Le centre de documentation pour le sport
Le centre de documentation pour le sport

Le sport est souvent considéré comme un exemple d’un environnement où on donne de la rétroaction facilement. En tant que coach en communication et consultante en gestion qui travaille avec des chefs d’entreprise dans toute l’Amérique du Nord,  j’annonce souvent ouvertement les vertus d’une culture de rétroaction dont j’ai été témoin et que j’ai vécue dans le sport, et je critique le manque d’habitudes efficaces liées à la rétroaction dans le monde des affaires.

Mais utiliser le sport comme un exemple parfait est un peu trompeur. Lorsqu’on se penche sur le monde de l’entraînement sportif, on constate que la rétroaction est facile à donner et à recevoir. Elle est souvent honnête, directe, détaillée et mène à de meilleurs résultats. Cependant, cette rétroaction se limite souvent à un canal unidirectionnel de l’entraîneur à l’athlète. Souvent, la rétroaction n’est pas transmise de l’athlète à l’entraîneur, et il n’y a pas toujours un mécanisme efficace pour assurer un échange d’information entre les entraîneurs, les membres du conseil, les officiels, les bénévoles et les administrateurs. De plus, la rétroaction pénètre rarement les silos qui peuvent parfois se former au sein des organismes de sport.

Cela dit, nous savons que la rétroaction fonctionne. On constate ses bienfaits lorsque les athlètes progressent en raison de l’incidence des directives et des commentaires d’un entraîneur. Alors, comment pouvons-nous nous assurer que la rétroaction est utilisée de la même façon dans tous les secteurs des organismes de sport pour ainsi avoir un effet maximal? Eh bien, cela commence avec les gens au sommet.

Voici quelques suggestions:

  1. Adopter un esprit de croissance : Les dirigeants sportifs doivent partir du principe qu’il y a beaucoup à apprendre et qu’il y a place à grandir. Carol Dweck, experte en la matière, écrit : « Dans un état d’esprit de croissance, les étudiants comprennent que leurs talents et leurs capacités peuvent être développés par l’effort, un bon enseignement et de la persévérance. » Laissez ceux et celles qui vous entourent devenir vos enseignants au quotidien, peu importe leur poste ou leur expérience.
  2. Demander de la rétroaction : Les meilleurs leaders avec qui j’ai travaillé sont ceux qui font preuve d’une ouverture active à la rétroaction. Ils demandent régulièrement à leurs équipes et à leurs collègues de leur faire part de leurs commentaires et les écoutent attentivement lorsqu’ils les reçoivent. Il y a quelques stratégies clés qu’ils emploient :
  • Commentaires modèles efficaces. Ils donnent leur rétroaction avec respect, en utilisant des exemples précis et en discutant des comportements, plutôt que faire des suppositions ou lancer des attaques personnelles.
  • Spécificité. Ils posent des questions très claires et précises pour permettre aux personnes de donner une rétroaction claire (p. ex. « Quand j’ai dirigé la réunion ce matin, comment aurais-je pu être plus clair sur nos prochaines étapes? Plutôt que « Comment s’est passée la réunion? »).
  • Langage corporel ouvert. Ils portent une attention particulière à leur langage corporel lorsqu’ils demandent et reçoivent de la rétroaction. Ils adoptent une posture ouverte, assouplissent leurs traits et démontrent physiquement qu’ils écoutent activement (p. ex. sourire, hochements de la tête, indications verbales d’écoute, etc.).
  • Clarification. Lorsqu’ils reçoivent de la rétroaction, ils posent des questions de clarification pour s’assurer qu’ils comprennent ce qui est dit (p. ex. « C’est un point intéressant. Pouvez-vous me donner un exemple de ce que vous avez vu et de ce que vous aimeriez voir? »).
  • Gratitude. Ils remercient la personne qui leur a donné de la rétroaction d’avoir pris le temps de formuler des commentaires, même s’il y a un désaccord.
  • Action. Après avoir reçu des commentaires, ces leaders efficaces examinent attentivement ce qu’ils ont entendu et, s’il y a lieu, mettent en œuvre les changements en conséquence. Même s’ils sont incommodés ou mal à l’aise avec la rétroaction reçue, ils doivent se protéger contre les représailles.
  1. Donner de la rétroaction positive : Malheureusement, ce sont souvent les personnes les plus mécontentes qui prennent le plus de place, surtout lorsqu’il s’agit de donner leur opinion. Prenez l’habitude de donner de la rétroaction positive directe, claire et précise à ceux qui vous entourent.

Intégrez la rétroaction dans vos habitudes quotidiennes – tant la donner que la recevoir. Si les dirigeants du sport commencent à démontrer qu’ils sont ouverts aux commentaires, au dialogue ouvert et même à la correction de leur comportement grâce à la rétroaction de leur entourage, le monde du sport deviendra un espace encore plus inclusif et collaboratif. Cela fera en sorte que les hautes instances du sport incarneront de plus en plus les comportements d’équipe, la poursuite passionnée du progrès et l’efficacité que nous démontrons sans relâche sur le terrain de jeu.


A propos de(s) l'auteur(s)

La vie professionnelle de Claire Carver-Dias a chevauché les mondes du sport, des affaires et de l’enseignement. Titulaire d’un doctorat spécialisé en anglais et en communications, Mme Carver-Dias a également remporté des médailles en nage synchronisée aux Jeux olympiques, panaméricains, mondiaux et du Commonwealth. Elle a également été membre d’un conseil d’administration de sport, bénévole et administratrice. En 2004, elle a lancé Clearday, son propre cabinet de conseil en communication, combinant ses connaissances des techniques de coaching efficaces et sa compréhension approfondie de l’esprit d’équipe, de l’établissement d’objectifs, de la gestion du rendement et des communications, afin d’aider les dirigeants à réaliser leur plein potentiel.