Soutien parental pour la participation au sport des jeunes ayant un handicap moteur

L’infographie résumant cette recherche est disponible ici.

Résumé du projet

Les parents ont une influence importante sur la participation de leurs enfants au sport. L’objectif de la recherche était d’analyser le soutien parental pour la participation au sport des jeunes ayant un handicap moteur (handicap moteur : limitations du système musculosquelettique ou neurologique qui ont des répercussions sur le mouvement). Cet objectif a été atteint grâce à deux études. La première étude consistait en une analyse critique des recherches sur les facteurs psychosociaux qui déterminent le soutien parental pour la participation au sport des jeunes ayant une déficience physique. Cette étude relevait les lacunes importantes dans la littérature, et elle a débouché sur l’élaboration d’un programme de recherche pour les futures enquêtes portant sur le soutien parental à l’égard des jeunes qui ont une déficience physique. La deuxième étude examinait les comportements des parents en matière de soutien à la participation au sport des jeunes ayant un handicap moteur. Ce projet permet aux chercheurs et aux praticiens d’avoir une meilleure compréhension des comportements des parents et de leurs déterminants potentiels.

Méthodes de recherche

Première étude

Pour trouver des articles, on a effectué des recherches dans les bases de données universitaires en utilisant des termes tels que : enfants, jeunes, handicap, déficience, sport, parent et famille. Une recherche manuelle de documents de référence a également été menée. Les articles étaient inclus dans l’étude s’ils étaient rédigés en anglais et s’ils se penchaient sur les facteurs parentaux influençant la participation au sport des enfants ayant une déficience physique. Les chercheurs ont utilisé l’approche des processus d’action de santé (APAS) comme cadre pour organiser les articles qui ont été inclus dans l’étude.

Deuxième étude

Des parents de jeunes ayant un handicap moteur ont été recrutés dans les différentes régions du Canada pour participer à une entrevue semi-dirigée. Pour participer à l’étude, les parents devaient avoir des enfants de 7 à 16 ans qui avaient reçu un diagnostic de maladie ou d’incapacité chronique entraînant un handicap moteur (p. ex. paralysie cérébrale, spina bifida, amputation). Nous avons recruté 10 parents dont les enfants souffrant d’un handicap moteur participaient à des activités sportives et 10 parents dont les enfants souffrant d’un handicap moteur ne participaient pas à des activités sportives. L’entrevue portait sur les activités parascolaires de leurs enfants, les éléments qui influaient sur le soutien parental à l’égard de la pratique du sport (p. ex. opinions des parents sur les bienfaits du sport, les risques liés à la participation, l’intention d’appuyer le sport, etc.), ainsi que sur les obstacles, les facteurs contributifs et les ressources ayant une incidence sur la pratique du sport chez les enfants. Les entrevues ont été transcrites mot à mot, et les transcriptions ont été analysées en fonction du contenu des réponses aux questions pour dégager les similitudes et les différences entre les réponses des deux groupes de parents.

Résultats de recherche

Première étude

À partir des résultats de l’étude, cinq recommandations ont été formulées afin de combler les lacunes importantes dans les connaissances en vue des futures recherches:

  • Enrichir les connaissances sur les attentes en matière de résultats (c.àd. opinions des parents sur les résultats qui découleront de la participation de leurs enfants à des activités sportives). Il est nécessaire d’avoir une meilleure compréhension des attentes négatives éventuelles quant aux résultats, de la façon dont les attentes concernant les résultats se répercutent sur d’autres déterminants du soutien parental à la participation au sport, et de la façon dont se développent les attentes relativement aux résultats.
  • Examiner les facteurs de l’initiation au sport du point de vue des parents, en particulier la confiance des parents en leur capacité à faire participer leurs enfants à des activités sportives.
  • Effectuer une recherche sur la planification de la pratique sportive par les parents. Les parents dont les enfants ont une déficience physique font peut-être face à des agents stressants et à des obstacles additionnels lorsqu’ils veulent les faire participer à des activités sportives. La planification présente donc un grand avantage, et on pourrait s’y intéresser en tant que facilitateur potentiel de l’amélioration de la pratique du sport.
  • Déterminer comment maintenir la participation au sport, et enrichir les connaissances sur les causes des comportements parentaux qui influent à long terme sur la pratique du sport.
  • Mettre au point des interventions pour soutenir les parents dont les enfants ont une déficience physique.

