Pop quiz: Qui se trouve au troisième du plus grand nombre de médailles de World Aquatics remportées pour le Canada ?
La réponse ne vient peut-être pas immédiatement à l’esprit du fan de natation moyen. Mais après huit ans au sein de l’équipe nationale, les 17 médailles de Rebecca Smith sont un témoignage impressionnant de son statut de relayeuse la plus constante du Canada.
Aujourd’hui, elle annonce sa retraite et les premières personnes sur une longue liste de remerciements sont ses coéquipiers.
« La première chose à laquelle je pense, c’est que je n’aurais pas pu faire ça sans mes coéquipiers et tous ceux avec qui je m’entraine », déclare la native de Red Deer, en Alberta, qui fêtera ses 25 ans le mois prochain. « Je leur dois ça aussi parce que c’est eux qui m’ont aidé à parvenir à ce stade, c’est eux qui me poussent à l’entrainement pour que je sois meilleure. J’ai l’impression que le fait que nous ayons remporté toutes ces médailles en équipe est plutôt cool. »
Parmi ces coéquipières, on trouve les superstars Kylie Masse et Maggie Mac Neil, qui sont les leaders absolues du Canada avec 20 et 19 médailles. Juste derrière elles, il y a Smith. Si le Canada a remporté une médaille de relais entre 2017 et 2024, il y a de fortes chances que vous trouviez « Smith R. » dans les résultats.
Smith était membre de l’équipe de relais 4×100 m libre qui a remporté la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Tokyo 2020. Et avec 15 de ses 17 médailles de World Aquatics remportées en relais, Smith est à égalité avec Penny Oleksiak pour le plus grand nombre de médailles en relais pour le Canada aux championnats du monde.
Alors qu’elle travaillait aux côtés de ces grands noms pour asseoir discrètement son statut de l’une des plus grandes membres de l’équipe nationale du Canada, elle préparait également un baccalauréat en sciences infirmières à l’université de Calgary, devenant ainsi infirmière diplômée entre deux Jeux olympiques.
« Becs est l’une des coéquipières et nageuses les plus remarquables que je connaisse. Nous avons nagé l’une contre l’autre depuis que nous sommes enfants, et elle a toujours été quelqu’un que j’admirais », a déclaré Mac Neil, qui a annoncé sa propre retraite à l’automne dernier. « J’ai un immense respect pour le fait qu’elle soit parvenue à atteindre le plus haut niveau, à la fois dans la piscine et dans ses études en obtenant son diplôme d’infirmière, en particulier au fur et à mesure que nous avancions dans nos carrières. La profession d’infirmière a gagné une excellente personne ! » Tout a commencé lorsque Smith, âgée de sept ans, a rejoint le Catalina Swim Club dans une piscine de 25 mètres, six couloirs à Red Deer.
« De voir cette progression et les décisions que j’ai prise pour atteindre mon objectif de faire partie de l’équipe nationale un jour, c’est fou d’y penser. C’est formidable de voir que tous les sacrifices que j’ai faits en cours de route en valaient la peine et que je n’en regrette aucun », déclare Smith.
Son premier grand changement a été de faire la navette plusieurs fois par semaine jusqu’à Calgary, où elle a passé quelques mois à s’entrainer pour les Championnats panpacifiques juniors de 2016 avec Dave Johnson au Cascade Swim Club. Smith y a remporté cinq médailles d’argent : trois individuelles et deux en relais avec Mac Neil, Kelsey Wog et Mary-Sophie Harvey.
C’est à l’automne qu’elle a fait son plus grand saut : à l’âge de 16 ans, elle a déménagé à 3 500 kilomètres à l’est pour rejoindre le centre de haute performance-Ontario, à Toronto.
« C’était une grosse décision, explique Smith. Tout le monde pensait que j’étais folle de conduire sur la 401 à l’âge de 16 ans ».
À Toronto, Smith s’est retrouvée à nager aux côtés d’Oleksiak et ses coéquipières médaillées de relais, Chantal Van Landeghem, Sandrine Mainville et Taylor Ruck, tout juste revenues de leurs percées aux Jeux olympiques de Rio 2016.
« J’ai tout de suite adoré. L’entrainement était très intense, mais je suis très heureuse d’avoir pris la décision de m’entrainer avec les meilleures au pays », déclare Smith.
