Le centre de documentation pour le sport
Le centre de documentation pour le sport

Vous avez soigneusement planifié une évaluation, recueilli les données et compilé les résultats. Que devez-vous faire maintenant? Corliss Bean et Caroline Hummell de l’Université Brock se sont entretenues avec Chris Penrose de Lay-Up Youth Basketball dans le cadre de la mini-série Pleins feux sur les experts du SIRC sur la maîtrise de l’art de l’évaluation, présentée en partenariat avec l’Université Brock. En tant que directeur des programmes et des opérations de Lay-Up Youth Basketball, Chris Penrose a partagé les idées et les leçons tirées des résultats de l’évaluation de Lay-Up. Il a également expliqué comment son équipe a apporté des améliorations significatives au programme et communiqué les résultats aux parties prenantes.

Q : Quelle est la perspective de votre organisation par rapport aux évaluations?

Nous nous efforçons toujours d’améliorer les programmes en adoptant une approche novatrice, et l’évaluation nous aide à innover. Nous voulons que nos approches envoient le message comme quoi le basketball est l’un des sports les plus accessibles et les plus inclusifs. Mais il pourrait toujours être plus inclusif et plus accessible, et ils pourrait mieux aider à développer des compétences de vie.

Alors, comment pouvons-nous faire cela plus efficacement? Comment pouvons-nous développer le modèle de manière à ce qu’il soit inclusif, accessible et efficace pour développer ces compétences?

Pour nous, il ne s’agit pas seulement d’apprendre des données probantes, mais aussi d’apprendre et de réfléchir sur nos pratiques d’évaluation. Par exemple, lors de l’inscription, nous recueillions de l’information démographique générale en posant de nombreuses questions, notamment sur le statut d’immigration et d’emploi de nos participants. Grâce à l’évaluation, nous avons découvert que la subvention qui nous obligeait à rendre compte des jeunes récemment immigrés n’existe plus. Maintenant que nous savons qu’il n’y a pas de besoin d’information sur le statut, nous avons cessé de poser des questions inutiles et de collecter des renseignements superflus.

La réflexion est importante. Nous nous assurons de travailler avec des partenaires clés pour développer un plan d’évaluation, afin de savoir pourquoi nous collectons de l’information et nous nous demandons si nous devons les collecter.

Q : Décrivez le rôle que l’évaluation a joué dans Lay-Up tout au long de la pandémie.

L’évaluation n’est pas passée au second plan pour nous, même si ça aurait pu facilement être le cas. Vous pouvez croire que ça aurait dû, mais ce n’est pas le cas pour nous. Nous ne voulions pas arrêter ou ralentir ce processus. Cette année, au milieu de notre programme de 12 semaines, nous avons eu une période d’évaluation. Le but était d’adapter bon nombre de programmes, de piloter beaucoup de choses et d’avoir toutes ces données. Nous avions besoin de ce temps pour nous rassembler, réfléchir à ce que nous apprenons, ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Cela ne s’était jamais produit auparavant dans le cadre de nos programmes courants.

L’évaluation est devenue plus importante en raison de l’ampleur de l’incertitude, du changement et de l’adaptation. Lorsque vous essayez simplement de survivre, l’évaluation est souvent la dernière chose à laquelle vous pensez. Mais quand vous naviguez dans une telle quantité de changements, l’évaluation devient plus importante.

En fin de compte, quelle est la meilleure pratique? Si vous pilotez quelque chose de nouveau et l’exécutez pendant un certain temps, vous devez disposer d’un processus de réflexion pour décider si vous continuez à le faire. Dans l’affirmative, qu’est-ce qui fonctionne, qu’est-ce qui ne fonctionne pas, et comment l’améliorer? Nous pilotons donc un certain nombre de nouveaux programmes et devons mettre en place un processus d’évaluation et de réflexion.

Q : Quel est votre processus d’apprentissage et de communication des résultats de votre évaluation?

Diverse woman leaders in meeting roomCommuniquer les résultats d’une évaluation, c’est comme donner une conférence TED. L’histoire que vous devez raconter est en vous. Vous devez la trouver, l’écrire et l’amener à un point où elle est claire et où quelqu’un d’autre peut s’y engager et l’intérioriser. Lorsque vous parlez d’évaluation et des différents effets des organisations, nous considérons souvent l’évaluation comme étant toujours sur papier, comme quelque chose d’externe qui doit être fait d’une certaine manière.

Existe-t-il un processus pour aller au-delà des documents et internaliser l’évaluation? C’est ce qui va apporter de la valeur selon moi. C’est-à-dire que si nous avons une compréhension plus profonde de l’évaluation qui est intériorisée, nous pouvons adapter notre situation et notre organisation en utilisant les meilleures pratiques. Nous devons raconter des histoires sur notre travail et sur la façon dont il influence les participants et les communautés. Parlez à n’importe qui dans une organisation qui fait quelque chose qui affecte les gens dans le monde; les gens vont l’apprendre, s’en soucier et le voir. Le défi est de trouver comment aider les gens à savoir ce que c’est et à l’énoncer de manière claire et à raconter l’histoire, puis à intérioriser cette histoire pour bien comprendre les retombées et les partager. Donc, pour nous, il s’agit de trouver comment nous pouvons partager nos histoires sur ce que les organisations vivent et comment elles abordent l’évaluation pour aider d’autres personnes au-delà de notre seule organisation.

