Jessica Fraser-Thomas -York University
Bourse de post-doctorat 2006
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Résumé du projet
Actuellement, la santé physique et le développement social des jeunes suscitent de vives inquiétudes dans le public. Voilà pourquoi autant les chercheurs qui s’intéressent aux questions de développement que ceux qui s’intéressent à la psychologie du sport soulignent le besoin de mieux comprendre comment les activités de sport organisé peuvent contribuer au développement positif ou négatif des jeunes. La présente étude avait pour objet de mieux comprendre les expériences de développement positives et négatives des adolescents dans le sport. Les athlètes ont avancé que leur participation au sport facilitait de nombreuses expériences de développement positives liées aux défis à relever, aux relations enrichissantes avec les adultes et les pairs, au sentiment d’appartenance à la communauté et à d’autres aspects de leur vie. Les athlètes ont mentionné aussi des expériences de développement négatives liées à des relations difficiles avec les entraîneurs, à l’influence négative des pairs, à la pression exercée par les parents et aux défis psychologiques associés au sport de compétition.
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Les activités organisées ont été signalées comme étant un moyen efficace de favoriser le développement des jeunes (Larson, 2000). Des études antérieures (voir Hansen et coll., 2003) ont examiné le développement des adolescents dans différents contextes d’activités, mais il demeure nécessaire d’approfondir notre compréhension du développement des jeunes grâce au sport, compte tenu de la popularité et de la diversité des programmes de sport. Cette étude avait pour but de cerner les expériences de développement positives et négatives que vivent les jeunes adeptes de la natation de compétition.
Des adolescents très investis dans la natation de compétition, des deux sexes (N = 22) de diverses compétences et de divers clubs, ont été échantillonnés selon un processus délibéré (Patton, 2002). Les sujets ont participé à une entrevue semi‑structurée portant sur leurs expériences de développement positives et négatives en natation de compétition pendant l’adolescence. L’analyse du contenu a été effectuée en conformité avec des lignes directrices établies à l’avance (Tesch, 1990).
Les athlètes ont avancé que la natation favorisait des expériences de développement essentiellement positives en ce qui a trait à une solide éthique du travail, à des relations enrichissantes avec les adultes et avec les pairs, à un sens de la communauté et à d’autres aspects de leur vie. Ils ont par contre parlé d’expériences négatives liées à des relations difficiles avec des entraîneurs, à la pression exercée par les parents et aux défis psychologiques associés au sport de compétition. Les expériences dichotomiques étaient particulièrement intéressantes. Alors que de nombreux athlètes ont cité une éthique de travail rigoureuse facilitée par un environnement sportif stimulant , d’autres ont été incapables de relever les défis de leur sport. Et bien que certains athlètes aient pu développer une relation significative avec leurs entraîneurs, de nombreux autres ont signalé des relations boiteuses avec des entraîneurs. Enfin, si de nombreux athlètes ont mentionné avoir des relations constructives avec leurs parents, d’autres ont dit être accablés par les pressions exercées par ces derniers.
Il faudra poursuivre la recherche pour déterminer comment les entraîneurs peuvent aider les adolescents à s’adapter positivement aux défis que pose le sport, ainsi que pour approfondir notre compréhension des expériences négatives que vivent les adolescents dans le sport, et pour mieux saisir la nature complexe des relations parents‑adolescents en rapport avec le sport. Les constatations soulignent le besoin de mettre davantage l’accent sur la formation des entraîneurs en psychologie et en développement social et affectif des adolescents et le besoin d’inciter les entraîneurs à intégrer à leur travail une composante continue d’auto‑évaluation et d’évaluation par les pairs. Enfin, les constatations indiquent que les entraîneurs peuvent jouer un rôle important dans la facilitation des adaptations positives des adolescents aux défis que posent les environnements stimulants de sport de compétition.
Contexte
Compte tenu des préoccupations croissantes liées au sain développement des jeunes, on a fait
valoir que les programmes parascolaires, comme les programmes de sport, peuvent servir de
milieux propices à un développement positif (Larson, 2000). S’il est vrai que les programmes de
sport sont souvent censés développer des qualités positives chez les jeunes (p. ex. le
caractère), peu de recherches ont traité des processus et des mécanismes y concourant. Cette
étude avait pour but de faire comprendre comment un milieu sportif pour les jeunes contribue à
un développement positif et réduit les effets négatifs durant l’adolescence.
Méthode
En tout, 22 nageurs de compétition adolescents (actuels et anciens) ont participé à une
entrevue semi structurée. Les principales questions étaient ouvertes et portaient sur les
expériences des nageurs. Il y avait des questions additionnelles approfondies au sujet des
structures de sport, de la dynamique des clubs ainsi que de l’influence des pairs, des parents et
des entraîneurs. Les entrevues enregistrées de façon numérique ont été transcrites mot à mot
avant d’être analysées en fonction de lignes directrices préalablement établies (Tesch, 1990).
Résultats
Les athlètes ont laissé entendre que la natation favorisait des résultats positifs dans cinq
domaines particuliers : l’éthique professionnelle (p. ex., les entraîneurs poussaient les athlètes
qui suscitaient de grandes attentes), des relations significatives avec les adultes (p. ex., les
entraîneurs servaient de modèles d’identification), des liens positifs entre pairs (p. ex., le sport
permettait aux jeunes de se lier à des personnes de différents âges), un sentiment
d’appartenance (p. ex., des clubs étaient axés sur la famille) et une préparation à la vie (p. ex.,
les athlètes ont appris à gérer leur stress). Les athlètes ont aussi fait état d’expériences
négatives ayant trait aux entraîneurs (p. ex., de faibles aptitudes à communiquer), aux pairs (p.
ex., des influences négatives), aux parents (p. ex., une pression excessive) et aux difficultés
mentales du sport (p. ex., la difficulté à faire face à des situations stressantes).
Discussion
Les résultats révèlent que les organismes de sport, les clubs et les entraîneurs doivent travailler
ensemble pour assurer le développement positif des jeunes. À titre d’exemple, les clubs jouent
un rôle important pour ce qui est de favoriser un sentiment d’appartenance chez les athlètes,
tandis que les entraîneurs jouent un rôle essentiel dans le développement de l’image de soi
chez les athlètes et dans la façon dont ils aident ceux ci à faire face aux situations stressantes.
Il devrait y avoir d’autres recherches sur les moyens de contribuer au développement positif des
jeunes dans milieux sportifs à différents niveaux du sport, avec des jeunes issus de milieux
socioéconomiques variés.
2007 Initiative de recherche de Sport Canada, glissières de présentation