiqués, comme la dépression, les troubles anxieux, la schizophrénie, les troubles de l’alimentation et les troubles liés à la consommation de substances (Organisation mondiale de la santé, 2010; Société pour les troubles de l’humeur du Canada, 2019). Les priorités de la stratégie ciblent la promotion de la santé mentale ainsi que la prévention et le traitement des maladies mentales. Fait important, tout le monde peut jouer un rôle dans la création d’un environnement adéquat dans lequel les participants au sport peuvent s’épanouir et obtenir des services et des ressources adéquats lorsqu’ils éprouvent des difficultés.

Une autre composante essentielle de la stratégie est la performance mentale. La performance mentale est la capacité avec laquelle les gens utilisent les processus cognitifs (c’est-à-dire l’attention, la prise de décision, la perception, la mémoire, le raisonnement, la coordination) et les compétences mentales ou d’autorégulation (c’est-à-dire les connaissances et les compétences) pour fonctionner dans leur environnement changeant. Parmi les exemples de compétences en matière de performance mentale figurent la fixation d’objectifs, la planification, la motivation, la confiance en soi, le contrôle (éveil, émotionnel, attentionnel), l’imagerie, la résilience, le dialogue avec soi-même, la gestion du stress, la communication, le leadership et l’évaluation (Van Slingerland, 2019). La performance mentale est essentielle pour renforcer la santé mentale et se protéger contre les risques de problèmes de santé mentale et de maladie.

Mise en œuvre de la stratégie

L’inspirante stratégie comprend 5 priorités (voir figure 1). Chaque priorité est décrite avec des objectifs clairs, des renseignements de base et des actions recommandées pour guider les parties prenantes. Pour que la stratégie soit mise en œuvre avec succès et mène à des résultats positifs durables en matière de santé mentale, l’engagement, la communication et l’alignement sont nécessaires. Ils sont nécessaires dans l’ensemble du système sportif, de Sport Canada, des organismes de services multisports (OSM) et des organismes nationaux, provinciaux et territoriaux de sport (ONS et OPTS) aux entraîneurs, au personnel de soutien (par exemple, les conseillers en performance mentale [CPM]) et aux athlètes.

Figure 1. Priorités et objectifs de la stratégie en matière de santé mentale (présentés sans ordre particulier d’importance).

Il faudra du temps et des ressources pour aborder tous les aspects de la stratégie. Cependant, le groupe directeur de la santé mentale créé pour superviser la stratégie a déjà entrepris certaines mesures pour guider et soutenir le système sportif de haut niveau dans la mise en œuvre de la stratégie. Par exemple, Plan de match a embauché un gestionnaire national de la santé mentale qui, avec le soutien de la CCSMS, a formé un réseau national de santé mentale composé de praticiens de la santé mentale certifiés possédant des connaissances, de l’expérience et de l’expertise en matière de sport de haut niveau. Un réseau d’alliés de la performance mentale, composé de CPM qui peuvent travailler en collaboration avec des praticiens de la santé mentale, a également été créé. D’autres mesures à court terme découlant de la stratégie comprennent l’identification des points de contact du RCISOP, des ONS et des OSM, la définition d’orientations claires pour accéder aux soins de santé mentale, ainsi que l’élaboration et la prestation de programmes éducatifs fondamentaux dans l’ensemble de l’écosystème sportif afin d’accroître la performance mentale et la connaissance de la santé mentale.

À l’échelle mondiale, le Canada est maintenant l’un des deux seuls pays à disposer d’une stratégie nationale complète en matière de santé mentale pour le sport de haut niveau et d’un groupe directeur national sur la santé mentale qui comprend un gestionnaire national de la santé mentale. Le Canada possède également une communauté forte et dynamique de CPM. Ils jouent un rôle actif dans la promotion et le maintien de la santé mentale au sein de la communauté sportive, et collaborent avec les praticiens de la santé mentale lorsque des défis et des maladies surviennent. Il y a actuellement 200 CPM qui sont des membres professionnels de l’Association canadienne de psychologie du sport. Parmi ces membres, 32 possèdent un double titre de compétence de CPM et de psychologue ou conseiller clinique ou agréé. Compte tenu de l’augmentation des problèmes liés à la sécurité dans le sport signalés au Canada et dans le reste du monde, il est essentiel que les dirigeants sportifs embauchent des CPM légitimes qui. : (a) ont une éducation et une formation adéquates, (b) ont des compétences professionnelles et éthiques adéquates, et (c) sont en règle avec l’Association (voir les exigences ici).