Deuxième étude

Les conclusions de la deuxième étude démontrent l’utilité de l’approche des processus d’action de santé (APAS) pour comprendre le point de vue des parents d’athlètes et des parents d’enfants qui ne sont pas des athlètes en ce qui concerne le soutien à la participation au sport des jeunes ayant un handicap moteur. Il y a des similitudes et des différences importantes entre les concepts de l’APAS qui mettent en évidence des domaines de recherche à venir et des méthodes potentielles pour cibler les parents d’enfants qui ne sont pas des athlètes. Les résultats ont démontré que, comparativement aux parents de jeunes ayant un handicap moteur qui ne participent pas à des activités sportives, les parents de jeunes ayant un handicap moteur qui participent à des activités sportives : (1) ne considèrent pas le sport comme risqué ou dangereux; (2) planifient la pratique d’activités sportives (p. ex. calendrier, équipement); (3) considèrent l’intérêt des parents pour le sport comme un facteur important pour la participation actuelle et à long terme de leurs enfants à des activités sportives; et (4) utilisent les réseaux sociaux pour obtenir du soutien et trouver des occasions de pratiquer des activités sportives.

Les deux groupes de parents ont aussi mentionné plusieurs obstacles à la participation de leurs enfants au sport et plusieurs facteurs qui la facilitent : (1) la disponibilité des programmes (c.àd. que peu de programmes sont disponibles ou que les programmes ne sont pas offerts durant une longue période; c’est un problème particulièrement pour ceux qui vivent en milieu rural ou dans de petites collectivités); (2) les parents n’aiment pas le type de programmes offerts (c.àd. qu’ils veulent avoir des programmes adaptés aux handicaps moteurs plutôt que de voir leurs enfants participer à des programmes avec des jeunes ayant d’autres types de handicap, comme une déficience intellectuelle); et (3) le coût des programmes adaptés ou de l’équipement adapté (c.àd. que la participation est facilitée quand les parents reçoivent du financement ou de l’équipement).

Les résultats fournissent aussi une autre indication importante : les parents comptent sur leur équipe de soutien médical (c.àd. médecins, physiothérapeutes, personnel de soutien, etc.) pour avoir un soutien social et de l’information sur les programmes de sport.

Cette étude comporte plusieurs points forts, notamment les entrevues avec les parents d’athlètes et les parents d’enfants qui ne sont pas des athlètes, et avec des parents de jeunes ayant divers handicaps moteurs. Elle comporte aussi certaines des limites importantes : (1) nous ne pouvons pas contrôler les résultats en ce qui concerne la gravité du handicap moteur; et (2) tous les parents interviewés, sauf deux, étaient des mères, ce qui pourrait avoir une incidence sur les résultats.

Répercussions sur les politiques

Il faudra mener d’autres recherches avant d’élaborer des politiques. Cependant, les résultats de la deuxième étude permettent de faire quelques suggestions aux organismes de sport et aux praticiens qui cherchent à améliorer la participation des jeunes ayant un handicap moteur :

  • Mettre l’accent sur la conception de programmes que les jeunes ayant un handicap moteur aimeront et auxquels ils voudront continuer de participer.
  • Créer des programmes qui s’adressent expressément aux jeunes ayant un handicap moteur afin que les parents et les jeunes aient d’autres options que les programmes intégrés.
  • Au moment de déterminer le coût du programme et l’endroit où il sera offert, penser à la meilleure façon de répondre aux besoins des familles. Offrir des installations qui tiennent compte des besoins des jeunes sur le plan de la santé (p. ex. suffisamment d’espace pour que les parents puissent les aider à changer d’équipement ou de vêtements, à prendre des médicaments, etc.). Pour choisir l’endroit où se donnera le programme, penser à l’accessibilité (p. ex. éloignement du stationnement par rapport à l’installation, ascenseurs faciles d’accès, etc.)

Développer des ressources permettant aux parents d’avoir accès à de l’information. Par exemple, inciter les professionnels de la santé à faire la promotion du sport auprès des parents. Développer et soutenir des réseaux de parents pour diffuser des connaissances et de l’information sur les programmes.

Prochaines étapes

Les nouvelles questions que soulève cette recherche concernent les déterminants du soutien au sujet desquels les deux groupes de parents avaient des opinions semblables. Par exemple, les deux groupes de parents de la deuxième étude avaient les mêmes préoccupations quant aux obstacles qui les empêchent d’encourager leurs enfants ayant un handicap moteur à pratiquer des activités sportives. Les futures recherches doivent déterminer pourquoi les parents d’athlètes, même s’ils font état de ces obstacles, réussissent à les surmonter et font participer leurs enfants à des activités sportives, tandis que les parents d’enfants qui ne sont pas des athlètes n’y parviennent pas.

Les questions économiques concernent la façon dont on pourrait aider les parents de jeunes ayant un handicap moteur à répondre à une préoccupation importante : les obstacles financiers à la participation. Les parents doivent tenir compte de plusieurs dépenses, entre autres les frais supplémentaires pour le personnel de soutien embauché par le programme ou les parents, l’équipement approprié et le transport adapté.

Principaux intervenants et avantages

Les organismes à qui ces constatations peuvent être utiles sont notamment le Comité paralympique canadien et les organismes directeur de sport qui offrent des programmes pour les gens ayant une déficience physique (p. ex. Natation Canada, Hockey Canada, etc.).

About the Author(s) / A propos de(s) l'auteur(s)

Celina Shirazipour, Université de Queen’s.

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