Le centre de documentation pour le sport
Le centre de documentation pour le sport

La mission de Tennis Canada est de mener la croissance du sport au pays. Cette mission ne peut être accomplie que si davantage d’individus jouent au tennis plus fréquemment. Toutefois, pour augmenter le taux de participation au sport, il faut surmonter un obstacle important : l’hiver. C’est pourquoi Tennis Canada a lancé son programme Jouons toute l’année. Cet article explique comment Tennis Canada a tiré profit des résultats d’une enquête nationale pour éclairer le développement et la mise en œuvre de ce programme.

RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE NATIONALE

En 2018, Tennis Canada a mené une enquête nationale pour évaluer la croissance du tennis et appuyer sa planification et la prise de décisions importantes pendant les prochaines années. Les résultats, publiés en novembre 2018, indiquent qu’un peu moins de 6,6 millions de Canadiens, soit 18 % de la population, ont joué au tennis au cours des 12 derniers mois et parmi eux, 69 % ont joué au moins quatre fois. Encore plus impressionnant est le fait que près de trois millions de Canadiens sont des « joueurs fréquents », c’est-à-dire qu’ils jouent au moins une fois par semaine pendant la saison. Fait encourageant, 97 % des gens ayant joué l’an dernier ont indiqué qu’ils vont définitivement ou probablement jouer au tennis à nouveau l’an prochain, tandis que 36 % des joueurs ayant cessé de jouer et 14 % des non-joueurs prévoient se joindre à eux. Ces résultats indiquent clairement que l’intérêt et la participation au tennis sont en croissance.

Les résultats révèlent également que la participation est associée, en partie, à l’intérêt des admirateurs. Le succès des joueurs canadiens de calibre international, y compris la championne du U.S. Open de 2019 Bianca Andreescu, Felix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Milos Raonic, a contribué de manière importante à cet intérêt accru. Selon l’enquête de 2018, le tennis se classe au cinquième rang parmi 14 sports en termes d’intérêt des admirateurs (second au Québec), mais se classe premier parmi les sports individuels. À la fin de la saison 2018, Eugénie Bouchard et Milos Raonic figuraient parmi les cinq meilleurs joueurs de tennis reconnus et suivis par les Canadiens, et furent classés plus haut que le numéro un mondial masculin Novak Djokovic, que Rafael Nadal, 17 fois gagnant du Grand Chelem, et que Maria Sharapova, ancienne gagnante de quatre Grands Chelems. Étant donné le succès des Canadiens pendant la saison 2019, il ne fait aucun doute que l’intérêt des admirateurs ne cessera de croitre.

Un autre facteur qui avive l’intérêt est l’aspect sécuritaire du tennis. Parmi les dix sports les plus populaires au Canada, le tennis est le deuxième sport causant le moins de blessures après le baseball. Ceci le rend très attrayant, particulièrement pour les parents à la recherche d’un sport à faible risque de blessures pour leurs enfants.

TRANSFORMER L’INTÉRÊT EN UN PLUS GRAND NOMBRE DE RAQUETTES EN MAINS

La hausse de la participation au tennis et du nombre de spectateurs est claire. Toutefois, si l’on ne peut pas transformer cet intérêt en un plus grand nombre de raquettes en mains et de joueurs sur les terrains de tennis pendant toute l’année, ces données impressionnantes comptent moins. L’enquête de 2018 a révélé que 61 % des Canadiens jouaient au tennis à l’extérieur, sur des terrains publics. Or, en raison des rudes hivers canadiens, ces terrains ne sont pas utilisés pendant la moitié ou les trois quarts de l’année, ce qui limite les possibilités de participation. Avec une température moyenne de -6 degrés Celsius et plus de 150 jours de précipitations, qui peut blâmer les joueurs d’éviter les terrains de tennis pendant les mois d’hiver?

Afin de remédier à cette lacune et de rester fidèle à son engagement d’aider les Canadiens de toutes les communautés à jouer au tennis, à n’importe quel moment de l’année, Tennis Canada a créé le programme « Terrains couverts » (Covered Courts). Pour Tennis Canada, augmenter le nombre de terrains couverts s’harmonise à son engagement envers l’inclusion et l’accessibilité, et complète une programmation conçue pour tous les niveaux et tous les âges, du tennis progressif au tennis en fauteuil roulant.

REMÉDIER À L’ÉCART DES TERRAINS COUVERTS

Selon le PDG Michael Downey, « le Canada connaît une pénurie sévère de terrains couverts accessibles, particulièrement si on le compare aux pays où l’on joue beaucoup au tennis. » Parmi les terrains de tennis appartenant aux municipalités au Canada, seulement 2 % sont couverts, comparativement à 34 % des patinoires et 37 % des piscines. À travers le pays, on retrouve seulement 750 terrains couverts, ce qui signifie environ un terrain intérieur par 50 000 Canadiens. À titre de comparaison, la République tchèque (un terrain couvert par 4000 habitants), la France et la Belgique (chacune avec un terrain couvert par 8000 habitants) sont des chefs de file au prorata de la population.