Le saviez-vous?
L’Association canadienne de psychologie du sport (ACPS) est un organisme qui supervise la pratique de la performance mentale au Canada. L’un de ses mandats est d’évaluer et de répertorier les consultants en performance mentale (CPM) qui répondent aux exigences minimales pour offrir des services de performance mentale au Canada. L’ACPS reconnaît également les CPM qui ont reçu une double formation en tant que praticiens de la santé mentale autorisés et agréés (c’est-à-dire psychologues, conseillers, psychothérapeutes, travailleurs sociaux; Durand-Bush et Van Slingerland, 2020).

Ce que les dirigeants et le personnel des ONS doivent savoir

Au départ, les ONS peuvent se sentir dépassées, même si la stratégie constitue une incroyable feuille de route pour améliorer le bien-être collectif des participants au système sportif. Les dirigeants peuvent se demander par où commencer et comment avoir des bienfaits dans le domaine de la santé mentale, compte tenu de leurs propres ressources financières et humaines limitées. En tant que responsable de la santé mentale chez Plan de match, une partie du rôle de la Dre Krista Van Slingerland est d’aider les organismes et les personnes au sein du système à mettre en œuvre la stratégie ainsi que les programmes, les initiatives et les ressources en matière de santé mentale de manière plus générale. Ci-dessous, la Dre Van Slingerland répond aux questions fréquemment posées sur la stratégie.

  1. Quels soutiens en matière de santé mentale existent pour les athlètes au sein du système de haute performance?

Les athlètes ont accès à un soutien en matière de santé mentale, à la fois général et axé sur le sport, qui est gratuit ou subventionné par Plan de match. Il s’agit notamment de :

Un résumé des aides subventionnées disponibles pour les athlètes est présenté dans une infographie intitulée Parcours de soutien en santé mentale.

  1. Quels soutiens en matière de santé mentale existent pour les entraîneurs et le personnel des ONS au sein du système de haute performance?

alpine ski racer in winter

Les entraîneurs et le personnel des ONS peuvent accéder gratuitement aux services de Lifeworks. Il s’agit de la seule couverture qui leur est actuellement offerte par Plan de match. Les entraîneurs et le personnel pourraient être dirigés vers un praticien de la santé mentale par le biais du RSM ou du CCSMS, mais ces services ne sont pas couverts par Plan de match.

  1. Où les dirigeants et le personnel des ONS peuvent-ils trouver des ressources pour les aider à aborder la santé mentale dans leur organisation?

Les ressources destinées aux ONS se trouvent dans le Centre de partage des ONS hébergé par le Comité olympique canadien. Vous y trouverez des outils et des ressources tels qu’un outil d’évaluation des besoins et des lacunes pour aider les ONS à intégrer la santé mentale dans leur plan stratégique, et des fiches d’information d’une page sur la façon dont la santé mentale recoupe un certain nombre de domaines prioritaires dans le sport, comme la performance, la maltraitance et la gestion des risques. Si les dirigeants sportifs souhaitent recevoir des mises à jour sur la santé mentale directement dans leur boîte de réception, y compris les nouveaux outils, ressources et ateliers offerts aux athlètes, aux entraîneurs et au personnel de soutien, ils peuvent s’inscrire à la liste de distribution des ressources en santé mentale.

  1. En tant qu’ONS disposant de capacités humaines et financières limitées, que puis-je faire pour aborder la santé mentale?

Pour avoir une incidence dans le domaine de la santé mentale, il n’est pas nécessaire d’avoir une stratégie de santé mentale spécifique à votre sport, ou un praticien de la santé mentale intégré à votre ESI. Il existe des moyens plus faciles et moins coûteux de commencer à s’occuper de la santé mentale, notamment :

Luge athlete coming down the course during competition

Pour développer davantage l’approche de votre organisation en matière de santé mentale, envisagez de travailler avec l’outil d’analyse des besoins et des lacunes destiné aux dirigeants sportifs.

