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Institut canadien du sport de Calgary – Alors qu’elle se prépare à participer aux Jeux olympiques, la lutteuse libre Erica Wiebe se souvient clairement du combat qui lui a assuré une place au sein de l’équipe féminine senior en vue des championnats mondiaux de 2013. Le matin du combat qui devait trancher qui obtiendrait une place dans l’équipe, elle a été réveillée à 8 h 45 par des coups répétés sur la porte de sa chambre d’hôtel. Son combat était prévu à 9 h. Une course folle s’est ensuivie, et elle a même réussi à arriver sur place avec une avance de trois minutes. Malgré son réveil précipité, elle se sentait étrangement calme. Elle était prête. 

Grâce à deux mises au sol rapides, Wiebe a remporté le match en quelques minutes. « Vingt minutes seulement se sont écoulées entre mon réveil et ma victoire! », se remémore-t-elle en riant. « Mais je m’étais bien préparée. Je m’étais imaginé ce combat tellement de fois que je savais ce qui arriverait. Rien ne s’est vraiment passé comme prévu, surtout mon réveil, mais j’étais quand même prête. »

Tous les athlètes aspirent à être prêts à compétitionner. Chaque athlète a sa propre façon de se préparer à une compétition, que ce soit en déterminant la meilleure routine avant une course ou l’état d’esprit idéal des semaines, des jours, voire des minutes avant celle-ci. Frank van den Berg, directeur de la performance mentale à l’ICS de Calgary, aide les athlètes à atteindre un état de préparation optimal grâce à un concept qu’il appelle « R.E.A.D.Y. » (« prêt » en anglais).

Van den Berg en a eu l’idée en lisant il y a quelques années dans un manuel l’histoire d’un entraîneur qui demandait à son athlète « Es-tu prête? », ce à quoi cette dernière répondait : « Non, pas vraiment! ». Ce concept repose sur le principe qu’il est toujours possible de faire preuve de souplesse et d’ouverture dans une routine ou dans un état d’esprit durant les derniers jours, heures ou minutes précédant une compétition. Un athlète a donc une marge de manœuvre et du temps pour fignoler les derniers détails avant la compétition. 

Van den Berg précise ainsi sa pensée : « Je crois que le fait de se sentir prêt est très positif. Ce sentiment repose sur les antécédents d’entraînement, l’expérience en compétition, de même que les routines et les stratégies adoptées durant celle-ci. Mais il faut aussi démontrer de l’ouverture et de la souplesse, et ce, jusqu’au moment du départ. » La lettre « Y » dans « R.E.A.D.Y. » représente le mot anglais « yet », qui signifie « encore » en référence à cette athlète qui n’était pas « encore » prête dans l’histoire à laquelle nous avons fait référence.

Dans certains sports où la vitesse est cruciale, cette préparation de dernière minute peut consister à diminuer la cadence dans les jours précédant une compétition pour permettre au corps d’être fin prêt. En ski alpin, elle peut prendre la forme d’une inspection de la piste dans les jours précédant une compétition et le jour même, puisque toute modification de l’état de la piste pourrait exiger un changement d’approche ou de stratégie. 

Il importe avant tout de faire preuve d’ouverture et de souplesse avant le grand jour afin d’être capable de s’adapter à tout imprévu qui pourrait surgir. « Lorsque je présente le concept “R.E.A.D.Y.” à des athlètes, ils ressentent souvent un sentiment de liberté ou de soulagement. Ils comptent ainsi sur une marge de manœuvre. Ils n’ont pas besoin de se préoccuper à l’avance », signale van den Berg. 

Pour Denny Morrison, quadruple médaillé olympique en patinage de vitesse sur longue piste, ce sont les routines qu’il a développé au fil des années avant une compétition importante qui lui ont permis de sentir sentir fin prêt. « C’est à Sotchi que je me suis senti le plus prêt », indique-t-il. « J’étais prêt physiquement, mais aussi mentalement. J’ai établi une routine durant les deux Jeux olympiques ayant précédé Sotchi. Je me suis senti parfaitement concentré. » 

Malgré tout, il sentait qu’il avait la possibilité d’explorer ses sentiments sans porter de jugement sur lui-même. Durant les jours précédant sa première course à Sotchi, il ne se sentait pas prêt sur le plan physique, mais il savait qu’il le serait le grand jour venu. « J’ai toujours fait confiance au programme. J’étais sûr que je me sentirais bien le jour de la compétition, même si les jours précédents ont été difficiles », se rappelle-t-il. 

Mais le sentiment de préparation peut être furtif. Wiebe et Morrison se souviennent d’occasions où ils se sont sentis prêts à compétitionner, mais que leur performance n’a alors pas été à la hauteur de leurs attentes. Wiebe se souvient par exemple des championnats mondiaux de 2014, où elle a sous-estimé la force de son adversaire et a été rapidement envoyée au tapis. « Je n’étais pas dans le meilleur état d’esprit », se souvient-elle. « Le meilleur état d’esprit dans lequel je peux me trouver, c’est lorsque je sais qu’un combat sera difficile ». En rétrospective, Morrison croit que la confiance qu’il a affichée durant les jours précédant sa première course aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010 – où sa performance s’est révélée en deçà de son potentiel – était une forme d’arrogance. 

En fin de compte, faire preuve d’ouverture et de souplesse peut aider un athlète à se concentrer et à atteindre l’état d’esprit optimal qui est essentiel à une bonne performance. « Il n’y a rien de mal à ne pas se sentir complètement prêt au mois avant les Olympiques », rappelle van den Berg. « Un athlète est fin prêt seulement lorsqu’il s’avance vers la ligne de départ ». 

Institut canadien du sport de Calgary : @csicalgary

Rédigé par Kristina Groves: @kngrover

Photo de Dave Holland: @CSICalgaryPhoto

20/07/2016