Q : Quelles sont les stratégies de narration qui ont bien fonctionné pour Lay-Up?

Ce qui a vraiment bien fonctionné, c’est que nous avons documenté le programme pendant la pandémie, notamment en prenant des vidéos et des photos de notre programme en personne. Nous en avons fait une exposition virtuelle de photographies intitulée « At Home in the Game ». Un photographe a rendu visite à 12 participants dans leur quartier et a pris des portraits en extérieur de chacun d’entre eux. Ensuite, des entraîneurs ont interviewé chacun d’entre eux sur Zoom, et nous avons enregistré leurs entrevues. Puis, nous avons extrait des citations de ces conversations et les avons associées aux images. Cela a été très utile sur le plan de l’évaluation. Par exemple, cela a permis de documenter la période que nous vivons et a donné un aperçu intéressant de notre portée en tant qu’organisation locale dans divers quartiers de Toronto. Nous avons également eu un aperçu de l’incidence des programmes sur la valeur des relations entre les entraîneurs et les participants. Nous avons aussi utilisé la conception créative, la narration et les médias sociaux pour mobiliser ces connaissances auprès d’un éventail de publics allant des participants et des familles aux partenaires et aux parties prenantes, en passant par les gens de la communauté du basketball et de la création qui n’iraient peut-être pas lire un rapport d’évaluation en résumé. C’est un exemple réussi d’approche différente de l’évaluation.

Q : Donnez-nous un exemple de la manière dont vous utilisez les résultats de votre évaluation. À qui les communiquez-vous?

Une chose qui nous intéresse et que nous avons commencé à développer est une évaluation initiale des compétences fondamentales des participants en matière de basketball. Par exemple, nous mesurons en fait les compétences sportives au départ, comme le drible de chaque participant, en posant des questions comme « Comment est votre drible avec votre main gauche sur la taille? » et « Comment est votre drible avec votre main droite sur le genou? », ou « Pouvez-vous faire un lay-up? », etc. Nous sommes en mesure de dire aux enfants : « Au début de l’été, voici ce que tu pouvais faire. Regarde maintenant ta progression à la fin de l’été. » L’utilisation de cette approche alimente d’importantes compétences de vie.

Je pense que le sport offre des possibilités d’évaluation uniques dans la mesure où vous pouvez mesurer des choses comme la confiance. Il se peut que vous ne remarquiez pas ce changement de confiance à moins de mesurer ces compétences au départ et de partager cette information avec les enfants. Vous pouvez ensuite utiliser cette approche pour leur demander ce qu’ils pensent de leur amélioration.

À propos de Lay-Up

Lay-Up est un programme de basketball communautaire gratuit, conçu pour les enfants et les jeunes des zones d’amélioration des quartiers de Toronto. Les programmes sont proposés toute l’année aux enfants et aux jeunes âgés de 6 à 14 ans, quel que soit leur niveau d’aptitude. La mission de Lay-Up est d’exploiter le pouvoir du sport et de la culture du basketball pour développer les compétences et la confiance dont les enfants et les jeunes ont besoin pour s’orienter vers l’avenir. L’équipe de Lay-Up s’engage à fournir des expériences, des activités et des opportunités d’apprentissage qui aident les enfants à développer les compétences dont ils ont besoin sur le terrain et en dehors.


Ce billet de blogue et les recherches connexes ont été possibles grâce au soutien du Conseil de recherches en sciences humaines et du gouvernement du Canada.


A propos de(s) l'auteur(s)

Corliss Bean, Ph.D., est professeure adjointe au département des études sur les loisirs de l’Université Brock. Elle est codirectrice du Centre for Healthy Youth Development through Sport et membre du réseau universitaire provincial de YouthREX. Sa recherche consiste à travailler avec des organismes communautaires au service des jeunes pour élaborer, mettre en œuvre et évaluer des programmes de qualité qui favorisent le développement psychosocial.

Caroline Hummell est étudiante au doctorat à la faculté des sciences de la santé appliquées de l’Université Brock, sous la direction de Corliss Bean. Ses recherches portent sur le développement positif des jeunes et le rôle de l’évaluation dans le sport et les loisirs.

Chris Penrose est directeur des programmes et des opérations de Lay-Up Youth Basketball. Il a travaillé dans le secteur sans but lucratif et dans les médias pendant près de 20 ans et apporte une perspective unique sur la façon dont la créativité et la culture se croisent avec les réalités vécues dans les communautés de la région du Grand Toronto. M. Penrose comprend la vie à travers des analogies avec le basketball et considère le sport comme une passerelle vers des retombées positives dans tous les domaines de la vie.


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