Le centre de documentation pour le sport
Le centre de documentation pour le sport

Étant donné la nature de nombreux para-sports qui implique des contacts, les commotions cérébrales peuvent sembler inévitables. Selon le Dr Andy Marshall, médecin en chef de l’équipe canadienne des Jeux paralympiques et parapanaméricains, des données probantes sur le sujet ont permis d’aborder la question à l’échelle nationale, et la communauté des para-sports elle-même a fait des progrès en peu de temps.

« Nous disposons de données sur les blessures chez les para-athlètes depuis un certain temps, mais jusqu’en 2016, il n’y avait pas de données sur les blessures liées aux commotions cérébrales, a déclaré le Dr Marshall dans une entrevue accordée au SIRC. C’est si important d’avoir ces statistiques, de connaître les zones grises et la façon dont on peut s’améliorer. »

Un examen de 2018 publié dans la revue Physical Medicine and Rehabilitation Clinics, co-rédigé par les Drs Jamie Kissick et Nick Webborn du comité médical du Comité international paralympique, a révélé que les commotions cérébrales étaient constamment sous-déclarées aux Jeux internationaux. Et dans certains sports, les signalements de commotions cérébrales étaient carrément inexistants. Par exemple, aux Jeux paralympiques de Rio de 2016, aucune commotion cérébrale n’a été signalée dans le football à cinq déficients visuels, bien qu’il s’agisse de l’un des para-sports identifiés comme « à haut risque » en ce qui concerne les commotions cérébrales.

Les conclusions de l’examen ont amené la communauté para-sportive à revoir de façon descendante leurs pratiques de gestion et de prévention des commotions cérébrales.

« Avant, la philosophie était de prendre une pause, de verser un peu d’eau sur la tête et de retourner au jeu. C’est la mentalité classique du football, et ce n’est pas correct. Mais l’éducation commence à porter ses fruits. Maintenant, nous étudions les commotions cérébrales chez les para-athlètes, nous regardons des films pour examiner les signes, les symptômes et les facteurs liés aux commotions, et nous pouvons enfin voir un changement de culture », a déclaré le Dr Marshall.

Depuis, des progrès en matière de prévention et de gestion des commotions cérébrales ont été visibles dans l’ensemble de la communauté para-sportive.

Nous pourrons témoigner de ces progrès lors des prochains Jeux parapanaméricains de Lima 2019, où les athlètes parapanaméricains du Canada participeront pour la première fois à des compétitions avec un solide protocole de commotion en place. Élaborées conjointement par des experts médicaux du Réseau de l’Institut canadien du sport olympique et paralympique, du mouvement À nous le podium, du Comité olympique canadien et du Comité paralympique canadien, les nouvelles lignes directrices en matière de commotions cérébrales pour le sport de haute performance aident à protéger les para-athlètes canadiens de haute performance lorsqu’ils participent à de grands jeux multisports.

Le Dr Marshall a ajouté que le « retrait du sport » et le « retour au sport » – certains des principes des 4 R de la gestion des commotions cérébrales du SIRC – sont au cœur de l’approche des para-sports.

En plus de la mise en place des lignes directrices pour les sports de haute performance et l’élaboration de protocoles propre au sport par les organismes nationaux de sports paralympiques, des stratégies proactives de prévention et de gestion des commotions cérébrales sont mises en œuvre dans l’ensemble de la communauté sportive paralympique. Les para-sports sont donc de plus en plus sécuritaires.

« Ce que nous constatons maintenant, c’est un niveau d’éducation plus élevé et un effet d’entraînement graduel, a déclaré le Dr Marshall. Au final, ce que nous voulons, c’est que ces politiques et pratiques soient intégrées aux niveaux national et international, mais aussi à l’échelle communautaire pour les athlètes de ligues municipales. On veut que les commotions cérébrales fassent partie des sujets de discussion lorsque des accidents, des blessures et des chutes surviennent. »

La gestion des commotions cérébrales et l’éducation sur la prévention se poursuivent, et les données continuent d’alimenter la discussion sur le sujet. Et plus il y a de recherches spécifiques aux para-sports qui sont développées, mieux ce sera.

« Connaître les plus gros enjeux aidera à résoudre le problème dans son ensemble. Nous savons que les données sont essentielles, et nous savons que les recherches propres aux para-sports jouent un rôle central. »

Ce billet fait partie de la campagne de sensibilisation, de prévention et de gestion des commotions cérébrales menée par le SIRC dans le cadre de sa campagne #NousSommesEntêtés. La campagne présente des outils, des ressources et des pratiques exemplaires en matière de gestion et de prévention des commotions cérébrales dans le sport au Canada. Élaborée en partenariat avec Sport Canada, l’Agence de la santé publique du Canada et d’autres organismes, la campagne comprend notamment une trousse d’outils qui offre de l’information crédible et des modèles reconnus par les intervenants du système sportif.

Consultez le site Web consacré aux commotions cérébrales pour obtenir de l’information et des outils sur les commotions cérébrales afin d’aider votre sport à mieux gérer ces blessures. Pour recevoir de l’information sur les commotions cérébrales directement dans votre boîte de courriels, abonnez-vous au bulletin du SIRC sur les commotions cérébrales.

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A propos de l'auteur

Peter Morrow est le spécialiste de la mobilisation des connaissances et des communications du SIRC et dirige la diffusion des connaissances, de l’information et des ressources du SIRC au sein de la communauté sportive. Il est un athlète multisports qui pratique actuellement le soccer, le hockey, la balle-molle, le golf et le tennis.