  1. Est-il nécessaire d’intégrer un praticien de la santé mentale au sein de notre ESI?

Rugby players and their coach gathering before a match

Il n’est pas nécessaire d’avoir un praticien de la santé mentale à temps plein ou à temps partiel intégré à votre ESI, et ce n’est pas une recommandation de la stratégie. Compte tenu des preuves empiriques et des commentaires de la communauté sportive (athlètes, entraîneurs, personnel de soutien), Plan de match a choisi de soutenir une approche de « réseau » pour la prestation de services de santé mentale. Ainsi, les athlètes peuvent choisir un praticien de la santé mentale qui leur convient. L’approche en réseau élimine également les obstacles à la recherche d’aide (par exemple, la crainte que le fait de demander de l’aide par le biais des structures des ONS ait des répercussions sur la carrière des athlètes). Enfin, elle prend en charge la charge financière et administrative liée à la sélection des praticiens, à l’évaluation des symptômes des athlètes, à la collecte de données globales cohérentes (anonymes), à la mise en relation des athlètes avec le praticien approprié et à l’administration du paiement des prestataires.

Embaucher un praticien de la santé mentale pour fournir des soins au sein de votre ONS pourrait faciliter la connaissance du contexte, l’accessibilité aux soins et la collaboration au sein de l’ESI. Cependant, de nombreux athlètes déclarent qu’ils préfèrent demander des soins par l’intermédiaire du RSM ou du CCSMS afin de préserver l’anonymat et la confidentialité. Les praticiens en santé mentale doivent respecter plusieurs règlements (voir la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques; la Loi sur la protection des renseignements personnels sur la santé; la Loi sur la santé mentale; la Loi sur les services à l’enfance, à la jeunesse et à la famille). Ainsi, l’intégration complète des praticiens dans des équipes ou des sports pourrait poser des difficultés. De plus, cela représenterait une duplication de certains coûts et structures qui ont été mis en place au niveau national, des sommes qui pourraient être réorientées au sein de votre organisation. L’embauche d’un praticien en santé mentale ou d’un CPM doublement certifié pour offrir, contribuer et soutenir les programmes et les ressources en santé mentale élaborés à l’échelle nationale serait sans doute une utilisation plus efficace des fonds consacrés à la santé mentale.

Résumé

La stratégie existe pour garantir que le système sportif dispose d’un plan à long terme et d’un financement adéquat pour doter les athlètes, les entraîneurs et le personnel de soutien des connaissances, des compétences et du soutien appropriés pour gérer leur santé mentale et s’épanouir tout au long de leur carrière. Les dirigeants et le personnel des ONS qui souhaitent mieux comprendre et améliorer leur façon d’aborder la santé mentale sont invités à communiquer avec la Dre Van Slingerland pour obtenir de l’aide :

Courriel : kvanslingerland@mygameplan.ca

Téléphone : 647 619-2654

Dans le sport, la culture organisationnelle a une influence considérable sur la capacité d’un athlète à se préparer et à performer lors de grands jeux internationaux. Les éléments de stress organisationnel, tels que les problèmes personnels, d’équipe ou de leadership, sont une source de tension pour les athlètes. Cette tension peut finalement affecter le développement des talents et le fonctionnement de l’organisation dans son ensemble.

Après avoir participé à une compétition internationale ou à un événement majeur tel que les Jeux paralympiques, les athlètes peuvent ressentir le “déprime après les Jeux “. La recherche montre que les structures de soutien qui comprennent des programmes et des ressources éducatives sont importantes pour aider les athlètes paralympiques à faire la transition vers la vie après les Jeux.

« C’est possible. C’était une grande leçon d’apprentissage pour nous. Si vous suivez les bonnes étapes, vous consultez les experts et vous faites les choses correctement, tout peut bien se passer. » Dans le blogue du SIRC, Katie Sweeting, responsable de la haute performance pour Voile Canada, partage ses réflexions sur l’organisation d’un événement national sur invitation avec 10 jours de compétition en pleine pandémie mondiale.

Être un athlète paralympique exige des compétences, du dévouement, de la résilience et beaucoup d’entraînement. Une étude récente a révélé que les athlètes paralympiques s’entraînaient en moyenne plus de 6 400 heures au cours de leur carrière.

Une approche individualisée de l’entraînement et du développement est importante pour créer un programme d’entraînement efficace pour les athlètes paralympiques. Les recherches montrent que les trajectoires de développement et les préférences d’entraînement des athlètes paralympiques varient en fonction de leurs expériences sportives antérieures, de leurs préférences personnelles et de leurs handicaps.