Une toute nouvelle ville signifiait s’adapter à une nouvelle école, à de nouveaux professeurs et à de nouveaux amis.
J’étais toute nouvelle dans une nouvelle ville. C’était difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, mais je pense que ça s’est amélioré au fil du temps », explique Smith, qui est reconnaissante à sa famille d’accueil, les Watson, et à sa communauté religieuse de l’avoir aidée à s’installer à Toronto.
Smith s’est qualifiée sur l’équipe nationale et a représenté le Canada lors de ses premiers Championnats du monde de World Aquatics en 2017. Elle a nagé le papillon du relais 4×100 m quatre nages mixte lors des préliminaires du matin, ce qui a permis à Oleksiak de se reposer pour la finale, où le Canada a remporté la médaille de bronze.
« C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que j’avais la capacité de faire partie de l’équipe nationale sénior et de progresser », explique Smith.
Outre cette première médaille et l’argent olympique, Smith cite l’argent des Jeux du Commonwealth de 2018 au relais 4×200 m libre comme un autre fait marquant de sa carrière.
« J’ai fait ça avec Kayla (Sanchez), Taylor et Penny (coéquipières du CHP-Ontario). Je pense que celle-là restera toujours dans mon esprit comme étant très spéciale parce que nous nous entrainions ensemble neuf fois par semaine et au gym trois fois par semaine. C’était génial de monter ensemble sur le podium et, évidemment, le public australien (à Gold Coast), c’était quelque chose d’autre. C’est quelque chose que je n’oublierai jamais ».
Smith a également connu des succès individuels, mais il faut presque le lui rappeler lorsqu’on lui demande de dresser la liste de ses points forts. Lors des championnats du monde en petit bassin à Abu Dhabi en 2021, elle a battu le record canadien du 200 m libre et a remporté la médaille d’argent.
« C’était ma première grande médaille individuelle au niveau sénior. Faire ça juste après avoir commencé l’école de soins infirmiers et après les Jeux a été une période très excitante et quelque chose dont je me souviendrai toujours », a déclaré Smith, qui a contribué aux trois médailles d’or en relais à Abu Dhabi. « Toutes les femmes sont revenues avec une médaille, ce qui est tout simplement incroyable. »
Smith a nagé exactement le même temps (1:52,24) pour répéter l’exploit lors de l’édition 2022 des championnats à Melbourne, où elle a participé à quatre autres médailles en relais. Elle a ajouté à son total de médailles deux autres bronzes en relais aux Championnats du monde de World Aquatics 2024 à Doha, au Qatar, avant de représenter le Canada à ses deuxièmes Jeux olympiques l’été dernier à Paris.
« Rebecca a été une membre appréciée et respectée du programme et de l’équipe nationale de Natation Canada, progressant au sein de l’équipe junior et jusqu’aux Jeux olympiques et atteignant de grands succès », a déclaré le directeur de la haute performance et entraineur national, John Atkinson. « Combiner ses études et sa carrière de nageuse au Canada montre ce qu’il est possible de faire et nous souhaitons à Rebecca beaucoup de succès pour la suite ».
La liste des remerciements de Smith comprend également ses anciens entraineurs Mandi Smith, Ben Titley, Byron MacDonald, Linda Kiefer et Mike Blondal, ainsi que Johnson, qui l’a entrainée lors de sa dernière année dans le sport. Elle remercie également sa sœur et son frère ainés Madalyn et Steven, et affirme que ses parents Scott et Sandi ont été ses « supporteurs numéro un ».
Lundi, Smith a commencé à travailler à temps plein dans l’unité de soins intensifs néonatals de l’hôpital général Rockyview de Calgary. Elle pense que les aptitudes au travail en équipe qu’elle a développées comme nageuse continueront à lui être utiles dans son métier d’infirmière.
« Il s’agit de se concentrer sur soi-même tout en étant consciente que ses coéquipiers ont également un effet sur nos performances, explique Smith. Quelqu’un pourrait avoir une course individuelle qui ne s’est pas bien passée, mais nous pourrions avoir un relais le soir même. Je pense qu’il s’agit simplement d’être respectueux de leur course, mais aussi de les encourager pour la prochaine. Il faut les aider à aller de l’avant et avoir des mots d’encouragement pour nos coéquipiers lorsqu’ils en ont besoin. Je pense que ça fait toute la différence ».