C’est pourquoi Tennis Canada a décidé de plaider en faveur de l’augmentation du nombre de terrains couverts abordables dans les municipalités canadiennes pour permettre aux Canadiens d’avoir plus facilement accès à ces installations pendant toute l’année. Il ne fait aucun doute que les Canadiens seront de la partie. L’enquête de 2018 a révélé que 90 % des joueurs de tennis, ceux qui jouent au moins quatre fois pendant l’année, joueraient davantage s’ils avaient accès à un terrain couvert près de chez eux. De plus, 51 % de tous les Canadiens, y compris ceux qui n’ont pas touché à une raquette depuis plus de 12 mois, sont d’accord.

Les terrains couverts peuvent être situés à l’intérieur d’installations sportives, ou il peut s’agir de « terrains gonflables ». Selon une étude commandée par Tennis Canada, pour chaque tente abritant six terrains, 1000 personnes peuvent jouer au tennis pendant toute l’année et l’on crée quatre postes d’entraineurs à temps plein. Les tentes installées sur les terrains extérieurs existants et publics peuvent être louées par les résidents pendant l’hiver pour la somme raisonnable de 20 $ l’heure, et demeurent accessibles au public gratuitement pendant l’été.

Les résultats de l’enquête de 2018 indiquent que le public appuie fortement cette initiative : 90 % des Canadiens s’accordent pour dire que les municipalités devraient collaborer avec Tennis Canada pour le programme de terrains couverts, 72 % ont dit aimer le projet et 79 % ont indiqué qu’un partenariat entre Tennis Canada et leur municipalité pour le programme de terrains couverts améliorerait leur opinion de cette dernière. Tennis Canada s’est appuyé sur ces résultats pour prendre des décisions éclairées et stimuler de nouveaux partenariats.

CADRE DE PARTENARIAT

Afin d’augmenter le nombre de terrains couverts, Tennis Canada a élaboré la Stratégie d’installations municipales de tennis et le Cadre de partenariat l’an dernier pour persuader les gouvernements locaux et fournir des renseignements sur les manières d’augmenter le nombre de terrains couverts dans leurs communautés. Le cadre est basé sur des pratiques exemplaires et des études de cas de municipalités qui collaborent déjà avec des organisations externes pour offrir aux résidents l’accès à un plus grand nombre d’activités de loisirs. Les projets de terrains couverts offrent une excellente occasion aux municipalités d’appuyer les programmes d’activité physique et répondent à la demande croissante d’accès au tennis, tout en assurant la rentabilité financière de leur investissement. Pendant plusieurs décennies, les installations de tennis au Canada ont fait appel à des structures gonflables, une solution efficace pour couvrir des espaces ouverts.

La Stratégie d’installations municipales de tennis et le Cadre de partenariat présente une approche par étapes pour s’assurer que le processus de développement du partenariat communautaire soit un succès du point de vue commercial et qu’il offre des avantages pertinents aux résidents locaux. Tennis Canada reconnaît que les objectifs, les programmes et les approches en matière d’offre de services de loisirs varient d’une municipalité à l’autre. C’est pourquoi le Cadre présente différentes options de capital et de partenariat pour aider les organismes municipaux à ériger des installations abritant des courts de tennis.

Qu’il s’agisse du tennis jeunesse, du tennis en fauteuil roulant ou de ligues pour personnes âgées, le sport a sa place dans la vie de tous les Canadiens pourvu qu’ils puissent avoir accès à des installations pendant toute l’année. Par le biais de partenariats stratégiques et opérationnels, les municipalités peuvent offrir davantage de possibilités de loisirs abordables et accessibles à leur communauté pendant toute l’année. Le tennis aide à tisser des liens entre les citoyens et suscite une passion pour la vie envers le sport. Tennis Canada tente de s’assurer que tous les participants à travers le pays puissent jouer au tennis pendant toute l’année, peu importe la saison. Grâce à l’aide et à l’appui des municipalités, cette vision peut devenir réalité.

RESSOURCES

L’étude a été menée par Charlton Strategic Research Inc.

Sources : Étude sur la participation et l’intérêt du tennis canadien (Charleton Insights, 2018), Évaluation du partenariat du programme des courts couverts (Charleton Insights, 2018), Blessures liées au sport collégial (Centres for Disease Control & Prevention, 2015), Rapport sur le tennis européen (Fédération internationale de tennis, 2014).

Pour plus de statistiques, veuillez consulter nos infographies sur la participation au tennis au Canada et les installations sportives au Canada.


Cet article de SIRCuit a été publié le 6 novembre 2019.


A propos de(s) l'auteur(s)

Valérie Tétreault est une ancienne joueuse de tennis professionnel qui s’est classée 112e à l’échelle mondiale en 2010. Elle a remporté trois titres professionnels sur le circuit Challenge et elle a représenté le Canada à la Coupe Fed de 2007 à 2010. Valérie a commencé à travailler pour Tennis Canada en 2011, quelques semaines après avoir pris sa retraite du tennis, et elle est aujourd’hui directrice des communications. Elle travaille également pour TVA sports à titre d’analyste depuis 2012.