Le centre de documentation pour le sport
Le centre de documentation pour le sport

La Journée internationale des femmes est l’occasion de réfléchir aux progrès réalisés en matière d’équité entre les sexes dans les postes de direction dans le sport, mais aussi de rappeler au secteur du sport qu’il reste du travail à faire pour faire en sorte que les voix et opinions des femmes soient également valorisées et représentées.

Le thème international de cette année, le 8 mars, est #équilibrepourlaréussite et vise à encourager les gens à travailler pour créer un monde plus équilibré entre les sexes.

Les recherches indiquent que les conseils d’administration mixtes sont plus novateurs et responsables et gèrent les risques plus efficacement que les autres (Catalyst, 2018). L’atteinte d’un équilibre entre les sexes dans les postes de direction dans le sport peut aider à atténuer les risques critiques auxquels les organismes de sport font face aujourd’hui, que ce soit sur le plan de la sécurité sportive, de la viabilité financière ou de pratiques de gouvernance efficaces.

Instantané du moment sur les femmes occupant un poste de direction

Afin d’atteindre l’équilibre entre les sexes dans les postes de direction dans le sport, des données sont nécessaires pour suivre les progrès et tenir le système sportif responsable.

Aujourd’hui, l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique (ACAFS) a publié un deuxième Instantané du moment sur les femmes occupant un poste de direction dans le sport d’après les résultats d’un sondage mené auprès d’organismes nationaux de sport (ONS) et d’organismes de services multisports (OSM) canadiens. Ces organismes ont répondu à des questions sur la composition de leur conseil d’administration et de leur personnel de direction, ainsi que sur leurs intentions de s’engager formellement en faveur de l’équité entre les sexes.

Dans l’ensemble, le pourcentage de femmes au sein des conseils d’administration est à la hausse : 36 % des membres des conseils d’administration sont des femmes, une hausse de 2 % par rapport à 2018. Toutefois, quatre conseils sur dix n’atteignent toujours pas le seuil critique de 30 % de femmes, qui est considéré comme le minimum requis pour que les organisations réalisent les avantages d’avoir diverses perspectives autour de la table du conseil (Catalyst, 2017). De plus, 20 % des ONS et des OMS n’ont pas de femmes qui relèvent directement du chef de la direction, et 12 organisations (17 % des répondants) n’ont pas de femmes dans les postes les plus élevés du personnel.

Près de la moitié (47 %) des participants au sondage ont indiqué qu’ils s’étaient engagés à établir un conseil d’administration équitable entre les sexes dans les documents de gouvernance de leur organisation. Cependant, seulement 16 % ont indiqué un engagement similaire en faveur de l’équité entre les sexes dans la composition du personnel.

Interrogés sur leurs intentions informelles, les organismes de sport ont indiqué qu’ils avaient l’intention de travailler à l’équité entre les sexes au sein de leur conseil d’administration (93 %) et pour leur personnel (79 %). Cet écart important entre les engagements documentés et les intentions doit être comblé pour que le système sportif puisse constater de réels progrès.

Que peuvent faire les organismes canadiens de sport?

Voici trois façons dont les organismes de sport peuvent passer de l’intention à l’action :

  1. S’engager formellement en faveur de l’équité entre les sexes. L’établissement d’une norme documentée publiquement tiendra l’organisation responsable, donnera l’occasion de discuter de la façon dont ce type de changement fonctionnerait le mieux au sein de l’organisation et démontrera aux femmes à la recherche de postes de direction que l’organisation souhaite créer une culture organisationnelle où les femmes sont valorisées et accueillies.
  2. Chercher activement des femmes qualifiées pour pourvoir les postes au sein du conseil d’administration. Il peut s’agir de s’adresser directement aux femmes qualifiées ou de demander aux membres du conseil d’administration d’en faire autant. On peut également chercher des candidates qualifiées par l’entremise de l’Institut des administrateurs de sociétés, qui offre un service gratuit de jumelage pour les membres de conseils d’administration.
  3. Créer une culture organisationnelle et un conseil d’administration qui invitent les femmes. Envisager d’effectuer une vérification comparative entre les sexes des règles, des politiques et des procédures de l’organisation pour s’assurer qu’elles n’excluent pas involontairement les femmes. Utiliser intentionnellement un langage inclusif dans toutes les communications, tous les règlements et toutes les politiques du conseil d’administration, du personnel et des bénévoles.

Les organismes de sport reconnaissent que l’équilibre entre les sexes est la voie à suivre. Atteindre et maintenir cet équilibre exige du travail, mais les résultats représentent un meilleur système sportif pour toutes les parties concernées : des athlètes débutants à ceux de l’élite.

Ressources
Références

Catalyst (2018). Why Diversity and Inclusion Matter. Tiré de https://www.catalyst.org/knowledge/why-diversity-and-inclusion-matter.

Catalyst (2017). Women on Corporate Boards Globally. Tiré de https://www.catalyst.org/knowledge/women-corporate-boards.

À propos de l’auteur

Greer Gemin est coordonnatrice des communications et de l’administration à l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique. Nageuse artistique et entraîneuse de longue date, elle est redevable à une solide communauté de femmes leaders. Elle s’investit dans la recherche de moyens par lesquels le sport, les anecdotes et la communauté peuvent se mêler pour créer un monde plus équitable.